Le monde en images: La nervosité s'intensifie

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Amateur de cinéma? Dans ce cas, vous connaissez sans doute Mad Max, ce film culte de la fin des années ‘70, dans lequel Mel Gibson a brillé en tant que jeune acteur. Tout tourne autour de la possession de pétrole pour survivre et à cet effet, les humains survivants en viennent régulièrement aux mains. Et c'est dit d'une manière assez douce.

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À l’heure actuelle, au Royaume-Uni, il arrive aussi régulièrement que l’on retrousse ses manches à la pompe. Des files interminables à la pompe, qui nous font repenser à la crise pétrolière de l’époque, des réservoirs vides, l’absence d'approvisionnement, et il n’en manque pas beaucoup pour mettre le feu aux poudres à la pompe. En tout cas, au sens figuré. L'or noir est de retour. Enfin, son prix. Alors qu’il s'affichait encore à un niveau plancher l'an dernier, le baril de Brent avoisine aujourd'hui les 80 dollars. Vous l'avez sans doute déjà remarqué à la pompe, et c'est sans parler du fait qu’il faudra encore remplir la cuve pour l’hiver qui s'annonce.

Le pic du prix de l'énergie n’est sans doute pas le seul perturbateur auquel est confrontée l’économie, qui se reprend plus vite que prévu: une hausse des prix de l'énergie entraîne l’inflation, la crise de l’immobilier et de l'énergie en Chine, le variant delta dans certaines régions, des problèmes dans la chaîne de production et d'approvisionnement... Le consommateur souhaite ressortir son portefeuille mais il n’en a pas souvent l’occasion. Un vélo? Le délai de livraison est… 2023. Une voiture neuve? La salle d'exposition du distributeur est vide. Il y a pourtant suffisamment de voitures. La seule chose, c’est qu’elles attendent sur les terrains du fabricant que soit livrée cette puce à 5 dollars qui est nécessaire pour que fonctionne la vitre ou l’essuie-glace.

La fin d'une ère

Vous souvenez-vous de Jackson Hole, le mois dernier, où les banquiers centraux américains sont venus discuter de leur politique monétaire future lors de leur petite sortie annuelle? Un coin du voile avait été levé à l'époque, et il était finalement clair que le début du ‘tapering’, la réduction des incitants, frappait à la porte. Le président de la Federal Reserve (Fed), Jerome Powell, a adressé un message empreint de prudence lors de la réunion du 22 septembre. Une diminution des incitants et la perspective de plusieurs hausses des taux, certes pas encore pour demain, ne sont pas les nouvelles auxquelles s’attendent les investisseurs en actions. ‘Emballer’ quelque peu le message était nécessaire pour ne pas alarmer les marchés. Et la stratégie a fonctionné, du moins à ce moment-là. Plus les marchés sont éloignés de toute incertitude, mieux ils se portent, et une vision claire de l’avenir donne confiance.

En principe, la banque centrale américaine rachètera pour 15 milliards de dollars d'obligations en moins à partir du mois de novembre. À l’heure actuelle, les achats se montent à 120 milliards de dollars par mois et le compteur s'affichera à zéro d'ici mi-2022.

L'unanimité est moins évidente en ce qui concerne le premier relèvement de taux. La moitié des membres de la Fed veulent augmenter les taux une première fois à la fin de 2022, alors qu’ils étaient encore en minorité en juin. Et trois relèvements de taux supplémentaires sont anticipés chaque année pour 2023 et 2024. Nous n’en sommes pas encore là, tout dépendra de l’évolution de l'inflation. Par contre, il est clair que les marchés financiers devront progressivement se passer du soutien d'une politique monétaire souple

What goes up must…

L’inflation n’était-elle pas ‘une chose’ que les banques centrales souhaitaient plus élevée, ces dernières années? Autour des 2%. Effectivement, mais cela ne doit pas se faire si rapidement. En outre, les économistes préfèrent éviter ce type d’inflation. Ils préfèrent une inflation portée par les salaires à une inflation liée aux perturbations au niveau de l’offre et à des prix de l’énergie débridés. Les banques centrales n’avaient pas de solution immédiate à l’inflation trop faible des dernières années mais elles ne disposent actuellement pas non plus de grands remèdes pour comprimer l'inflation. Il faut dire qu’on ne résout pas la pénurie en un claquement de doigts.

Christine Lagarde, responsable de la Banque centrale européenne, plaide en faveur du calme et de la patience. Elle considère la poussée inflationniste comme un phénomène temporaire dont le grand perturbateur n’est autre que l’énergie. L'avenir nous dira s’il s’agit d'un phénomène temporaire (espérons-le, pour notre facture d'énergie) mais il est vrai que nous observons une image nettement plus nuancée si nous examinons l’inflation de base sous la loupe. En Belgique, le niveau d’inflation se situe à 2,86%, et l’inflation de base (donc hors énergie et produits alimentaires non transformés) a même ralenti le mois dernier, passant de 1,65% à 1,61% en base annuelle.

