Le monde en images: Les banquiers centraux sont sous les projecteurs

analist Aandelen&Opties KBC Private Banking&Wealth

Jackson Hole, Wyoming, États-Unis. L'endroit n'est pas à côté de la porte, mais il semble être une excellente destination de vacances, tant l'hiver que l'été. Les banquiers centraux américains sont probablement du même avis, car depuis 1982, les membres les plus importants de la Réserve fédérale (Fed) s'y réunissent chaque année. Pas pour se détendre, mais pour s'entretenir de la future politique monétaire des États-Unis. Il est bien entendu toujours agréable de le faire dans un cadre accueillant et souvent, les décisions importantes qui y sont prises orientent la politique monétaire dans une autre direction. Il n'est donc pas surprenant que Jackson Hole soit devenu le rendez-vous incontournable de la finance.

Le tapering se profile, mais il n'est pas encore pour tout de suite

Le discours du président de la Fed, Jerome Powell, à Jackson Hole, a soulevé un peu plus d'intérêt que d'habitude cette année. La question sur toutes les lèvres était de savoir à quel moment la Banque centrale américaine commencerait à réduire ses mesures de relance. Étant donné la santé de l'économie américaine, cela arrivera tôt ou tard. Depuis le début de la pandémie en 2020, la Fed achète chaque mois pour 120 milliards USD d'obligations. Or, un soutien trop important risque d'entraîner une surchauffe et de faire grimper l'inflation, ce que détestent bien entendu les banquiers centraux.

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La beauté du lieu jouerait-elle un rôle? Bien sûr, les banquiers centraux ne vont pas changer d'avis s'il y avait un consensus au préalable. Il n'y a cependant pas d'unanimité sur le timing du tapering, soit la réduction progressive des mesures de relance. D'un côté, les faucons de l'inflation souhaitent amorcer le tapering dès que possible, et de l'autre, les colombes maintiennent que l'inflation ne déraillera pas, estimant que la récente flambée de l'inflation est un phénomène temporaire et que le variant Delta du coronavirus freine la reprise économique.

Quelle est la conclusion après trois jours de réunion?
Du discours de clôture de Jerome Powell, nous retenons que le tapering pourrait encore débuter cette année, mais sans aucune certitude.
La Fed a deux objectifs: une inflation de 2% et un emploi maximal. Les deux objectifs doivent être pratiquement atteints pour lancer le tapering. Avant le discours de Jerome Powell, les marchés tablaient sur un délai de six mois entre le début du tapering et un premier relèvement des taux. La prochaine réunion importante du comité de politique monétaire est prévue le mercredi 22 septembre. La Fed pourra alors intégrer dans sa décision les conclusions du rapport du mois d'août sur le marché du travail et nous en apprendre, espérons-le, un peu plus. 

Les indices PMI européens se maintiennent à des niveaux élevés, mais l'inflation...

L'indice PMI composite de la zone euro est tombé à 59,5 en août. En juillet, il atteignait encore son plus haut niveau en 15 ans, soit 60,2. Les derniers chiffres montrent que l'expansion de l'activité économique se poursuit dans la zone euro. Des nouvelles positives proviennent également du secteur des services qui, pour la première fois depuis la pandémie, fait mieux que l'industrie manufacturière.

Du côté des banquiers centraux européens, la Bundesbank a mis en garde contre un optimisme excessif. Le variant Delta est une fois de plus le grand coupable. La croissance globale en 2021 pourrait être inférieure aux 3,7% prévus avant l'été. Les pénuries de matières premières et les goulets d'étranglement de la chaîne d'approvisionnement jouent également un rôle dans ce renforcement de la prudence.

À la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort, il n'est pas encore question de tapering. Son bilan a franchi la barre des 8.000 milliards USD ce mois-ci, soit 78,1% du PIB de l'ensemble de la zone euro. Dans l'ensemble, l'économie européenne post-corona se porte plutôt bien. Non seulement les indices PMI le confirment, mais la baisse du taux de chômage va également dans ce sens. La zone euro affiche actuellement un taux de chômage de 7,7%, proche du niveau pré-corona de 7,4%.

Graphique: indicateur du sentiment économique dans la zone euro

Dans la zone euro, l'indicateur du sentiment économique est ressorti à 117,5 en août, après avoir atteint un niveau record de 119,0 le mois précédent, s'inscrivant ainsi en deçà des attentes du marché qui tablait sur 117,9. Le sentiment dans le secteur des services a baissé par rapport à son plus haut niveau en 14 ans, tandis que dans le secteur manufacturier, il est retombé de son plus haut niveau jamais atteint.

Graphique: inflation dans la zone euro

Il en va toutefois autrement de l'inflation. L'inflation dans la zone euro a atteint en août son niveau le plus élevé depuis 10 ans et elle devrait continuer à s'accélérer. L'inflation des prix à la consommation dans la zone euro s'élève désormais à 3%, contre 2,2% auparavant. Le consensus tablait sur 2,7% et l'objectif de la BCE est de 2%. La croissance des prix devrait atteindre un pic en novembre.

Le moteur chinois a des ratés

Graphique: chiffres PMI Chine

Les derniers chiffres PMI de la Chine révèlent une contraction en août. L'indice PMI est retombé de 52,4 à 48,9. Un niveau supérieur à 50 est synonyme de croissance, tandis qu'un niveau inférieur annonce une contraction. C'est aussi simple que cela! Les exportations chinoises sont en difficulté depuis plusieurs mois, mais les commandes intérieures se contractent également. Cela ne s'était plus produit depuis le début de la pandémie en mars 2020. Le virus n'a certainement pas encore disparu de Chine. En juillet, les autorités ont réagi rapidement en prenant des mesures strictes pour éteindre certains foyers de contamination, mais cela a eu un impact sur l'économie des services. Nous pensons qu'il s'agit d'effets temporaires, s'inscrivant plutôt dans le cadre d'une normalisation de l'économie après une période de turbulences. La fièvre régulatrice des autorités chinoises inquiète davantage les marchés. La Bourse chinoise est en mauvaise posture depuis quelque temps. Chaque semaine, le gouvernement sort de nouvelles règles plus strictes de son chapeau.

