Le monde en images: Taux de croissance à la hausse

Situation macroéconomique

1. États-Unis

L'économie américaine confirme à nouveau son accélération

Portée par une consommation privée qui a bénéficié du soutien des pouvoirs publics (cf. les différents plans du président Biden), l'économie américaine a démarré 2021 sur les chapeaux de roues. Le déploiement rapide des vaccins et la réouverture de l'économie permettent d'espérer une forte reprise au deuxième trimestre.

Que disent les indicateurs?

  • La confiance des consommateurs (Université du Michigan) a chuté à 82,8, alors que le marché tablait sur 90,4. Cette baisse s'explique par la crainte du retour de l'inflation. Aux États-Unis, l'inflation a grimpé au-delà de 4%. Craignant des hausses de prix, les consommateurs pourraient ajuster leur comportement d'achat en conséquence, ce qui explique le recul de la confiance.
  • Les ventes au détail ont connu une forte reprise le mois dernier, un sommet historique (voir graphique sur 10 ans). Cela s'explique par le taux de vaccination élevé aux États-Unis, qui a permis la réouverture de l'économie dans les différents États et encourage les consommateurs.
  • Le marché du travail s'est montré moins performant que prévu. Divers économistes misaient sur près d'un million d'emplois créés (978 000), alors que les États-Unis ont dû se contenter de 266 000 emplois. Le taux de chômage est en revanche retombé à 6,1%.

L'industrie américaine continue de tourner à plein régime

  • En mai, la confiance dans l'industrie manufacturière (PMI Manufactoring) a atteint un nouveau record en s'établissant à 61,5, dépassant ainsi les prévisions du marché qui tablait sur 60,2, et ce, en raison d'un accroissement de la demande des clients. Les nouvelles commandes ont également augmenté à un rythme record, tandis que la croissance de la production s'est accélérée malgré la nette détérioration des performances des fournisseurs consécutive à une activité limitée. Les stocks se sont ensuite accumulés au rythme le plus élevé jamais enregistré, les entreprises étant freinées par des pénuries de matières premières. Dans le même temps, le coût des intrants s'est accru à un rythme sans précédent depuis juillet 2008.
  • L'indice PMI des services (confiance des entreprises dans les services) a, selon une estimation préliminaire, grimpé à 70,1 en mai 2021, contre 64,7 le mois précédent, soit un niveau largement supérieur aux prévisions du marché (64,5). Les chiffres les plus récents montrent la plus forte expansion depuis le début de la collecte des données pour la série en octobre 2009, celle-ci s'expliquant par le raffermissement de la confiance des clients et la réouverture des entreprises non essentielles. La croissance des nouvelles commandes s'est accélérée pour devenir la plus rapide jamais enregistrée, les nouvelles activités d'exportation ayant enregistré la hausse la plus marquée depuis août 2020, tandis que le rythme de la croissance de l'emploi est resté solide.

Sur la base des paramètres ci-dessus, nos macroéconomistes ont relevé la croissance du PIB de 6% à 6,5% pour 2021 et de 3,7% à 4,0% pour 2022. 

2. La Chine

Les chiffres du PIB chinois confirment la reprise et la normalisation de l'économie intérieure. La croissance a atteint pas moins de 18,3% au premier trimestre, contre un recul très marqué lors du confinement du premier trimestre 2020. Nos macroéconomistes pensent que la croissance restera vigoureuse, mais ils constatent un recul de la croissance du crédit. Sur cette base, les prévisions de croissance du PIB pour 2021 ont été ramenées de 8,5% à 8,3%.

La consommation chinoise résiste bien

  • Les ventes au détail ont diminué. Il s'agit d'une réaction normale après leur envolée des trois derniers mois. Par rapport aux périodes précédentes, le chiffre de 17,7% est encore très élevé.
  • La confiance des consommateurs a également baissé, mais elle reste très vigoureuse.

Nouvelle confirmation de l'industrie chinoise

  • L'indice PMI manufacturier (confiance des entreprises dans l'industrie manufacturière) a grimpé en avril 2021 à 51,9, son plus haut niveau en quatre mois, contre 50,6 un mois plus tôt, un niveau supérieur à celui de 50,8 estimé par le marché. Tant la production que les nouvelles commandes ont enregistré leur plus forte hausse depuis décembre de l'année dernière, alors que les exportations ont augmenté pour le deuxième mois consécutif et que le rythme d'expansion s'est accéléré. L'emploi a également progressé, après s'être contracté pendant quatre mois consécutifs, et le volume des achats a réalisé la plus forte hausse en quatre mois. Dans le même temps, les délais de livraison des fournisseurs se sont davantage enfoncés dans le rouge par suite de retards logistiques.
  • La confiance des entreprises du secteur des services (PMI des services) a grimpé en avril 2021 de 54,3 le mois précédent à 56,3, son plus haut niveau en quatre mois. Cela s'explique par l'endiguement réussi de la COVID-19 et par une nouvelle amélioration de la demande. Les nouvelles commandes ont atteint leur rythme de croissance le plus rapide depuis novembre de l'année dernière en raison d'un regain d'activité à l'exportation, tandis que l'emploi a encore progressé, affichant son rythme de croissance le plus soutenu en cinq mois. Pendant ce temps, les indicateurs de prix se sont maintenus à un niveau élevé et la pression inflationniste s'est renforcée, les coûts des intrants augmentant plus rapidement en raison de la hausse des coûts du personnel et des matières premières. Les coûts de production ont également augmenté, mais dans une moindre mesure que les coûts des intrants. Pour l'avenir, la confiance est restée historiquement élevée, bien que le niveau de sentiment positif ait légèrement baissé par rapport à son niveau record d'il y a huit ans en mars.