Au Royaume-Uni, on voit un peu les choses autrement. Andrew Bailey, le président de la Bank of England, est prêt à relever les taux cette année encore pour éviter que l’inflation ne revête un caractère permanent. Une observation de Bailey, ici aussi, est qu'une politique monétaire ne peut offrir de solution pour s'attaquer aux déficits ici et là dans la chaîne économique.

Aux États-Unis, l’inflation s’est affichée à 5,3% en base annuelle en août, le quatrième mois consécutif, déjà, marqué par une inflation de plus de 5%. L'inflation de base a progressé de 4% en base annuelle.

En Allemagne, le niveau de prix a enflé de 4,1% en base annuelle. À l'origine, la forte augmentation des prix de l'énergie, les problèmes d'approvisionnement et l'impact de l'abaissement temporaire de la TVA durant la seconde moitié de l'année. L'inflation s'envole en Europe également. En septembre, l’inflation dans la zone euro était de 3,4% (3% en août), soit le niveau le plus élevé depuis 2008. L’inflation de base dans la zone euro a grimpé à 1,9%, venant de 1,6%.

Graphiques: inflation en Allemagne et aux USA

Le paysage des partis redessiné en Allemagne

Graphique d'illustration

Au moment de clôturer la rédaction, on ne savait pas encore très bien quelle coalition allait diriger nos voisins de l’Est dans les prochaines années. Une chose est sûre: le paysage des partis a été fortement secoué. C’en est fini des deux grands partis (CDU/CSU et SPD), place à une évolution vers quatre partis moyens. Cette configuration offre différentes possibilités pour lesquelles les partis vert et libéral sont prêts à prendre leurs responsabilités. Quoi qu’il en soit, il s'agira d'un gouvernement centriste et cela ne changera sans doute pas grand-chose à la politique européenne. C'était également la raison pour laquelle la Bourse allemande a réagi plutôt tièdement maintenant qu'une période de négociations difficiles s’annonce. Qui que ce soit, le rôle de l’Allemagne en Europe restera quasiment inchangé. Le nouveau chancelier cèdera néanmoins du pouvoir en raison de ce paysage de partis fragmenté. Il faudra commencer par remplacer Madame Merkel, pour ne pas dire la faire oublier.

Les prix de l'énergie... accélèrent encore la cadence

S’il y a bien un sujet qui domine l’actualité ces jours-ci, c'est la hausse des prix de l'énergie. Le consommateur classique voit les acomptes de sa facture d'électricité s'envoler; au Royaume-Uni, les pompes sont vides, et Poutine a les possibilités de faire plus mal encore à l’Europe. À quoi devons-nous nous attendre avec l’hiver qui s'annonce?

Soyons clairs: la hausse des prix n’est pas la conséquence d'un déficit de gaz ou de pétrole sur notre terre. Des mouvements importants, à la hausse ou à la baisse, sont généralement la conséquence d'un déséquilibre entre l'offre et la demande. Ont entraîné une progression de la demande: au début de cette année, le prix du gaz avait déjà augmenté en raison d'un hiver froid en Europe et en Asie. Les pouvoirs publics ont imposé ici et là de passer du charbon au gaz, entraînant une augmentation de la demande de gaz. La reprise rapide de l’économie après la COVID-19 a également dopé la demande.

Où se situe le problème du côté de l’offre? Les importations de LNG en Europe ont baissé dans la mesure où des chargements ont été déviés vers des régions et des marchés à prix plus élevés. Les importations en provenance de Russie, le principal importateur d’Europe, ont chuté sous le niveau d'avant-crise. On a ainsi également observé des perturbations dans la livraison de certains produits LNG. Pour terminer, les conditions climatiques n'étaient pas tellement favorables pour les sources d'énergies renouvelables cette année.

Nos spécialistes de l'énergie sont convaincus que les prix actuels sont un phénomène de nature temporaire et que nous serons de nouveau confrontés à des prix 'normaux’ l'an prochain. Il faut bien l’admettre, la clé pour l’évolution des prix à court terme est aux mains de la Reine Eau. En effet, les stocks sont suffisamment élevés pour répondre à une demande accrue. Il ne reste qu’à croiser les doigts pour avoir une eau douce. Les prix élevés sont souvent autodestructeurs; en d'autres termes, le consommateur modifiera son comportement et cela entraînera automatiquement une baisse de la demande. Vous et moi réduisons quelque peu le thermostat mais en Chine, on va plus loin. Là, les sociétés passent du gaz au charbon ou au pétrole. La hausse des prix entraîne aussi une nouvelle offre qui entend profiter des conditions de marché. Car en effet, on ne manque pas de gaz, il suffit juste que l'offre se reprenne. 

