Nouvelles chutes boursières - Le rachat d’actions propres

Hier

Mercredi l’indice européen Stoxx 600 a terminé pratiquement à l’équilibre, la plupart des marchés européens étant positifs (surtout Londres en hausse de près d’1%) alors que quelques marchés, dont la Suisse et l’Espagne cloturaient en baisse. Les actions financières et de l’énergie étaient les plus recherchées alors qu’inversement le secteur aux collectivités, suivi des technologiques et des actions de la santé emmenaient les baissiers. Aux États-Unis les investisseurs ont mal pris le chiffre inférieur aux attentes des créations d'emplois dans le secteur privé en février annoncé par le cabinet ADP et le ralentissement inattendu de l'activité dans le secteur des services qui ressort de l'enquête ISM. Pour le S&P 500, la hausse des actions financières et énergie n’a pas suffi à amortir la chute de tous les autres secteurs, en particulier la consommation cyclique et les technologiques. Celles-ci ont donc fait chuter lourdement le Nasdaq qui, en perdant 2.7%, retombe à son niveau du 15 janvier dernier. Nombre d’actions vedettes ont perdu entre 2.5 et 3% (Apple, Amazon, Microsoft, Alphabet,…), d’autres encore plus, comme par exemple Tesla ou Nvidia en chute de 4 à 5%.

Aujourd'hui

Ce matin, dans la foulée des marchés américains et avec des craintes réitérées concernant les taux (les taux à 10 ans US ont à nouveau brusquement remonté et atteignent 1.47%), les marchés asiatiques chutent lourdement. A 7h30, la bourse de Tokyo perd 2.1%, celle de Hong-Kong 2.2% et celles de Shanghai-Shenzhen 2.8%. Les secteurs de la consommation cyclique, des technologiques et des communications sont les plus impactés. Dans ce contexte, les contrats à terme pour l’Europe et les USA ne sont guère positifs ; sur base des indications actuelles, l’Europe pourrait ouvrir en baisse de 0.9% et les États-Unis de 0.4%.

Aujourd’hui, les investisseurs surveilleront plusieurs statistiques européennes comme l’évolution du taux de chômage et les ventes au détail en janvier en zone euro. Et aux États-Unis, les opérateurs seront particulièrement attentifs aux chiffres hebdomadaires du chômage qui devraient se maintenir à un niveau élevé, soit au-dessus des 700.000, à 755.000 selon le consensus des économistes. Enfin réunion importante des producteurs de pétrole où il semblerait que, face à la remontée spectaculaire des cours du brut (le Brent vaut maintenant 64.5 USD le baril soit +25% en 2021!), certains pays arabes et la Russie veulent augmenter la production alors que l’Arabie Saoudite ne veut pas. L’OPEP se déchire à nouveau…

Thème du jour: Le rachat d'actions propres

Le "share buyback" ou rachat d’actions propres est un phénomène qui existe depuis longtemps. Il concerne les sociétés de toutes tailles, d’à peu près tous les secteurs, un peu partout dans le monde même si cela est surtout pratiqué aux Etats-Unis. Avant le début de la crise sanitaire, les rachats d'actions se sont multipliés en Europe où ils représentaient (à mi-2019, selon Morgan Stanley) 32% des montants distribués aux actionnaires, mais loin derrière le chiffre des marchés américains (près de 70% des montants distribués). Mais quel est l’intérêt d’une société de racheter ses propres titres?

  • La société considère qu’elle a du cash excédentaire, que les liquidités sont coûteuses et qu’elle n’a pas, dans un horizon prévisible, de plan de développement opérationnel attractif; 
  • Dans un contexte de taux bas, il peut être même financièrement efficace de s’endetter pour racheter ses propres titres s’ils procurent un rendement dividendaire intéressant; d’autant plus si les intérêts de l'emprunt sont déductibles des impôts;
  • La société trouve que son action est sous-évaluée et veut le prouver au marché en rachetant ses titres;
  • Plus globalement, la société veut augmenter son attractivité en termes de ratios: en réduisant le nombre d'actions en circulation (généralement les titres sont détruits après rachat), le bénéfice par action (BPA ou EPS) d'une entreprise est automatiquement augmenté car ses bénéfices annuels sont désormais divisés par un nombre inférieur d'actions en circulation. Cela améliorera son ratio cours/bénéfices ou "PER" (pour Price Earnings Ratio) mais aussi le cash-flow par action, le ratio de rendement des capitaux propres (ROE ou Return On Equity) ou le rendement dividendaire.
  • Renforcement de l’actionnariat. En rachetant ses titres, la société peut générer un certain pourcentage d’autocontrôle, renforçant la structure actionnariale et se mettant davantage à l’abri d’un rachat non sollicité.
  • Rachat de titres pour ensuite les utiliser dans le cadre de programme de "stock options" alloués à des cadres ou dirigeants méritants.

Si l'actionnaire est avantagé grâce à l'aspect "relutif" des rachats d'actions, ceux-ci peuvent aussi traduire un manque de perspectives de la société et donc de son cours de bourse. Ainsi une société qui a peu ou plus de perspectives de croissance, tout en générant beaucoup de cash, sera souvent obligée d’être très généreuse (rachats d’actions et/ou dividendes importants) pour continuer à séduire ses actionnaires.

L'indice "S&P 500 Buybacks" (voir graphe) mesure la performance des 100 meilleures actions américaines ayant le ratio de rachat le plus élevé dans le S&P 500. 5 secteurs sont particulièrement actifs dans le rachat d’actions et représentent à eux seuls près de 87% de l’indice à savoir les actions financières (25.3%), les technologiques (20%), les industrielles (14.5%), la consommation cyclique (14.2%) et la santé (12.5%). Logiquement, les crises de 2008 (subprimes) et 2020 (Covid-19) ont fortement ralenti les programmes de rachats d’actions, les sociétés étant plus prudentes quant à leur trésorerie.

Pour terminer on notera (2e graphe) que sur 10 ans l’indice "Buyback" a fait mieux que l’indice global S&P 500 global, sauf au moment de la crise de 2020. Mais depuis septembre 2020 nombre de sociétés ont été rassurées quant à leurs résultats et les programmes de rachats ont repris, l’indice "Buyback" surperformant à nouveau l’indice global.

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