3. Zone euro

L'Europe doute aussi

Dans l'édition précédente, nous écrivions que 2021 avait commencé en mode mineur. Cela a été confirmé le mois dernier: l'économie de la zone euro a reculé de 0,6% au cours des trois premiers mois par rapport au quatrième trimestre 2020. La prolongation des mesures de confinement a fait des ravages.  De grandes différences sont observées entre pays européens: l'Espagne et l'Italie ont accusé une baisse de 0,5%, tandis que l'Allemagne, en raison d'une consommation décevante, a plongé dans le rouge à -1,7%. La France a quant à elle signé une croissance de 0,4%.  Nos macroéconomistes ont abaissé leurs perspectives de croissance européenne de 4% à 3,9%.

Les ventes au détail ont été la surprise du mois en Europe. Alors que le consommateur se serrait la ceinture, des résultats solides ont été enregistrés en avril grâce au coup de pouce de l'élargissement de la couverture vaccinale dans les pays de la zone euro.

La confiance des consommateurs continue également de s'améliorer:

L'industrie européenne connaît un meilleur mois

Les entreprises européennes ne peuvent pas répondre à la demande, ce qui engendre des hausses de prix. Parmi les indicateurs PMI, nous constatons que les nouvelles commandes sont à leur plus haut niveau depuis 2006 et que les carnets de commandes sont bien remplis.  Les entreprises européennes voient leurs stocks diminuer à un rythme record et, malgré une augmentation de l'emploi, elles déplorent des postes vacants. Dans le même temps, les chaînes de production toujours perturbées provoquent un allongement sévère des délais de livraison.

Contrairement aux mois précédents, le PMI des services a effectué un mouvement de rattrapage de 50,5 à 55,1, tandis que le PMI manufacturier s'est maintenu à un niveau élevé (62,8).  La réouverture des économies européennes en est, bien sûr, l'élément central. Les mesures anti-Covid européennes prises en mai n'ont jamais été aussi légères depuis octobre dernier. 

PMI Services

Les marchés financiers

1. Bourses

États-Unis
Après le plongeon imputable à la crainte de l'inflation, nous constatons que les Bourses se sont redressées. La Bourse technologique (Nasdaq) reste à la traîne car les investisseurs fuient actuellement les valeurs de croissance au profit des noms plus défensifs.

Les Bourses européennes ont été privilégiées par divers gestionnaires de fortune. La levée progressive des confinements et l'élargissement de la couverture vaccinale ont engendré un rattrapage des marchés européens.

Les marchés émergents évoluent latéralement. La Chine s'est totalement remise de la pandémie et voit son économie s'accélérer fortement. La pandémie fait encore rage dans les pays d'Amérique du Sud ainsi que dans ceux de la périphérie asiatique (tels que l'Inde).

2. Marchés obligataires

Mai 2021 a été un mois très calme pour les revenus fixes. Tant le taux 'sûr' des obligations d'État que celui des obligations d'entreprises sont restés plus ou moins stables.

Le thème central pour les marchés reste l'évolution de l'inflation. Il est indéniable que la pression haussière sur les prix du transport par conteneurs, des matières premières et des semi-conducteurs reste très forte, mais depuis deux semaines, nous constatons un lent revirement. L'un des indicateurs suivis de près par le marché est le 'Baltic Dry Index' (un indice des prix du transport de conteneurs par bateau). Après avoir bondi de 130% au cours des 4 premiers mois de 2021, cet indice a chuté de 20% depuis son sommet de début mai.

Les propos rassurants des banques centrales mondiales sur le caractère temporaire de la pression inflationniste sur les prix ont ramené le calme sur les marchés obligataires.

Pendant ce temps, l'économie sous-jacente conserve la forme. Les taux de croissance de cette année sont systématiquement révisés à la hausse et le risque de faillite des entreprises continue de diminuer.

Sur les marchés des devises, on retiendra surtout les piètres performances de la livre turque et les exploits du rand sud-africain. Le taux EUR/USD continue de fluctuer de manière stable autour du niveau de 1,22. Les banques centrales tiendront plusieurs réunions importantes en juin. Il reste à voir si cela renforcera la volatilité.

Allocation des actifs

Compte tenu de ce qui précède, nos macroéconomistes se montrent un peu plus optimistes dans leurs prévisions économiques pour 2021.  Nous continuons à surpondérer légèrement les actions et à sous-pondérer les obligations. Sur le plan géographique, nous augmentons l'Europe par des actions de grande capitalisation.

Les marchés financiers ont réagi positivement à la normalisation de l'économie. Nous pensons qu'ils ont déjà pris de l'avance sur cette normalisation et nous sommes devenus un peu plus prudents dans la composition sectorielle. Nous augmentons la position dans les biens de consommation de base et réduisons quelque peu les matières premières. La technologie recèle encore du potentiel, mais nous nous montrons plus sélectifs dans nos choix. Nous réintégrons également des actions de qualité du secteur pharmaceutique.

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