Le monde en images: l'alphabet grec

analist Aandelen&Opties KBC Private Banking&Wealth

Qui aurait pu prédire la situation actuelle au début de cette année? Personne! Les vaccins sont arrivés et nous avons connu quelques mois difficiles avant que la majorité de la population ne soit vaccinée et que nous retrouvions la liberté. Or, les choses prennent semble-t-il une autre tournure. L'histoire nous enseigne qu'il n'est pas facile de juguler un virus et l'arrivée du variant Omicron attise à nouveau la nervosité. Espérons que nous ne devrons pas passer tout l'alphabet grec en revue pour triompher du virus. Il apparaît cependant peu à peu que la Covid et ses mutations risquent de longtemps régir nos vies.

Mais qui aurait pu prédire une année boursière aussi faste dans de telles conditions? Les graphiques commencent à révéler quelques fêlures, mais quel parcours malgré tout! Un rallye de fin d'année est sans doute peu probable, mais en début d'année, tous les investisseurs auraient signé sans hésiter pour de telles performances. Les incertitudes et les doutes sont cependant légion et l'évolution de la pandémie n'est pas le seul motif d'inquiétude pour les investisseurs. La flambée des prix de l'énergie pénalise les entreprises et les consommateurs, la crainte de l'inflation salariale est bien présente et la chaîne d'approvisionnement reste sous pression. La quatrième vague de la pandémie de coronavirus met le système de santé sous pression, mais en l'absence (pour l'instant) de mesures de confinement strict, l'impact sur l'activité économique reste limité jusqu'ici. Néanmoins, le doute gagne le marché depuis plusieurs semaines: peu à peu, les interrogations prennent le pas sur l'espoir. Certains secteurs, comme celui des voyages, se trouvent à nouveau en mauvaise posture. Le nombre de passagers aériens internationaux aux États-Unis équivaut actuellement à son niveau d'il y a 20 ans, soit la moitié de son niveau antérieur à la pandémie.

Graphiques: évolution de la vaccination contre le Covid-19 et évolution du nombre de passagers aériens internationaux aux USA

Volatilité du prix du pétrole

Même si le prix du pétrole est retombé depuis son niveau le plus élevé en trois mois, le renchérissement de l'énergie reste défavorable aux entreprises et aux consommateurs. Le président Biden pensait avoir le remède en décidant de libérer une partie des réserves de pétrole pour faire pression sur le prix. L'Américain moyen est en effet très sensible au prix à la pompe. Les États-Unis vont ainsi libérer 50 millions de barils de pétrole. D'autres pays comme la Chine, l'Inde et le Japon leur ont emboité le pas, mais de manière plus limitée. Toutefois, le passé nous enseigne que ces interventions ont généralement un effet limité sur le prix du pétrole. En agissant de la sorte, ces pays naviguent à contre-courant de l'OPEP+. Ils risquent de renvoyer aux calendes grecques la normalisation de la production et la décision américaine pourrait avoir l'effet inverse, soit une hausse du prix du pétrole. Si la pandémie met à nouveau l'économie mondiale sous pression, le prix du pétrole pourrait en revanche diminuer.

Le marché attendait avec impatience la réunion de l'OPEP+ du 2 décembre. L'alliance a confirmé un accroissement de la production en janvier. Par jour, la production mondiale est augmentée de 400.000 barils. La décision peut cependant être révisée à tout moment, surtout si le nouveau variant du coronavirus a un impact marqué sur l'économie mondiale et réduit la demande de pétrole. Une augmentation permanente de la production n'est donc pas garantie. Le prix du pétrole a réagi assez vivement à cette annonce, mais s'est ensuite redressé rapidement.

