Le monde en images: Le virus déterminera davantage la voie économique

Situation Macroéconomique

1. Etats-Unis

Les États-Unis se réveillent au lendemain des élections

Le mardi 3 novembre, les Américains, du moins ceux qui n'avaient pas encore voté par correspondance, se sont rendus aux urnes. Les résultats sont arrivés au compte-goutte dans les jours qui ont suivi, un État après l'autre étant attribué à Joe Biden. Le président Trump nie toujours sa défaite, mais il admet à contrecœur qu'il quittera la Maison Blanche lorsque les électeurs désigneront Joe Biden à la présidence des États-Unis au début du mois de décembre. La Chambre des représentants reste entre les mains des démocrates, mais il n'est pas certain que les républicains conserveront le Sénat. Nous ne le saurons pas avec certitude avant le début du mois de janvier. La Blue Wave (présidence, Chambre et Sénat aux mains des démocrates) ne semble pas l'emporter. Cela signifie que Joe Biden pourra mettre en œuvre son programme, mais qu'il sera freiné par les républicains.

Parmi les mesures envisagées par Joe Biden:

  • Un plan de relance de l'économie américaine pour soutenir la crise du coronavirus. Joe Biden a promis un ambitieux programme de mesures de soutien, mais les républicains ne le suivent pas sur cette voie. Le plan sera plutôt modeste.
  • Aucune régulation drastique pour les entreprises technologiques, les banques et les soins de santé.
  • Une augmentation limitée des impôts (la hausse de 21% à 28% annoncée durant la campagne de Joe Biden ne se fera peut-être pas).

L'économie américaine se redresse énergiquement

Au troisième trimestre, l'économie américaine a enregistré une croissance du PIB de pas moins de 33,1% sur une base annuelle. Ce chiffre a été confirmé le 25 novembre (dans certains cas, les chiffres du PIB sont révisés, mais cette fois, le chiffre publié précédemment a été maintenu). Un recul de 32,9% a été accusé au deuxième trimestre. En conséquence, le PIB réel n'est que de 3,5% inférieur au niveau du quatrième trimestre 2019.

La consommation a été le principal facteur de cette reprise, ainsi que le confirme le dernier chiffre de l'Université du Michigan sur la confiance des consommateurs (77 points en octobre, contre 76,9 le mois précédent). Ce résultat est d'une part surprenant, car le nombre de contaminations aux États-Unis n'est manifestement pas encore sous contrôle. Nous avons constaté une belle reprise de la consommation de biens et de services, mais le redressement de la consommation de services n'a pas encore atteint les niveaux d'avant la pandémie. D'autre part, le chômage diminue (de 7,6% à 6,9%) et le nombre d'emplois créés augmente (906.000 le mois dernier, contre 680.000 le mois précédent). Le retour au niveau de chômage pré-corona le plus bas enregistré (3,4%) n'est toutefois pas pour tout de suite. L'achat de biens durables (produits ménagers, voitures, etc.) constitue un baromètre important et ces achats ont été robustes au cours de la période écoulée: en octobre, leur croissance a été de 0,99% sur une base mensuelle. Le marché tablait sur 0,8% pour le mois de novembre, mais elle s'est établie à 1,3%, ce qui indique que l'Américain moyen est optimiste pour l'avenir et ce, en raison principalement de l'accélération de l'emploi.

Face à la forte reprise et au recul somme toute limité au quatrième trimestre imputable à la résurgence de la pandémie, nos macroéconomistes ont relevé le taux de croissance moyen pour 2020 de -4,5% à -3,7%. Ils prévoient une croissance de 4% en 2021.  

L'industrie américaine revient en force

La confiance des entreprises est encore supérieure à celle des consommateurs (ce qui signifie qu'il y a de la marge pour des investissements): l'indice PMI du secteur manufacturier s'est établi à 56,7 en novembre, contre un niveau attendu de 53. Les services PMI ont augmenté à 57,7, contre une prévision de 55.

Ces chiffres positifs ont été confirmés par la production industrielle, qui a grimpé de -0,6% à 1,1%.

Les indicateurs de confiance (qui nous donnent une idée de l'avenir) sont très bons pour l'industrie: 59,3, contre une prévision de 56. Le nombre de commandes a fortement augmenté pour atteindre 67,9 (contre une prévision de 62). Comme indiqué, la consommation de services n'est pas encore à niveau, ce que confirme l'indice ISM des services. Alors que le marché attendait 57,5, nous avons atteint 56,6.   

