Turquie et épidémie inquiètent mais les technos grimpent

Hier

En Europe, les inquiétudes quant à la situation sanitaire prennent à nouveau de l’ampleur, à cause d’une part de l’apparition de nouveaux variants du virus plus contagieux, et d’autre part, de ratés ou retards dans les campagnes de vaccination massives. Cela a évidemment des conséquences économiques importantes du fait de la prolongation ou de l’extension de mesures de confinement, comme en Lombardie (la région italienne la plus touchée) ou dans plusieurs régions de France, et alors que la Chancelière Angela Merkel réfléchit à une éventuelle prolongation d’un mois des restrictions en Allemagne.

Et pour encore rajouter de l’indécision relativement à la maitrise de l’épidémie, l’Europe menace de bloquer certaines exportations du vaccin d’AstraZeneca, destinés au Royaume-Uni, que la firme pharmaceutique aurait privilégié dans les livraisons alors que le contrat a été signé après celui de l’Union Européenne. Ironie du sort, alors que ce vaccin était suspendu il y a encore quelques jours en Europe, pour une suspicion de risque accru de thrombose, il fait maintenant l’objet de toutes les assurances et de toutes les convoitises. Après que l’OMS a à nouveau déclaré la semaine passée qu’il était sûr, AstraZeneca a révélé hier de nouveaux essais (aux USA, Chili et Pérou) montrant l’efficacité de son vaccin à 79% (et même à 100% pour les cas graves). AstraZeneca a enfin publié les résultats d’une enquête indépendante de l’américain DSMB (Data and Safety Monitoring Board) invalidant le risque accru de thrombose du à son vaccin.

Cependant les marchés boursiers ont fait face hier aux effets collatéraux de la décision du président turc Erdogan qui a congédié, de manière surprise, le gouverneur de la banque centrale turque nommé en novembre, qui avait relevé à plusieurs reprises les taux d’intérêt afin de maitriser l’inflation. Cette décision a fortement inquiété les investisseurs étrangers quant à la perte d'indépendance de la banque centrale vis-à-vis de l'influence politique. Hier la Livre turque s’est effondrée de près de 9% contre l’euro alors que l’indice Bist 100 de la bourse d’Istanbul chutait de 10%. En Europe, ce sont surtout les actions de plusieurs grandes banques qui ont été sous pression du fait de leur exposition au marché turc comme UniCredit (-1.2%, détient 20% de la banque turque Yapi Kredi), BNP  (-0.9%, détient TEB la 10e banque turque) ou ING (-3%, 9 milliards d’euros d’encours de crédit). Mais c’est surtout BBVA (-7.7%, qui détient notamment 49.9% de la banque Turkiye Garanti Bankasi), qui a chuté. Il est vrai que ses actifs en Turquie sont estimés à près de 60 milliards USD alors qu’environ 18% des bénéfices 2020 de la banque espagnole ont été généré dans ce pays.

Sur le graphe ci-dessus, on voit la dégringolade de la bourse d’Istanbul qui, jusque hier, tenait son rang par rapport aux bourses européennes et US en 2021.

En Europe, l’indice Stoxx 600 a gagné lundi près de 0.2%. Si le secteur financier a donc pesé sur la tendance en perdant en moyenne 0.6%, on aura par contre noté le gain de 1% du secteur "soins de santé" (grâce principalement à 2 de ses poids lourds, Roche (+2.1%) et surtout AstraZeneca (+3.3%, "blanchie" des soupçons d’effets secondaires indésirables) ainsi que le rebond des actions technologiques (+1.5%). Nouvelle hausse par ailleurs des actions automobiles Volkswagen (+7.7%), Porsche (+8.9%) et Ferrari (+4.9%) dans le secteur cyclique. Enfin Umicore, "matraquée" après le Power Day de VW, a grimpé de 8.9% dans un volume 2.5 fois plus élevé que la moyenne.