Graphiques: évolution prix du pétrole et évolution de l'inflation en Allemagne et USA

L'inflation reste préoccupante

Jusqu'il y a peu, les banques centrales estimaient que l'inflation élevée était transitoire, en se fondant sur l'inflation des prix de l'énergie et le déséquilibre entre l'offre et la demande pendant la reprise économique. Dans le courant de l'année prochaine, l'inflation devrait se normaliser en direction des objectifs des banques centrales. La situation reste cependant intenable. La Réserve fédérale a été la première à virer de bord. Devant une commission du Sénat, Jerome Powell a indiqué que le terme 'transitoire' était banni. Les risques d'une inflation persistante sur une plus longue période se sont en effet intensifiés. Les banquiers centraux américains voient il est vrai l'inflation diminuer en 2022, mais moins que prévu initialement. Si cela ne tenait qu'à Jerome Powell, le tapering pourrait passer la vitesse supérieure: en d'autres termes, la réduction des mesures de soutien pourrait être accélérée. Cela signifie qu'aux aux États-Unis, une hausse des taux pourrait survenir plus tôt que prévu.

À la Banque centrale européenne, c'est jusqu'ici le calme plat. Christine Lagarde reste sur ses positions. Elle maintient que l'inflation est causée par les déficits et que les ajustements de la politique monétaire ne seraient perceptibles qu'après plusieurs mois. Elle ne peut cependant pas ignorer l'inflation galopante. Même si l'on fait abstraction du coût astronomique de l'énergie, l'inflation de base est largement supérieure à l'objectif de 2%. Le marché voit les choses autrement. Les futures révèlent que le marché table sur un premier relèvement de taux en Europe en 2022. L'évolution de la pandémie sera bien entendu déterminante. De nouvelles mesures de soutien et donc des taux peu élevés seront-ils nécessaires? 

L'économie américaine reste vigoureuse

Pendant ce temps, le marché du travail américain tient la forme. Le virus fait moins de ravages outre-Atlantique qu'en Europe. Aux États-Unis, nous constatons une baisse du taux de chômage et de solides créations d'emplois. À 4,6%, le taux de chômage n'est plus très loin de son plancher de 3,5% (début 2020). L'on recense cependant toujours 4,7 millions d'emplois de moins qu'avant la pandémie. Un marché du travail trop étriqué pourrait attiser davantage l'inflation/les craintes d'inflation. Jusqu'à présent, l'inflation élevée a été principalement imputée à l'augmentation des prix de l'énergie et aux goulets d'étranglement de la chaîne d'approvisionnement, mais l'inflation des salaires est à éviter

Graphiques d'illustration

L'indice ISM pour le secteur des services a montré que l'économie américaine se portait bien. Il a atteint un niveau record de 66,7 points, dépassant ainsi largement les attentes. Le secteur des services constitue la plus grande partie de l'économie et est le moteur de la croissance économique malgré les pénuries de main-d'œuvre et les problèmes d'approvisionnement. Tout n’est cependant pas rose pour autant. L'indicateur du Michigan mesurant la confiance des consommateurs est tombé en novembre à son plus bas niveau en 10 ans. L'impact de l'accélération de l'inflation sur le niveau de vie commence à se faire sentir. Mais cela n'empêche pas l'argent de continuer à circuler. Les ventes au détail ont étonnamment augmenté de 1,7%.

La solidité des données macroéconomiques aux États-Unis contribue à convaincre que le marché du travail est suffisamment résilient pour résister à la normalisation de la politique. Le rapport sur le marché du travail a montré une forte augmentation de l'emploi pour le troisième mois consécutif. Le secteur des services génère l'essentiel des créations d'emplois.

En Europe, les choses évoluent un peu plus lentement. Le taux de chômage continue également de baisser et le niveau de 7,1% antérieur à la crise se profile progressivement. La Banque centrale européenne ne se laisse pas démonter et Christine Lagarde a souligné qu'un relèvement de taux n'était pas prévu avant 2023. La présidente de la BCE ne veut pas renforcer la pression sur le pouvoir d'achat, déjà mis à mal par le renchérissement de l'énergie.

L'OCDE est préoccupée

L'OCDE prévoit un ralentissement considérable de la croissance économique mondiale l'année prochaine. Le coupable? La pandémie, bien entendu. Cette année, la croissance devrait rester honorable (5,6%), mais l'an prochain, l'économie mondiale devrait se ralentir considérablement. L'OCDE estime que le taux de croissance sera de 4,5% en moyenne et qu'il sera encore plus faible en 2023 (3,2%). Dans ces prévisions, l'OCDE n'intègre pas encore les derniers développements du virus et il reste à voir comment et quand les problèmes auxquels les entreprises sont confrontées ces jours-ci seront résolus. La pénurie de matières premières et de composants affecte particulièrement les entreprises manufacturières. Outre l'industrie automobile et les fabricants d'électronique, l'industrie chimique s'en ressent également. L'OCDE recommande une vaccination mondiale, qui ne représenterait qu'une fraction du coût total de l'aide économique.

