Après la baisse, l’indécision - L’or ne brille plus autant

Hier

Ce jeudi, les marchés boursiers ont continué leur décrue, plusieurs statistiques européennes et américaines n’enthousiasmant pas les opérateurs. L’indice européen Stoxx 600 a pourtant limité la casse en ne perdant que 0.37%. Le secteur technologique (-3%) a tiré la cote vers le bas ainsi que les matériaux (-1.8%). Mais la baisse a été amortie par le secteur des services aux collectivités (+1.6%) et surtout par le secteur de l’énergie gagnant 2.1%. BP, Royal Dutch, Eni ont ainsi pris plus de 2%, Total progressant même de plus de 3%. Ce secteur a bénéficié de la décision hier de l’OPEP de continuer à maintenir sa production inchangée; le prix du Brent bondissant alors à plus de 67 USD le baril. Aux USA le secteur énergie a aussi fortement progressé hier (+2.5%), les grandes sociétés (Exxon, Occidental,…) gagnant près de 4%. Mais tous les autres secteurs ont chuté, à nouveau emmenés par les actions technologiques. SI l’indice S&P 500 n’a perdu que 1.34%, le Nasdaq a perdu 2.11%, surtout plombé par le secteur des semi-conducteurs (-4%).

Aujourd'hui

Ce vendredi les marchés restent nerveux, certains s’inquiétant toujours d’une possible relance de inflation et de l’impact des taux, le 10 ans US atteignant à nouveau près de 1.57%, les commentaires hier du président de la Réserve fédérale J.Powell n’ayant pas réussi à rassurer les opérateurs. Toujours aux USA, le plan de relance de J. Biden ("American Rescue Plan") de 1900 milliards USD n’est toujours pas voté, les républicains freinant le vote final à la Chambre par tous les moyens possibles comme la demande… de lire à haute voix les 628 pages du projet! En Chine, le 1er ministre a annoncé viser une croissance d’au moins 6% en 2021 après un gain de 2.3% en 2020.

Ce matin (7h30), les marchés boursiers asiatiques varient en ordre dispersé. Si Tokyo et Séoul perdent environ 0.2 à 0.3%, la Chine progresse légèrement, Hong Kong d’une part, Shanghai-Shenzhen d’autre part, étant en léger boni. Même indécision au niveau des futures: selon ces indicateurs, l’Europe pourrait ouvrir en baisse de près de 0.6%, alors que Wall Street pourrait être proche de l’équilibre dans les premiers échanges, mais à confirmer dans la journée évidemment! Les observateurs seront aujourd’hui à nouveau attentifs à toute une batterie de statistiques aux Etats-Unis (notamment le rapport de février sur l’emploi et la balance commerciale) et en Europe (commandes à l’industrie en Allemagne et prix à l’importation dans l’industrie en zone euro).

Thème du jour: L'or ne brille plus autant

Après avoir atteint un record historique le 6 août 2020 (2067.15 USD l’once soit 66.460 USD le kilo ou 55.957 euros), l’or ne cote plus actuellement qu’un peu moins de 1700 USD l’once, soit une baisse de près de 18% depuis ce sommet, et est clairement sur une pente descendante ces derniers mois. Selon les spécialistes de Bank of America (BofA), trois raisons principales expliquent cette baisse: l'affaiblissement de la demande physique, un marché de la joaillerie morose et un manque d'intérêt des investisseurs. C’est la demande qui a donc diminué alors que l’offre (surtout minière + recyclage) reste stable. Rappelons enfin, que selon des estimations à fin 2020, l’or total disponible dans le monde représentait 201.296 tonnes réparties selon les utilisations suivantes: 46.3% en bijoux, 22% en investissements privés, 17% détenus par des organismes officiels et 14.6% pour d’autres usages (aéronautique, santé, environnement, électronique,…). 

La 1ère raison expliquant le recul du prix de l’or vient du fait que la pandémie a provoqué une chute de la demande d'or des banques centrales mondiales qui a ainsi diminué de 59% en 2020 (273 tonnes achetées contre 669 tonnes en 2019), essentiellement d’ailleurs au 3e et 4e trimestre, selon le World Gold Council (WGC). Certaines banques centrales ont dû obtenir des liquidités afin de soutenir leurs économies en difficulté pendant la pandémie. Sept banques centrales dans le monde ont diminué leurs réserves d'or au cours de l'année passée, selon le World Gold Council. Par ailleurs, au niveau des particuliers, en 2020 la demande annuelle totale de pièces d'or a été inférieure de 34% à ce qu'elle était en 2019, ce qui marque un nouveau minimum annuel historique selon les observations du WGC.

Deuxième raison, la pandémie a ralenti les ventes d’or pour la joaillerie (bijoux) dans le monde entier, en particulier en Chine, l'un des plus grands marchés du monde. En 2020, la demande mondiale d’or de joaillerie a chuté de près de 30% par rapport à l'année précédente, pour atteindre 1412 tonnes contre 2123 tonnes en 2019.

Enfin, un manque d'intérêt certain des grands investisseurs pour les marchés physiques traditionnels est une autre cause de la baisse du prix de l'or ces derniers mois. Après des achats persistants au cours du premier semestre 2020, les actifs sous gestion des fonds négociés en bourse (ETF) sur les métaux physiquement garantis ont clairement diminué. L’annonce et le déploiement croissants des vaccins Covid-19 a suscité des attentes économiques positives et donc moins d’intérêt pour l’or (au détriment d’autres actifs) qui avait connu un "rally" de 40% entre mars et son record d’août.

Avant la pandémie et ses conséquences, de nombreux spécialistes de l’or voyaient le métal jaune fortement progresser, le chiffre de 3000 USD l’once ayant même été cité! Les arguments sous-tendant cet optimisme étaient multiples: outre son statut de valeur refuge, on mentionnait par exemple que, dans un contexte de taux bas, l’argument que "l’or ne procure aucun intérêt ou dividende" perdait de sa pertinence. Par ailleurs des études signalaient le fait qu’à l'échelle mondiale, l'or ne représente toujours que moins de 1% des portefeuilles d'investissement et qu’il y avait de plus en plus de "trackers" (ETF) investis en or. Il est aussi un fait que l’or trouve de nouvelles applications comme dans les nanotechnologies (en médecine, ingénierie, dans la gestion de l’environnement, etc.). Enfin, l’argument massue était que plusieurs grandes banques centrales achetaient régulièrement de l’or: la Russie a ainsi été l’Etat qui a acheté le plus d’or ces dernières années (devant la Chine). Mais son stock d’or ne représente encore que 3% de ses réserves, soit largement en dessous des USA, de l’Allemagne ou de l’Italie par exemple (entre 70 et 80% de leurs réserves). Et maintenant? Prévoir l’évolution du prix de l’or reste un exercice très difficile. Les pessimistes rappelleront que les banques centrales ont actuellement d’autres priorités que l’achat d’or et que si la reprise économique se confirme et que les taux montent, d’autres actifs (obligations ou actions) pourraient être plus attractifs. Les optimistes diront notamment que les taux vont rester bas longtemps – dixit les banques centrales – et donc que l’or restera attractif. "Qui vivra verra" (qui a raison)!

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Cette publication a été rédigée par Michel Ernst, Stratégiste Actions de CBC Banque. Toutes les considérations reprises dans cette publication reflètent l'analyse personnelle de l’auteur à la date mentionnée. Cette analyse est basée sur des sources accessibles au public et prend en compte des éléments relevant des contextes économique, politique et financier du moment. Elle est donc susceptible d’être modifiée à tout moment, sans notification préalable. 

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