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Le billet vert garde ses couleurs

L’euro s’est déprécié le dernier jour de septembre pour s'établir à son plus bas niveau depuis juillet 2020 (1,157). Le support technique est ainsi rompu autour de 1,60. L'appréciation du dollar est due, pour l'essentiel, à la politique monétaire moins souple aux États-Unis. Il y a, en effet, une plus grande probabilité pour que l’on procède à un premier relèvement de taux en 2022. Le différentiel de taux entre les États-Unis et l’Europe a augmenté et, partant, le dollar s'apprécie. Le ‘greenback’ reprend aussi son rôle de valeur refuge. La préoccupation entourant la crise immobilière en Chine pousse les investisseurs vers le dollar.

L'économie reste sur le chemin de la croissance

L’économie reste sur la voie de la croissance, malgré tous les perturbateurs. L’OCDE a publié ses prévisions. Elle anticipe une reprise vigoureuse mais inégale à l'échelle mondiale. Inégale en ce sens que plusieurs pays qui sortent de la crise sont confrontés à des défis différents.

L'économie mondiale enregistrera une croissance de 5,7% en 2021 et de 4,5% en 2022. Le pic au niveau de l'inflation est presque atteint et il se normalisera dans le courant de 2022. L’OCDE estime que les déficits de l'offre dureront encore un certain temps et que les prix des matières premières demeurent actuellement supérieurs à la moyenne. En résumé: rien de neuf sous le soleil...

La Banque centrale européenne a également publié une mise à jour. Comme la reprise économique avance et que le marché du travail s'améliore, grâce au taux de vaccination élevé, l'institution de Francfort a relevé ses prévisions de PIB pour 2021 de 4,6% à 5%, et mise respectivement, pour 2022 et 2023, sur 4,6% et 2,1%.

Le chômage évolue également dans la bonne direction en Europe. Le marché du travail continue à se remettre. Les Pays-Bas et l’Allemagne sont les meilleurs élèves de la classe.

Evergrande... ou sera-ce Eversmall?

Le géant immobilier Evergrande est l'un de ces perturbateurs auxquels pensent les investisseurs. Ceci dit, les marchés se montrent moins étonnés, ces derniers jours, lorsque la société ne donne aucune nouvelle lors de l'une de ses échéances. ‘Too big to fail’ est un espoir vain mais en coulisses, les autorités chinoises gardent clairement les ficelles en main. La Chine est très active sur le marché monétaire et souhaite protéger le plus possible l'impact sur le secteur privé. La combinaison d'une surveillance publique plus stricte et d'une régulation du secteur technologique, d'une croissance économique plus lente, de confinements Covid stricts, d'une diminution de l’octroi de crédits et du refroidissement du marché immobilier, incite les investisseurs à davantage de prudence eu égard à cette région. Le règlement, même s’il se déroule de manière raisonnable, pèsera un certain temps sur le marché immobilier chinois intérieur mais il semble avoir peu d’impact sur le reste du monde.

Restons encore un peu en Chine. Xi Jinping n’a pas vraiment compris les cryptomonnaies. Une interdiction totale a été décrétée sur toutes les transactions en cryptomonnaie et sur le minage de cryptomonnaie. En outre, les Bourses d’outre-mer ne peuvent plus proposer de services aux investisseurs sur le continent via l’Internet.

En Chine, on a maintenant entamé la ‘Semaine d’or’. Une semaine de vacances au cours de laquelle on célèbre la fête nationale. Le Chinois dépense généralement beaucoup d'argent durant cette semaine. Espérons que cela marque le début d'une remontée de la Bourse chinoise.

Marchés d'actions: les corrections intermédiaires toujours limitées niveau temps et ampleur

Une nervosité accrue garantit un renforcement de la volatilité dans le marché. Jusqu’ici, les creux intermédiaires ont été de courte durée et les chasseurs de bonnes affaires n’ont pas la patience de rester sur la touche plus longtemps. Les graphiques commencent quand même à présenter quelques cassures ici et là. Les performances annuelles de la plupart des indices restent appréciables mais nous observons tout de même des différences remarquables. Ainsi, un AEX s'affiche toujours (fin septembre) à plus de 20% dans le positif tandis que le baromètre boursier suisse s'affiche à 9% de gain. Notre propre BEL20 pointe dans la moyenne européenne. Nous noterons qu'au sein de l’indice technologique américain Nasdaq, 20% des valeurs s'affichent déjà dans un marché baissier (>20% sous leur sommet).

Graphiques: bourses européennes et américaines

Allocation des actifs

Une fois la Covid sous contrôle, l’économie mondiale poursuit son ‘retour à la normale’. D'autant que maintenant que les taux augmentent, il y peu d'alternatives aux actions. Les cours record et un risque accru de ralentissement de la croissance nous incident néanmoins à la prudence à court terme.

Le retour à la normale soutient la croissance mais le pic est derrière nous. Le risque qu'une hausse de l’inflation et les problèmes immobiliers chinois accentuent le retard est réel. Nous anticipons des résultats d’exploitation robustes au troisième trimestre mais les analystes font tout de même preuve de prudence.

Le déséquilibre sur le marché de l'énergie a pour conséquence que la poussée inflationniste temporaire subsiste un peu plus longtemps.

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