Des marchés en "mode pause" - Le pétrole à 100 USD?

Hier

Mardi, les bourses européennes ont légèrement clôturé dans le rouge (à l’exception notoire de l’AEX hollandais) malgré des statistiques économiques meilleures que prévu en Europe [avec une hausse de 0,3% de l’emploi dans la zone euro au quatrième trimestre, tandis que la contraction du PIB a été révisée de 0,7% à 0,6% sur la période (selon les données publiées par Eurostat)] reflétant un impact moins marqué que redouté des mesures de confinement de l’automne. Les sociétés d’électricité et de services aux collectivités ont en particulier fait pression sur les indices alors que les financières (aidées par la remontée des rendements obligataires) et les sociétés liées à l’industrie et aux matériaux résistaient le mieux face à la tendance baissière. Aux Etats-Unis, Wall Street était aussi en légère baisse en clôture, que ce soit pour l’indice global S&P 500 ou pour l’indice Nasdaq des valeurs technologiques.

Aujourd'hui

Ce matin (7h15) les marchés asiatiques sont peu inspirants même si Hong-Kong monte de près de 1%. Les marchés boursiers de la Chine continentale (Shenzhen et Shanghai) sont par contre toujours fermés pour cause de Nouvel An chinois. La bourse de Tokyo baisse de 0,5% alors que la bourse de Séoul chute de 0,9%. Les futures (contrats à terme) sur l’Europe et les Etats-Unis ne sont guère plus éclairants ce matin, les marchés occidentaux pourraient ainsi ouvrir relativement inchangés par rapport à leurs clôtures d’hier. Les marchés boursiers semblent donc actuellement en "mode pause" après un début d’année très positif, l’arrivée des vaccins augmentant les espoirs de reprise économique alors que les résultats de société annoncés ces dernières semaines, surtout américains, sont en général très bons voire meilleurs qu’attendus.

L’or décline pour le 5e jour consécutif et a passé à la baisse la barre des 1.800 USD l’once.

Thème du jour: le pétrole à 100 USD

Le 20 avril 2020, même si c’était essentiellement pour des raisons techniques, les prix du pétrole WTI connaissaient brusquement un effondrement historique et atteignaient un prix négatif soit - 37.63 USD le baril. Pendant quelques heures les producteurs en particulier américains devaient payer (!) pour se débarrasser de leur pétrole… Moins d’un an plus tard, ce même WTI atteint 60 USD le baril alors que le Brent, la qualité de pétrole principalement traitée dans le monde, a même dépassé les 63 USD le baril (tout en n’ayant chuté "que" jusqu’à un peu plus de 19 USD le baril en avril 2020). Le graphique ci-dessous montre l’évolution du Brent sur 1 an.

Cette folle remontée, peu anticipée par de nombreux spécialistes il y a encore quelques mois, peut donc paraître paradoxale alors que la pandémie mondiale n’est pas encore éradiquée et que nombre de secteurs tournent toujours au ralenti. Cependant les marchés financiers anticipent toujours et il est un fait que l’arrivée des vaccins anti Covid laisse entrevoir une reprise de l’activité économique cette année et donc de la demande de pétrole. Mais comme le souligne le rapport de décembre 2020 de l’Agence Internationale pour l’Energie (AIE) "la reprise de la demande durant la seconde moitié de 2020 est presqu’entièrement due au rebond économique rapide de la Chine". Celle-ci étant depuis quelques années le 2e plus grand consommateur de pétrole au monde, après les USA. L’AIE souligne par ailleurs aussi dans son récent rapport mensuel que "le rééquilibrage du marché pétrolier reste fragile au début de 2021 alors que les mesures pour contenir la propagation du Covid-19, avec ses variantes plus contagieuses, pèsent lourdement sur la demande de pétrole mondiale à court terme". Cela explique en grande partie la position des pays de l’OPEP+, confirmée en ce début d’année et en grande partie soutenue par l’Arabie Saoudite, de maintenir une certaine limitation de la production au moins pour février et mars.

Enfin et s’il fallait encore un facteur de soutien des prix pétroliers, une vague de froid polaire s’est abattue ces derniers jours sur les États-Unis, paralysant notamment les raffineries du Texas, mettant à l’arrêt certains puits et perturbant grandement les transports d’énergie.

Et maintenant? Si le prix du Brent semble faire actuellement une pause aux alentours du niveau actuel (63 USD le baril), un article du Financial Times citait hier des spécialistes de JP Morgan et Goldman Sachs parlant d’un nouveau "supercycle pétrolier", affirmant que "les prix vont monter en flèche lorsque la pandémie s’atténuera". Selon eux, les prix du pétrole pourraient revenir "vers les 100 dollars voire plus" le baril, un niveau qui n’a plus été atteint depuis l’été 2014… Cette prédiction optimiste se vérifiera-t-elle? Difficile à dire, le pétrole est impacté par de nombreux facteurs divergents et dans le passé les prévisions en la matière, tant optimistes que pessimistes, ont régulièrement été prises en défaut.

En attendant, face notamment au réchauffement climatique, le pétrole n’a jamais été autant vilipendé au profit des énergies vertes, des grands producteurs comme Total ou BP se diversifiant d’ailleurs de plus en plus dans ces énergies alternatives. Mais pourtant l’évolution récente de son prix ainsi que les attentes optimistes de certains spécialistes montrent qu’il n’a jamais autant mérité son titre d’"or noir".

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