Les voitures de société sont le moteur des ventes de voitures en Belgique

Les ventes de voitures ont très bien fonctionné dans notre pays en 2019. Pourtant, nous voyons des tendances sous-jacentes contradictoires. Les bons chiffres de vente s'expliquent par le nombre plus élevé de voitures de société immatriculées, soutenu par une forte création d'emplois et une plus grande préférence pour les voitures de société parmi les employés belges. En conséquence, les ventes aux particuliers se sont ralenties et devraient même stagner dans les années à venir. Le taux de motorisation des Belges n'augmente guère et c’est le remplacement des vieilles voitures qui fait augmenter les ventes. Le traitement fiscal futur des voitures de société déterminera si ce segment est viable. Cela déterminera à son tour la dynamique future de la demande de remplacement, car les voitures de société sont renouvelées plus rapidement que les véhicules privés.

Nouvelles voitures: des ventes excellentes en 2019

En 2019, un peu plus de 550.000 nouvelles voitures ont été immatriculées en Belgique. C'est, après 2011, le plus grand nombre enregistré. Cependant, le nombre de ventes record de 2011 (plus de 572.000 voitures) a été biaisé par la suppression de la prime fédérale pour les voitures à faibles émissions de CO2.

Les excellentes ventes de voitures en 2019 sont remarquables à bien des égards. Tout d'abord, c'est une surprise au vu de l'évolution du comportement des Belges en matière de mobilité. Après tout, la moindre propension des jeunes à acheter une voiture, l'engorgement de nos routes et une politique gouvernementale de dissuasion ont un impact négatif sur la possession et l'utilisation des voitures. Bien que la voiture continue à occuper une position dominante, sa part dans le nombre total de trajets semble avoir quelque peu diminué ces dernières années (source: Mobile Flanders). L'essor des voitures partagées illustre également l'évolution des comportements de transport (source: Autodelen.net).

Le nombre élevé d'immatriculations surprend également dans un contexte de baisse de la confiance des consommateurs. Dans le passé, le nombre d'immatriculations  coïncidait généralement bien avec le sentiment général des Belges. 2019 semble être une exception. Les chiffres mensuels donnent cependant une image plus nuancée. Jusqu'à l'été, le nombre d'immatriculations a légèrement baissé, en accord avec la détérioration du sentiment. En automne, la confiance s'est améliorée et les immatriculations ont repris. La baisse enregistrée en milieu d'année a également été atténuée par l'introduction d'un nouveau test d'émission européen le 1er septembre, qui a conduit les constructeurs automobiles à se débarrasser rapidement de leur ancienne flotte. De nombreuses voitures invendues ont donc été immatriculées avant cette date afin de les revendre par la suite comme voitures d'occasion.

Popularité des voitures de société

Les immatriculations de voitures neuves en 2019 sont principalement dues à une nouvelle augmentation du nombre de voitures de société. En 2012, la part des voitures de société dans le nombre total d'immatriculations de voitures particulières dépassait 50% et, depuis, elle est passée à 53,5% en 2018 et à 57,4% en 2019. Les immatriculations de voitures de société neuves ont augmenté de 7,4% en 2019, tandis que celles des particuliers ont baissé de 8,3%. Ces deux tendances sont en partie des vases communicants: celui à qui l'on propose une voiture de fonction n'achète plus sa propre voiture (prévue). Néanmoins, la baisse des ventes aux particuliers est probablement aussi le résultat d'une baisse de la confiance des consommateurs.

L'augmentation du nombre et de la part des voitures de société s'explique en partie par l'amélioration du climat économique de ces dernières années, qui a entraîné une forte création d'emplois. Certains employés nouvellement embauchés ont eu droit à une voiture de fonction. Le fait que davantage d'employés optent pour une voiture de fonction dans le cadre d'un plan cafétéria peut également être dû à des doutes quant à la meilleure façon d'acheter une nouvelle voiture à titre privé. Le resserrement et l'élargissement des zones à faibles émissions (LEZ) peuvent également avoir joué un rôle. A Anvers et à Bruxelles, les véhicules doivent répondre à une norme Euro plus élevée pour entrer dans la LEZ depuis le 1er janvier 2020. Après Anvers et Bruxelles, Gand a également introduit une LEZ au début de cette année. Cela a peut-être encouragé les familles à remplacer leur voiture polluante par une nouvelle voiture (de société) plus écologique afin de pouvoir continuer à circuler en ville.

Point de saturation

L'année 2019 a peut-être connu un nombre historiquement élevé d'immatriculations de voitures neuves, mais la hausse par rapport à 2018 (+0,1%) est restée très modeste. Cela confirme que le marché stagne, que la possession de voitures (c'est-à-dire le nombre de voitures pour 1.000 habitants de plus de 18 ans) n'augmente plus fortement et que les ventes de voitures sont largement déterminées par la demande de remplacement. Le fait que le taux de motorisation se rapproche du point de saturation n'est pas surprenant étant donné que la Belgique est l'un des pays où la densité de véhicules est la plus élevée au monde. Un simple calcul montre que, d'un point de vue démographique, c'est-à-dire indépendamment de la demande de remplacement, il n'y aurait besoin que de moins de 150.000 voitures supplémentaires d'ici à 2025.

La stagnation progressive des ventes aux particuliers est ralentie par la part accrue des voitures de société. Après tout, celles-ci se renouvellent beaucoup plus rapidement que les voitures particulières, ce qui augmente la demande de remplacement. L'évolution du rôle des sociétés de leasing pourrait avoir un impact majeur sur les ventes de voitures dans les années à venir. Ils muent de fournisseur de voitures de société à fournisseur de mobilité. Cela donne aux employés plus de possibilités d'organiser leur propre mobilité en fonction de leurs propres besoins. Cela conduit à un plus grand choix pour le vélo, les transports publics ou les systèmes partagés. La question de savoir si la voiture de société (plus écologique) continuera à jouer un rôle majeur à cet égard (et donc si la demande de remplacement restera dynamique) dépendra principalement de son traitement fiscal. Le ralentissement de l'utilisation des voitures de société pourrait avoir un impact important sur le secteur automobile en Belgique. En outre, compte tenu de son importance, le segment des voitures de société est un canal qui permet de réaliser une écologisation rapide de la flotte belge.

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