Graphique: bourse chinoise

Marchés d'actions: the only way is up

Alternant moments de vertige et coups de frein dans l'attente des conclusions de Jackson Hole ou de la situation en Afghanistan, la plupart des indices sont nettement en hausse à la fin du mois. Bien que l'année soit encore loin d'être terminée, on peut commencer à parler d'une année faste pour les actions. Ne nous réjouissons toutefois pas trop vite! Les marchés d'actions sont chers, mais ils sont encore soutenus par des données macroéconomiques et des résultats d'entreprise solides, ce qui pourrait conduire à une nouvelle reprise des bénéfices de ces dernières. Grâce aux plantureux bénéfices des entreprises, les valorisations n'ont heureusement pas augmenté davantage et ont même légèrement baissé. L'inflation et le coronavirus restent les risques majeurs, mais la politique de crédit de la Chine retient également l'attention.  

Graphique: bourses européennes les plus importantes
Graphique: S&P 500

Fin août, le S&P 500 a enregistré son 328e record de clôture depuis 2013, dépassant la série précédente de la période 1989-2000.

À l'exception des matériaux et du commerce de détail, tous les secteurs ont progressé. Les secteurs les plus à même de profiter d'une (nouvelle) reprise économique ont particulièrement surperformé le marché dans son ensemble.

Le dollar se défend

Après l'éclatement de la pandémie, le dollar a été durement touché et l'euro s'est considérablement renforcé par rapport à la monnaie américaine. Tout est une question de point de vue. Le billet vert est passé d'un niveau proche de 1,06 à 1,22 à la fin de 2020. Une aubaine pour les voyages aux États-Unis, même si à cause de la Covid-19, rares sont ceux qui ont pu en profiter. Pour les entreprises européennes qui dégagent des revenus considérables aux États-Unis, cette dépréciation a en revanche été moins favorable. Fin mars 2021, nous avons assisté à une première flambée du billet vert. Au printemps, il est revenu à 1,22 et à partir de juillet, il a retrouvé les niveaux plancher du début de l'année. Les revers du dollar appartiendraient-ils au passé? Le dollar se renforce dans la perspective de la future politique monétaire américaine. Les jeux seront bientôt faits en ce qui concerne le tapering et la première phase du retour à la normalité monétaire est imminente. Un premier relèvement du taux directeur pourrait même être effectué d'ici la fin de 2022 plutôt qu'en 2023. En Europe, nous en sommes encore loin, ce qui signifie que le différentiel de taux d'intérêt entre l'Europe et les États-Unis pourrait se creuser. Et cela, bien entendu, dans l'intérêt du dollar. Pour que la reprise se poursuive, quelques résistances techniques doivent encore tomber. Un retour définitif n'est pas encore à l'ordre du jour, mais les étoiles sont certainement un peu mieux alignées qu'il y a quelques mois, notamment en raison de la hausse des prévisions de taux. Les importants déficits budgétaires et l'accélération de l'inflation fragilisent toutefois le dollar à plus long terme.

Graphique: évolution du dollar sur 5 ans

Le prix du pétrole recule d'un cran

L'OPEP a convenu d'une politique de diminution progressive de ses réductions de production record. Chaque jour, 400.000 barils sont ajoutés à la production et ce, jusqu'à la fin du mois de décembre. La production de pétrole et de gaz offshore dans le Golfe du Mexique a récemment souffert de l'ouragan Ida. Proche de 75 USD, le spot WTI se heurte à un niveau de résistance considérable. Les réserves de pétrole américaines semblent toutefois avoir diminué plus que prévu.

Graphique: spot WTI

Marchés à revenu fixe août 2020

L'espoir d'une reprise économique en V a encore attisé l'appétit pour le risque sur le marché des obligations d'entreprises. Les spreads de crédit sur les obligations de bonne et de moins bonne qualité ont poursuivi leur baisse de ces derniers mois. En d'autres termes, les taux continuent de suivre une tendance baissière.

Actuellement, environ 80% de l'augmentation du spread de crédit après l'éclatement de la pandémie de Covid a été éliminée.

Le taux d'intérêt souverain sûr a légèrement augmenté le mois dernier. La crainte d'une (légère) augmentation des prévisions d'inflation à moyen terme joue probablement un rôle à cet égard. Cela pourrait surtout affecter l'extrémité longue de la courbe des taux, celle-ci se raidissant ainsi davantage.

En ce qui concerne la politique des banques centrales, le mois dernier a apporté peu de nouvelles.

Seule la Banque centrale américaine a indiqué qu'elle adapterait ses critères à l'avenir. Désormais, une période d'inflation plus élevée sera tolérée si elle fait suite à une période d'inflation trop faible. Le taux zéro pourrait donc se prolonger pendant de longues années aux États-Unis.

Allocation des actifs

L'économie mondiale poursuit résolument sur la voie de la normalisation. Nous restons favorables aux actions, mais nous ne misons pas tout sur elles. Nous donnons la préférence aux secteurs cycliques. Les obligations associent le rendement courant faible à négatif au risque d'une hausse des taux (limitée). Nous privilégions les obligations d'entreprises. 

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