Le monde en images: L’espoir d’une reprise économique durable augmente

Situation macroéconomique

1. États-Unis

L'économie américaine tourne à plein régime

C'est enfoncer une porte ouverte mais le PIB aux États-Unis augmente à vue d'œil. Le chiffre a été publié le 29 avril et le PIB a atterri sur une croissance de 6,4%. Le chiffre précédent s'élevait à 4,3% et un sondage de Reuters indiquait une croissance attendue de 6,1%.

Toutes ces statistiques sont bien entendu liées aux plans de relance du président américain: 900 milliards USD ont été approuvés en décembre 2020 et 1.900 milliards USD en mars 2021 (notamment des chèques de consommation pour chaque ménage américain). Le président Biden a ensuite annoncé son ‘American Jobs Plan’ à hauteur de 2.100 milliards USD:

Le président s’est adressé au congrès le mercredi 28 avril, annonçant encore un nouveau plan de 1 800 milliards USD, l’American Families Plan’. Ce montant devrait être destiné aux infrastructures et aux ménages percevant une revenu moyen à faible. L’American Jobs Plan et l’American Families Plan doivent toutefois encore être approuvés.

Compte tenu de toutes ces mesures de soutien et de la forte vaccination aux États-Unis, les macroéconomistes de KBC relèvent la croissance pour les États-Unis à 6,2% en 2021 et 3,8% en 2022.

Que disent les indicateurs?

  • La confiance des consommateurs du Conference Board montre clairement que les chèques que les ménages ont reçus sont accueillis favorablement. La confiance s'est nettement embellie: de 109,7 à pas moins de 121,7. Contrairement aux années précédentes, nous notons que les Américains épargnent davantage: nous l’avons constaté lors de la première recrudescence de la pandémie en mars 2020. Nous avons également pu le voir récemment en ce sens qu'une partie des chèques que reçoivent les ménages sont économisés. Le taux d'épargne est donc (de nouveau) en train d'augmenter, un phénomène très remarquable pour un pays de consommation comme les États-Unis.
  • Les ventes de détail reflètent également cette image positive de l’avenir. En février, l’humeur était à l’hésitation. Un record a par contre été aligné en mars: de 6,7% en base annuelle en février, nous sommes passés à 27,7.
  • Durant le mois écoulé, 916.000 nouveaux emplois ont été créés, le chômage baissant ainsi à 6%. En avril 2020, durant la pandémie, le chômage se montait à 14,8%. Ces 6% ne sont supérieurs que de 2,5% par rapport au niveau pré-Covid, ce qui est remarquable. L'amélioration du marché du travail réduit le risque de dommages économiques persistants qui impacteraient la croissance à long terme des États-Unis.

L'industrie américaine tourne toujours à plein régime

L'industrie américaine se porte particulièrement bien grâce à la confiance des consommateurs accrue et au fait qu'un soutien massif sera encore accordé à l’économie, assurément grâce aux travaux d’infrastructure.

  • La confiance des entrepreneurs de l’industrie manufacturière (PMI Manufactoring) a augmenté très légèrement: de 59 à 59,1%. Il s’agit toujours d'un niveau élevé. Une fois encore, nous avons observé une forte augmentation de l'indice de sentiment dans l'industrie manufacturière (ISM Manufactoring), de 60,8 à 64,7. Un plus haut a ainsi de nouveau été atteint, ce qui dénote un grand optimisme sur le marché.
  • Le PMI Services (services) a bondi en avril 2021 à un niveau record de 63,1, venant de 60,4 le mois précédent, et supérieur aux attentes du marché de 61,9, comme il ressortait d’une estimation précédente. Le nombre de nouvelles commandes a augmenté au plus haut niveau depuis qu'on a entamé la collection des données pour cette série en octobre 2009, portées par une nette progression des nouvelles commandes à l’exportation. Le nombre de commandes en cours a augmenté le plus rapidement depuis septembre 2020 et le rythme de la progression des emplois était le plus soutenu depuis novembre l’an dernier.

