Clôture record à Wall Street, malgré la crise sanitaire en Europe

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Fin de semaine positive vendredi à l’issue de plusieurs séances volatiles, influencées en Europe pas un fort regain de la pandémie, une vaccination de masse à plusieurs vitesses selon les pays et une polémique concernant la livraison des vaccins. Ces différents éléments ont inquiété les investisseurs car la reprise économique tant attendue pourrait alors connaître un frein et alors impacter négativement les marchés boursiers.

Pourtant la plupart des statistiques économiques et financières sont bonnes à meilleures qu’attendues. Il en a d’ailleurs à nouveau été ainsi vendredi avec le très attendu indice IFO, mesurant le moral des chefs d’entreprise allemands, qui a atteint un plus haut depuis presque 2 ans. Malgré la crise sanitaire redoublant de vigueur outre-rhin, les usines allemandes ont tourné à plein régime, grâce notamment à la demande croissante des produits manufacturés. Idem en France, l’indice du climat des affaires a grimpé en mars, au plus haut depuis le début de la crise sanitaire, même si l’enquête a été réalisée avant l’annonce du reconfinement récent… Même chose pour différentes statistiques américaines dont le très surveillé indice core PCE (Personal Consumption Expenditures) des dépenses de consommation personnelle (la mesure d’inflation la plus surveillée par la FED) qui a diminué à 1.4% (en excluant les prix volatils de l’alimentation et de l’énergie) alors qu’il était estimé à 1.5%. Enfin l’indice de confiance du consommateur américain, calculé par l’université du Michigan, s’est aussi amélioré en mars, à 84.9 points contre 83.6 estimé.

Les derniers jours ont été aussi rythmés par les nouvelles en provenance du canal de Suez, bloqué par l’échouage d’un porte-conteneurs géant. Le canal de Suez est une des voies navigables les plus stratégiques de la planète, permettant de raccourcir de 2 semaines le transit cargo entre l'Europe et l'Asie. Il fait partie de ce que les spécialistes appellent les "huit portes" du commerce maritime mondial, car elles sont relativement incontournables pour le transport maritime de marchandises et matières premières (Outre le canal de Suez, il y a le détroit d'Ormuz, le détroit de Gibraltar, le canal de Panama, le Bosphore, le détroit de Malacca, le Bab-el-Mandeb, et enfin le pas de Calais). Les dernières nouvelles laissent craindre un blocage plus long que prévu alors que des dizaines de navires commencent à s’accumuler aux 2 extrémités du canal, dont de nombreux pétroliers. L’influence est double, d’abord sur les prix du pétrole qui sont repartis à la hausse (63.2 USD contre moins de 62 USD jeudi), l’offre d’or noir pouvant souffrir de la situation, alors que les derniers jours ils baissaient plutôt par crainte d’une demande européenne affaiblie par la crise sanitaire. Ensuite sur les actions des compagnies maritimes (faisant partie du secteur "industrie"); certains craignent que comme l’année passée - au pire moment de la pandémie - les tarifs de fret maritime pourraient bondir suite à l’interruption de la navigation et, partant, de résulter en capacités d’expédition fortement réduites. Ainsi vendredi les cours des sociétés de ce secteur ont grimpé fortement comme AP Moller-Maersk (+5.8%), Hagag-Lloyd (+3.7%) ou la compagnie belge Euronav (+6.4%).

In fine, l’indice européen Stoxx 600 a augmenté de 0.9% vendredi, malgré donc la résurgence de la pandémie, avec en vedette le volatil secteur technologique qui a bondi de 2.55%, grâce en particulier aux semi-conducteurs (Infineon +2.8%, STMicroelectronics +2.6%, Soitec +3.9%,…) et aux équipementiers de ce secteurs (ASML +5.2%, ASMI +4.6% et BE Semiconductor +2.8%) alors que la pénurie de chips se fait de plus en plus sentir dans des secteurs stratégiques comme l’automobile ou les appareils portables. Le secteur de l’énergie, porté par la hausse des prix pétroliers, a gagné 1.9%, les grandes sociétés pétrolières progressant entre 1 et 3%. La 3ème place du podium a été occupée par un autre secteur cyclique, les matériaux (+1.8%) ou de Boliden à Glencore en passant par Rio Tinto, Anglo American et BHP, les hausses variaient entre 3.2 et 6.5%. Fait assez inhabituel que pour être souligné, tous les secteurs européens ont en fait terminé dans le vert, les moins en verve étant la consommation de base (+0.1%) et les services aux collectivités (+0.2%).

Aux États-Unis, l’indice S&P à clôturé en hausse de 1.66% affichant de justesse un nouveau record à 3974.54 points. Visiblement les investisseurs ont retrouvé un peu d’optimisme et ont "joué" les secteurs cycliques pouvant profiter de la reprise comme l’énergie (+2.6%, les pétrolières profitant aussi du blocage du canal de Suez) ou les matériaux (+2.5%) portés par les sous-secteurs des produits chimiques (+2.2%) mais surtout des métaux & mines (+5.2%) avec notamment la hausse notable de Freeport-McMoran (+6%), un des principaux producteurs mondiaux de cuivre et d’or. Comme en Europe, les actions technologiques étaient aussi très recherchées (+2.5%), via notamment les grandes sociétés comme Microsoft (+1.8%), Oracle (+2.4%), Adobe (+4%) et Paypal (+3%), ou via le secteur des semi-conducteurs (+4.5%) avec les fortes hausses d’Intel (+4.6%), Texas Instruments (+5.4%) ou Broadcom (4.4%) mais aussi des équipementiers de semi-conducteurs qui progressaient en moyenne de 6.7%. À noter enfin que le secteur des services de communication finissait dans le rouge (-3.4%) suite à l’effondrement de ViacomCBS (-27.3%) et Discovery (-30%) victimes de ventes d’énormes blocs en une seule journée.

Aujourd'hui

Ce matin (7h40), les actions asiatiques évoluent en ordre dispersé. Tokyo et Shanghai-Shenzhen progressent respectivement de 0.5 et 0.2%, alors que Hong Kong et Séoul perdent 0.5 et 0.3%. À noter, au Japon, l’effondrement de l’action Nomura Holdings (-16.5%), qui a averti d'une possible perte "significative" liée au dénouement des transactions par Archegos Capital Management LLC à l'origine de transactions de blocs, vendant des géants chinois de la technologie et des entreprises de médias américaines (Viacom et Discovery, voir ci-dessus). À noter que ces dernières semaines, la remontée des taux américains a réduit momentanément l'appétit des investisseurs pour les actifs émergents. L'indice MSCI Emerging Markets a perdu plus de 10% depuis le 17 février. La crainte d'une répétition du "taper tantrum" US de 2013 est dans tous les esprits (jeu de mot avec l'expression "temper tantrum" qui signifie "crise de colère" en anglais), lorsque la Fed a annoncé le tapering - ou réduction progressive de la politique d’assouplissement monétaire de son Quantitative Easing. À l'époque, la simple perspective d'une remontée des taux directeurs de la Fed avait déclenché une fuite massive de capitaux des pays en développement vers les États-Unis et l'Europe et donc déclenché un vent de panique sur les bourses émergentes.

Les futures indiquent une ouverture européenne à priori inchangée mais par contre Wall Street perdrait 0.9% dans les premiers échanges. Avec le passage à l’heure d’été ce week-end en Europe, on retrouve l’heure normale d’ouverture des bourses américaines soit 15h30 (et fermeture à 22h). Peu de données macro-économiques au programme du jour, à part notamment l’enquête manufacturière de la FED de Dallas aux États-Unis pour le mois de mars et publiée à 16h30.

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