Évolution des Bourses

Malgré l'intensification de la volatilité et les doutes régnant sur le marché, on peut encore parler d'une année exceptionnelle pour les marchés d'actions. Alors que la question qui se pose généralement à cette époque est de savoir si un rally de fin d'année se profile, l'on se demande aujourd'hui plutôt si l'on va pouvoir conserver les rendements dégagés. En Europe, le CAC 40 français et l'AEX néerlandais restent parmi les plus performants. Notre BEL 20 se situe dans la moyenne inférieure. Le DAX n'occupe pas non plus - assez étonnamment peut-être - la tête du peloton. La Chine n'a définitivement pas été 'the place to be' cette année.

Graphiques d'illustration

Allocation des actifs

Le variant Omicron appelle à la vigilance

  • Les Bourses craignent le nouveau variant
    • Encore trop peu d'informations sur les caractéristiques du variant Omicron
    • Impact sur l'économie et les Bourses
    • Quelques éléments à surveiller dans les semaines à venir
  • Le scénario économique reste inchangé pour le moment
    • Des données économiques solides aux États-Unis: la Fed envisage même d'accélérer la normalisation 
    • Un peu plus de restrictions dans la zone euro, mais les confinements stricts restent limités
    • Chaque vague entraîne un peu moins de dommages économiques
  • Une réduction limitée des actions, mais la vision reste neutre
Visuel d'illustration

Marchés à revenu fixe en novembre

Le mois dernier, un nouveau variant du coronavirus a fait son apparition. L'Omicron a fait l'effet d'une douche froide sur les marchés financiers, qui sont repassés en mode 'risk-off'.

La volatilité boursière a de nouveau explosé après des mois de torpeur. Un bon exemple en est l'indice VIX, une mesure de la volatilité de l'indice boursier S&P 500, qui est passé de 16 début novembre à 31 actuellement, son niveau le plus élevé de l'année écoulée.

Les actifs à risque ont été vendus. Sur le marché des obligations d'entreprises, les obligations à haut rendement ont connu un mois particulièrement difficile. Les spreads de crédit se sont creusés de 40 points de base dans la zone euro et de 50 points de base sur le marché américain. Le spread de crédit des obligations d'entreprises les plus solvables a également augmenté d'environ 20 points de base. Dans ce segment de marché également, la volatilité s'est pour la première fois depuis longtemps sensiblement renforcée le mois dernier.

Les obligations d'État ont fait honneur à leur statut de valeur refuge. Les taux à long terme, tant américains qu'européens, ont fortement baissé.

La crainte d'une période prolongée d'inflation élevée a entraîné l'aplatissement des courbes de taux. Les taux à court terme subissent en effet une pression haussière liée à la crainte d'une accélération des relèvements de taux pour enrayer le dérapage de l'inflation. C'est surtout le cas aux États-Unis, où Jerome Powell a annoncé une  inversion plus rapide de la politique monétaire. Le président de la Réserve fédérale a effectué la semaine dernière un virage à 180 degrés, qui a entraîné une hausse de 14 points de base du taux des emprunts d'État à deux ans en novembre.

Les attentes d'un resserrement de la politique monétaire aux États-Unis ont stimulé le dollar, qui s'est considérablement apprécié le mois dernier.

D'autres monnaies refuge, comme le franc suisse et le yen japonais, ont également été recherchées.

À l'autre extrémité du spectre, les monnaies plus cycliques, telles que la couronne norvégienne et le dollar australien, se sont sensiblement dépréciées.

Toutefois, le perdant du mois est une fois de plus la livre turque, qui a atteint un nouveau plancher tant par rapport au dollar que face à l'euro. Tant que le président Erdogan continue d'encourager une politique monétaire peu orthodoxe, aucune amélioration n'est à prévoir.

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