La Fed ne prolonge pas la règle sur le capital

Comme on s’y attendait, la banque centrale américaine a maintenu le taux directeur inchangé durant le mois d'avril. Il ressort également du procès-verbal de la Fed, qui a été publié le 7 avril, qu’elle observe des signes de reprise économique mais que le marché du travail paraissait trop atone. Mais ce procès-verbal concerne la réunion de mars. Depuis lors, nous avons vu que le marché du travail avait tenu la forme en avril. Cela ne fera que renforcer la confiance de la Fed dans l’économie.

Saison des résultats: meilleure qu’attendu

Aux États-Unis, la saison des résultats bat son plein. Les attentes étaient très ambitieuses mais les sociétés ont passé la barre sans aucune difficulté. Pas moins de 84% des sociétés qui ont publié leurs résultats ont battu les prévisions. Le secteur financier a enregistré plus d'un tiers de bénéfice en plus que ce que les analystes avaient avancé; les autres secteurs ont bondi de 20%. Si nous utilisons les prévisions des analystes pour les sociétés qui n'ont pas encore publié leurs résultats, la croissance bénéficiaire se monte à quelque 42%. Si les attentes sont battues au même rythme, une croissance bénéficiaire d’un petit 50% ne semble pas impossible. Tous les résultats ont été supérieurs de 10 à 15% par rapport à ce que l'on attendait avant le début des publications. Contrairement à ce qui se fait d’habitude, ces prévisions ont du reste été revues à la hausse dans le courant du trimestre. En Europe, la salve des résultats doit encore avoir lieu, et nous sommes curieux de voir si les performances seront du même acabit.

2. La Chine

La consommation chinoise explose

Examinons quelques indicateurs:

  • les ventes de détail continuent à s’envoler. La pandémie semble entièrement oubliée.
    Le Chinois continue à consommer (nous le constatons par exemple à la forte demande de produits de luxe, les sociétés de ce secteur alignant d’excellents résultats). Alors qu’en février, le chiffre s'élevait à 31,8% – ce qui était alors déjà un record – les ventes de détail ont continué d'augmenter à 34,2%. La consommation y est même plus élevée qu'avant la pandémie.
  • la confiance des consommateurs a augmenté à 127 et le niveau d’avant-pandémie a de ce fait été atteint (graphique du bas).

L'industrie chinoise prend une pause

Le PMI pour l’industrie manufacturière s’est inscrit à 51,1, alors qu'on attendait 51,8. La production industrielle a de ce fait baissé à 14,1, tandis que les économistes tablaient sur 18,0. Or, comme la consommation continue de bien se porter, nous observons que le PMI Services s'affiche à 54,3, alors que l'on attendait 52,1.

3. Zone euro

L'Europe reprend également confiance

En Europe continentale, tant la situation pandémique actuelle – plusieurs pays se trouvent toujours dans une forme légère ou non de confinement – que l’ampleur et la rapidité du soutien par la politique budgétaire sont moins favorables. Par rapport aux paquets budgétaires des États-Unis, l'ampleur du programme ‘Next Generation EU’ (750 milliards d’euros qui seront octroyés durant la période 2021-2023) est relativement modeste. Nous devons toutefois souligner que les mesures de relance budgétaire nationales en Europe ont joué un rôle nettement plus important que les mesures prises au niveau européen.

En revanche, ce qui est positif pour l’Europe, c'est que nous pouvons profiter des aides budgétaires ailleurs dans le monde. La zone euro, mais également la Chine, devraient pouvoir profiter d'une hausse supplémentaire de leur PIB de 0,25% à 0,5%.

Le consommateur en Europe commence à fixer ses espoirs sur la normalisation. Les ventes de détail suivent une ligne ascendante mais sont tout sauf positives (nous sommes passés de -5,2 à -2,9). Le dernier chiffre officiel date de février. Si nous observons les chiffres publiés pays par pays en avril, nous remarquons qu’en Allemagne, par exemple, les ventes de détail sont positives.

