Les taux et le pétrole font la pluie et le beau temps en bourse

Hier

Une fois n’est pas coutume nous commencerons cette rubrique en évoquant le cas des bourses chinoises de Shanghai et Shenzhen illustrées par l’indice CSI 300. Comme on le voit ci-dessous, après avoir bien mieux performé que ses consœurs américaine (en orange) et européenne (en jaune) jusqu’à la mi-février, Shanghai-Shenzhen (en blanc) sont depuis sur un pente descendante, perdant environ 14% depuis près d’1 mois, dont une chute de 2.6% vendredi. Deux raisons peuvent principalement expliquer cette sous-performance en dépit de plusieurs statistiques indiquant que l’économie chinoise continue à se redresser, profitant à la fois de la demande intérieure et d’une économie mondiale sur la voie de la guérison.

D’abord, et alors que les autres grandes banques centrales internationales maintiennent encore des politiques monétaires très accommodantes et déploient des mesures de relance, les décideurs chinois ont plusieurs fois déclaré ces dernières semaines qu'ils allaient "normaliser" leur politique, évoquant notamment le risque de bulles de certains actifs. Parallèlement à cette attitude économique plus restrictive, on aura noté une très claire reprise en main des autorités de contrôle chinoises vis-à-vis de plusieurs géants technologiques accusés de pratiques commerciales anti-concurrentielles et déloyales, devant alors payer des amendes parfois importantes et/ou se défaire de certains actifs. Parmi ceux-ci, 2 actions emblématiques comme Tencent ou Alibaba ont ainsi perdu jusqu’à 17% depuis la mi-février.

Concernant l’Europe, le yo-yo est ce qui caractérise le mieux la semaine boursière passée: un jour de baisse a succédé à un jour de hausse et inversement! Jeudi ayant été haussier, vendredi l’indice Stoxx 600 a donc terminé en baisse de 0.76%. Pourtant mercredi soir, la FED américaine avait revu à la hausse ses perspectives économiques mais aussi d’inflation, tout en soulignant qu’elle laisserait les taux inchangés pendant longtemps encore. Ces propos à priori rassurants sont finalement apparus, aux yeux de nombreux observateurs boursiers comme ambigus: "l’inflation va augmenter et la FED ne fera rien?". Bref, les marchés ont été quelque peu déboussolés et ont plutôt parié sur une hausse des taux. On a ainsi vu le Bund à 10 ans grimper sur la semaine de -0.32 à -0.29% alors que le taux US à 10 ans bondissait en 5 jours de 1.62 à 1.68%, ayant même brièvement atteint 1.75%! Par ailleurs, durant la semaine passée, les prix du pétrole se sont effondrés de plus de 7% à 64.1 USD le baril de Brent, sur fonds d’inquiétudes quant à la reprise économique européenne du fait du reconfinement de plusieurs régions, notamment françaises.

Durant la séance de vendredi, la chute du pétrole a logiquement fait baisser le secteur de l’énergie (-1%) mais celui-ci ne représentant que 4% environ de l’indice Stoxx 600 Europe, son influence n’a pas été prépondérante. Par contre, ce qui a surtout impacté négativement l’indice global européen, ce sont les décrues de plus d’1% des secteurs financier (-1.5%), industriel (-1.3%), matériaux (-1.3%) et consommation cyclique (-1.3%) qui représentent à eux 4 près de 53% du poids total des actions européennes cotées. Du côté du nombre limité de secteurs à la hausse, il faut signaler vendredi essentiellement les gains des services aux collectivité (+1.6%) et de l’immobilier (+1%), mais comme l’énergie, ils ne représentent que quelques % de l’indice global.

À Wall Street, outre la problématique des taux et du pétrole déjà évoquée ci-dessus, les investisseurs ont peu apprécié la décision surprise de la FED de ne pas prolonger, au-delà du 31 mars, les mesures d’assouplissement des exigences capitalistiques imposées aux banques et adoptées en pleine tempête économique résultant de la crise sanitaire. Si l’indice S&P 500 a fini vendredi quasiment stable (-0.06%), sans surprise le secteur financier a perdu 1.2% alors que la consommation cyclique et les services de communication (+0.8% chacun) menaient les secteurs haussiers. L’indice Nasdaq rebondissait de 0.76% grâce notamment à Facebook (+4%) ou Amazon (+1.6%) et surtout grâce aux sociétés de semi-conducteurs (Nvidia, Broadcom, Analog Devices, AMD,…) gagnant plus d’1% en moyenne sur la séance.

Aujourd'hui

Ce matin (7h40), les marchés boursiers asiatiques évoluent en ordre dispersé: si Séoul et Hong Kong ne bougent quasiment pas par rapport à vendredi, Shanghai/Shenzhen reprennent 0.7% tandis que Tokyo chute de 2.1%, avec notamment la baisse marquée des actions du secteur automobile (Toyota, Honda, Suzuki, Nissan et Mitsubishi perdent toutes entre 3 et 3.7%).

Les futures (contrats à terme) indiquent pour l’instant que l’Europe boursière ouvrirait en baisse d’environ 0.3% alors qu’en début d’après-midi, Wall Street pourrait commencer la journée relativement inchangée par rapport à vendredi.

Cette après-midi, seules 2 statistiques seront dans le collimateur des observateurs: l’indice national d’activité de février de la FED de Chicago et les ventes de logements anciens en février aux États-Unis.

À noter enfin qu’aujourd’hui l’indice boursier belge BEL20 sera remanié : Barco et ING vont disparaître au profit d’Elia et de Melexis.

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