La FED adopte une attitude attentiste

La FED a laissé son taux directeur et ses programmes d'achat de titres inchangés en novembre. L'inflation aux États-Unis est restée relativement stable depuis le début de l'année.

Par la voix du président Jerome Powell, le comité de politique monétaire de la FED a exprimé ses inquiétudes quant à la situation budgétaire incertaine, mais il n'a pas commenté le résultat de l'élection présidentielle ni son impact sur l'économie. Il est toutefois très peu probable que la FED réduise encore ses taux.  

2. La Chine

De bonnes nouvelles en provenance de Chine

La Chine semble en bonne voie pour être le seul pays à afficher des taux de croissance du PIB positifs en 2020. Nos macroéconomistes prévoient une croissance de 2% pour 2020 et vont même jusqu'à 8,2% pour l'an prochain.  La reprise de la croissance est principalement attribuable à une augmentation de la demande d'investissement. La consommation a été vigoureuse, mais légèrement inférieure aux prévisions en novembre (3,3% en octobre et 4,3% en novembre, alors que les marchés tablaient sur 5,0%). L'application stricte des règles sanitaires est l'une des explications de ces beaux résultats. Le nombre de contaminations a été réduit au minimum et lorsqu'il en survient, elles sont souvent dues à des personnes venant de l'étranger (qui sont immédiatement placées en quarantaine).

Les mesures de soutien des autorités chinoises ont entraîné une augmentation des ventes au détail ces derniers mois et - comme dans le reste du monde - les achats en ligne ont augmenté (+16% sur une base annuelle).

L'industrie tourne à plein régime

En octobre, l'indicateur PMI Markit a grimpé à 53,6 pour l'industrie manufacturière (contre une prévision de 52,8) et à 56,8 pour les services (contre une prévision de 55). Les deux résultats se situent donc nettement au-dessus du seuil de 50, indiquant l'expansion économique. Les exportations sont particulièrement florissantes. Selon les chiffres des douanes chinoises, elles ont été supérieures en octobre de quelque 7,6% à leur niveau de l'année précédente. Une conséquence de ces chiffres élevés est une augmentation de la production industrielle de 6,7% à 6,9%. Force est aussi de constater qu'en Chine, les bénéfices des entreprises ont été revus à la hausse. 

Le RCEP donne un coup de pouce pour l'avenir

La récente signature du partenariat régional économique global (Regional Comprehensive Economic Partnership (RCEP)) entre 15 pays d'Asie et du Pacifique va booster le commerce asiatique. L'Inde est entrée en conflit avec la Chine et ne participera pas. Ensemble, ces 15 pays représentent quelque 47% de la population mondiale. C'est la première fois dans l'histoire que la Chine, le Japon et la Corée collaborent. 

3. Zone euro

La zone euro surprend par la vigueur de sa reprise

Au troisième trimestre, la croissance par rapport au trimestre précédent a été de 12,6%, après un recul de 11,8% au deuxième trimestre par rapport au premier. Dans certains pays, tels que la France et l'Espagne, nous avons constaté une nette reprise de la consommation privée, mais dans le courant du mois de novembre, le redressement a de nouveau été mis à mal par de nouvelles mesures de confinement. Celles-ci touchent principalement les secteurs de services non essentiels, tels que les restaurants et les bars, la culture et les loisirs. Les mesures de confinement diffèrent d'un pays à l'autre: en France et en Belgique, les magasins non essentiels ont aussi été fermés, tandis qu'en Allemagne, les mesures ont été un peu moins strictes. En Italie et en Espagne, des mesures plus strictes ont été adoptées par région. Heureusement, les gouvernements des différents pays ont décidé de continuer à soutenir les secteurs touchés. Les mesures nationales seront complétées par des initiatives à l'échelle de l'UE à partir du second semestre 2021, lorsque les 750 milliards d'euros du plan 'Next Generation EU' auront été mobilisés. Néanmoins, ce confinement 2.0 aura sans aucun doute un impact négatif sur les taux de croissance européens. La confiance des consommateurs, qui est retombée de -20 à -29 alors que le marché anticipait -25, en est une première indication. 