Nous constatons une amélioration plus nette encore dans la confiance des consommateurs qui est passée de -10,8 à -8,1.

L'industrie européenne connaît un meilleur mois

Nous observons toujours une divergence entre la confiance des entrepreneurs dans l'industrie manufacturière qui a réalisé un nouveau record en avril. La confiance des entrepreneurs dans le secteur des services renoue également avec la croissance, pour la première fois. Nous avons tout juste atteint la limite de 50. Cela signifie que le secteur des services se prépare à la réouverture des économies.

PMI industrie manufacturière

PMI services

Les marchés financiers

1. Bourses

États-Unis
La crainte d'une inflation et la hausse des taux à long terme qui en résulta était de courte durée. La hausse des prix était principalement liée au renchérissement de l'or noir. Les prix pétroliers ont déjà fortement chuté depuis, et les taux ont de ce fait également baissé. Le signe que le S&P500 américain allait battre un nouveau record. Le Nasdaq a été sujet à des prises de bénéfices étant donné que les valeurs technologiques ont reculé. Les actions des secteurs de l’énergie et financier ont profité du retour attendu à une normalisation au second semestre.

Les Bourses européennes ont affiché une notation quasiment inchangée.

Les marchés émergents opèrent peu à peu une manœuvre de rattrapage après la baisse du mois dernier.

2. Marchés obligataires

Avec le taux de vaccination qui augmente dans les pays développés, la foi dans une reprise économique durable augmente également. Dans ce contexte, les investisseurs sont dès lors prêts à relever la part des actifs risqués dans leurs portefeuilles d'investissement.

Les obligations d'entreprises sont devenues plus chères le mois dernier. Les obligations de qualité moindre, surtout, ont connu un très bon mois. Les écarts de taux des obligations high yield se sont réduits et s'affichent actuellement à leur plus bas niveau depuis les cinq dernières années.

Sur le marché des obligations d’État, nous noterons surtout la baisse des taux américains. Les taux américains à dix ans ont reflué de dix points de base et s'affichent désormais à 1,63%.

Par contre, les taux allemands ont augmenté de six points de base, à -0,25%. Les écarts de taux entre l’Allemagne et les autres pays de la zone euro ont augmenté pour la première fois cette année. Les investisseurs tablent sur une reprise de l’économie à deux vitesses. Les pays périphériques comme l’Italie, l’Espagne et la Grèce devraient peiner à égaler le sprint de croissance allemand.

En ce qui concerne les devises, la livre turque et le rouble russe, surtout, ont connu un très mauvais mois. La couronne norvégienne a rebondi sous l’influence d’une hausse des prix pétroliers et la prévision d'un durcissement de la politique monétaire. Le cours EUR/USD a évolué de manière plutôt latérale le mois dernier.

Allocation des actifs

Compte tenu de ce qui précède, nos macroéconomistes se montrent de plus en plus optimistes dans leurs prévisions économiques pour 2021.

Un retour à une normalisation de l’économie au second semestre 2020 nous pousse encore à privilégier les actions cycliques. Ceci dit, nous portons également une attention aux actions non cycliques (les Biens de consommation de base) étant donné qu’elles profiteront aussi de la réouverture de l’économie (surtout l’horeca). Nous avons légèrement réduit les technologies de l'information. Au sein de la zone euro, nous privilégions les Small & Midcaps.

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La présente publication est une interprétation générale de la situation économique actuelle et ne peut être considérée comme un conseil en investissement, une recommandation d’investissement dans les instruments financiers décrits ou une proposition de stratégie d’investissement. Dans certains cas, la présente publication peut toutefois renvoyer vers des recommandations d’investissement d’autres entités du groupe KBC et comporter des résumés de ces mêmes recommandations. 
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