Aux USA, l’indice S&P a progressé de 0.7% et, comme en Europe, le secteur technologique a joué les locomotives en engrangeant 1.9% (le Nasdaq gagnant de son côté 1.2 %). Dans ce secteur, plusieurs sociétés étaient à la fête dont Microsoft (+2.5%) qui serait en pourparlers pour acquérir, pour plus de 10 milliards USD, Discord une plate-forme de chat de jeux vidéo. On notait aussi les gains d’Apple (+2.8%) ainsi que des semi-conducteurs (+1.9%) et des fabricants de matériels pour semi-conducteurs (+3.6%) comme Applied Materials, Lam ou KLA. Le secteur des soins de santé (+0.9%) a particulièrement bénéficié de l’appétit pour les biotech (+2%) comme Abbvie, Amgen, Gilead ou Regeneron. Si le secteur de la consommation cyclique a progressé de 0.7%, c’est essentiellement grâce à Tesla (+ 2.3%, cours 670 USD) qui a bénéficié de l’avis de la célèbre gestionnaire Cathie Wood (Ark Investment Mgt) qui a estimé que l’action vaudrait, d’ici 2025, minimum 1500 USD et pourrait valoir jusqu’à 4000 USD ! Par contre les financières perdaient en moyenne 1.3% suite au reflux des rendements obligataires, le taux à 10 ans US retombant d’ailleurs à 1.67%.

Aujourd'hui

Ce matin (7h40), les principales bourses asiatiques sont dans le rouge. Séoul perd actuellement 1%, Tokyo 0.6%,  Hong Kong 1.5% et Shanghai-Shenzhen 1.5%. Ce dernier marché, dont nous parlions hier afin d’expliquer la tendance baissière depuis un mois environ, atteint d’ailleurs son niveau le plus bas en 2021 (4970 points contre 5807 points le 10 février, le plus haut de cette année). Les futures (contrats à terme) indiquent actuellement que les marchés occidentaux pourraient également ouvrir en baisse, soit -0.5% pour les premières transactions en Europe et -0.2% pour l’ouverture à Wall Street à 14h30.

Les investisseurs seront très attentifs aux discours que tiendra le président de la Fed, J. Powell, ce mardi et mercredi après être déjà intervenu hier. Aujourd’hui même il passera sa première audition commune avec J. Yellen, la secrétaire au Trésor,  devant la Commission des Affaires financières de la Chambre des représentants à propos de la politique de la Fed. Ce sera l’occasion d’apprécier les effets du "Cares Act de 2020" et de confirmer l’orientation très expansionniste des politiques budgétaires et monétaires en 2021.

Au niveau des statistiques, deux indicateurs américains seront suivis ce jour avec attention : la balance courante du quatrième trimestre et les ventes de logements neufs de février (consensus : -5,2%, à 875.000 unités en rythme annualisé).

Vous souhaitez plus d’informations sur nos services CBC Private Banking? N’hésitez pas à demander une première entrevue sans engagement.

Prendre rendez-vous

Avertissement

Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

Les données de cette publication sont générales et purement informatives. Ces informations ne peuvent pas être considérées comme une offre d'achat ou de vente d'instruments financiers. Elles ne peuvent pas non plus être assimilées à des conseils ou recommandations d'investissement ou à des recherches en investissements au sens de la législation et de la réglementation sur les marchés d'instruments financiers.

Bien que les informations fournies se fondent sur des sources pouvant être considérées comme fiables, et bien que toutes les précautions raisonnables aient été prises pour préparer ce document, CBC Banque ne garantit ni son exactitude ni son exhaustivité. 

Ni CBC Banque ni aucune entité du Groupe KBC ne pourra être tenue pour responsable des conséquences pouvant résulter de l’utilisation des informations, opinions ou estimations contenues dans le présent document.

L’auteur de ce document confirme ne pas détenir, pour compte propre, à la date de la publication, d’instruments financiers émis par les sociétés qui pourraient y être mentionnées.

Toute transmission, vente, diffusion ou reproduction des informations, publications et données est interdite sous quelque forme et par quelque moyen que ce soit, sauf autorisation expresse, écrite et préalable de CBC Banque, CBC Banque SA, Avenue Albert Ier 60, 5000 Namur, Belgique. TVA BE 0403.211.380, RPM Liège division Namur, FSMA 017588 A.

Nous utilisons des cookies et technologies similaires pour garantir le bon fonctionnement de notre site internet et rendre votre navigation plus agréable. Ils nous permettent aussi d’adapter notre site à vos besoins et préférences. En continuant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de ces cookies. Vous souhaitez en savoir plus? Ou vous n’êtes pas d’accord? Cliquez ici.