Grâce à un troisième trimestre 2020 bien meilleur que prévu, nos économistes ont légèrement relevé le taux de croissance moyen attendu pour 2020 à -7,5%. Le taux de croissance escompté pour 2021 a toutefois été révisé à la baisse - de 4,9% à 1,9% - dans l'hypothèse où les mesures de confinement ne seraient assouplies que très progressivement et où l'économie ne pourrait s'appuyer sur les vaccinations qu'au second semestre 2021.

L'industrie européenne résiste bien

L'industrie européenne souffre moins des mesures de confinement et les chaînes d'approvisionnement internationales ne sont pas perturbées comme elles l'ont été au printemps. La dichotomie entre les secteurs de l'industrie et des services s'est accentuée en Europe, ainsi que le montrent les indicateurs de confiance PMI. Dans l'industrie manufacturière, l'indicateur a grimpé à 54,8, tandis que dans les services, il a encore baissé pour atteindre 46,9, soit un niveau inférieur au seuil de 50 synonyme d'une contraction de l'activité économique. Cette dichotomie dans l'économie est surtout frappante en Allemagne, dont l'importante industrie bénéficie d'un contexte international plus favorable, en particulier du rapide redémarrage de l'économie chinoise, alors que les économies européennes plus axées sur les services essuient des vents plus défavorables. La confiance des entreprises en Allemagne est tombée de 92,7 en octobre à 90,7 en novembre. 

La BCE évoque un nouvel assouplissement

Le nouvel essoufflement de la demande résultant des (deuxièmes) mesures de confinement va renforcer la pression baissière sur l'inflation, en particulier sur l'inflation des services. Nos macroéconomistes ont révisé l'inflation à la baisse à 0,20% en 2020 et 0,9% en 2021.
La BCE pourrait annoncer un nouvel assouplissement de sa politique monétaire lors de sa réunion de décembre.

Les marchés financiers

1. Bourses

Etats-unis

Les différents indices ont continué à se redresser au mois de novembre. Tant le S&P 500 que le Dow Jones ont battu des records. Pour la première fois dans l'histoire, le Dow Jones a terminé au-dessus de 30.000 points. 

L'Europe a effectué un mouvement de rattrapage, mais elle se situe toujours en deçà de son niveau pré-coronavirus. 

Les marchés émergents ont également signé une forte progression. C'est principalement la reprise de la Bourse chinoise qui a propulsé les marchés émergents.   

2. Marchés obligataires

Le mois dernier, le marché a retrouvé l'appétit pour le risque. L'annonce de plusieurs vaccins anti-Covid prometteurs a suffi à persuader les investisseurs d'investir dans des actifs plus risqués.

Sur le marché des titres à revenu fixe, les obligations à haut rendement ont été particulièrement prisées. Les différentiels de crédit moyens des obligations d'entreprises tant américaines qu'européennes ont chuté de 100 points de base. Les différentiels de crédit des obligations investment grade plus sûres ont diminué de 20 points de base.

Le taux des obligations d'État a également baissé, bien que dans une moindre mesure. Dans la zone euro, ce sont principalement les obligations d'État italiennes qui ont profité de l'amélioration du sentiment de risque chez les investisseurs. La courbe des taux s'est aplatie.

Les marchés des économies émergentes se sont remarquablement bien comportés, la région asiatique et la Chine étant particulièrement sorties du lot. Le succès de l'enraiement de l'épidémie de coronavirus, la création d'une nouvelle zone régionale de libre-échange (voir ci-dessus) et des taux de croissance meilleurs que prévu sont à l'origine de ces solides performances.

D'autres informations sur le calendrier des campagnes de vaccination détermineront la poursuite ou non du mouvement risk-on en décembre.

Allocation des actifs

Au cours du mois de novembre, la pondération des actions a été réduite de 2,5% car les nouvelles mesures de confinement en Europe et la résurgence de la pandémie aux États-Unis - comme décrit ci-dessus - risquaient de peser sur la consommation et, par conséquent, sur la croissance du PIB. Nous avons donc quelque peu restreint le risque dans les portefeuilles. 

Dans la composante actions, nous avons diminué les secteurs de croissance défensifs au profit des secteurs cycliques.  Les small caps nous semblent dignes d'achat dans la zone euro. 

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