Quelles prévisions pour la croissance en zone euro?

La situation actuelle est à coup sûr inédite à de nombreux égards. Et faire des prévisions sur l’évolution du cycle économique est encore plus difficile qu’en temps normal. Seule certitude, l’activité va fortement se détériorer au premier semestre 2020.

Les dernières données sur le climat des affaires, qui tiennent compte au moins partiellement du confinement, laissent peu de place au doute quant à l’impact significatif de ces mesures sur l’activité: l’indice PMI composite en zone euro a chuté à son plus bas niveau historique en mars.

Mais il paraît clair que dans le contexte actuel, les enseignements tirés du passé ne sont que d’une utilité limitée pour mieux cerner la profondeur de la récession qui se profile.

Constats de base

Nous supposons qu’une période de trois mois (un trimestre) suffira pour contrôler suffisamment l’épidémie et donc pour relancer le moteur économique. Grâce à des mesures gouvernementales de grande envergure, nous nous attendons à une reprise très forte. Néanmoins, nous constatons des différences entre les pays. La récession touchera tous les pays, mais la vitesse de la reprise sera très variable. Les pays qui disposent d’un pouvoir budgétaire plus important, de stabilisateurs automatiques plus nombreux (comme un système de sécurité sociale solide) et de politiques de crise plus actives connaîtront une reprise plus prononcée.

Nous supposons que les banques centrales apporteront un soutien maximal à l’économie par le biais de taux d’intérêt bas, d’un assouplissement quantitatif, d’un apport massif de liquidités et d’un financement monétaire (de facto) des déficits publics. Plus précisément, nous attendons de la BCE qu’elle maintienne les taux d’intérêt directeurs au niveau négatif actuel. Comme annoncé récemment, elle va, comme la Réserve fédérale, acheter des obligations sans limite de durée. En conséquence, la BCE contrôle de facto la totalité de la courbe des taux d’intérêt et les écarts de taux d’intérêt entre les États membres de la zone euro. Par conséquent, les taux d’intérêt à long terme resteront également bas, ce qui facilitera le financement des gouvernements et des entreprises. Les décideurs politiques ont clairement tiré les leçons de la Grande Récession d’il y a dix ans.

Deux scénarios

En tenant compte de ces constats de base, et en raison de l’incertitude quant à la durée du confinement, nous avons envisagé deux scénarios.

Dans le premier cas, qui semble à ce stade le moins probable, le confinement prendrait fin au bout de 4 semaines et l’économie rebondirait de 100% au troisième trimestre. Dans un tel cas de figure, la diminution du PIB de la zone euro ne serait que de 6% en 2020 avec une reprise de 6,5% en 2021.

Dans le deuxième cas, qui est notre scénario de base, les mesures de confinement seront prolongées ce qui entrainera une forte récession mais suivie d’un fort rebond. L’économie de la zone euro afficherait alors un recul de 11,3% du PIB en 2020 mais suivi par un rebond spectaculaire de 11% en 2021.

Même si l’ampleur de la récession sera très probablement inédite, les mesures mises en place par les banques centrales et l’engagement sans limite des gouvernements devraient entrainer un rebond significatif de l’économie sur la seconde partie de l’année et augurer d’une forte croissance en 2021.

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Cet article d’actualité ne doit pas être considéré comme une recommandation ou un conseil en investissement.

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