Le monde en images: L'économie européenne reprend confiance

Situation macroéconomique

1. États-Unis

L'économie américaine signe un bon trimestre

Nos macroéconomistes prévoient une reprise encore plus forte aux États-Unis compte tenu de la rapide progression de la vaccination et de l'approbation du plan budgétaire de 1.900 milliards USD.

L'économie américaine a commencé l'année 2021 en force, avec une hausse des dépenses de consommation et un regain de confiance des entreprises. Le marché du travail a continué de s'améliorer, même s'il a encore des défis à relever.

Que disent les indicateurs?

  • La confiance des consommateurs (Université du Michigan) a fortement augmenté pour s'établir à 91,5, faisant ainsi mieux que prévu (88,3). Ce chiffre est basé sur une enquête et donne une idée de la tendance de la consommation dans les mois à venir. Il est évident que les consommateurs ont une vision plus radieuse de l'avenir qu'il y a quelques mois grâce aux progrès de la vaccination. Le chèque de 1.400 USD octroyé à tous les membres des ménages permet également d'envisager l'avenir avec optimisme.
  • Les ventes au détail ne reflètent pas encore ces perspectives positives. Cela s'explique par le fait que les chiffres ont un mois de retard. L'année a démarré sur les chapeaux de roue avec une croissance de près de 10%, qui est retombée à 6,3% en février, un chiffre encore solide, surtout si on le compare à celui de l'année précédente.
  • La surprise majeure est venue du marché du travail le mois dernier. Les économistes américains tablaient sur 166.000 créations d'emplois: au final, elles sont au nombre de 379.000, soit plus du double de ce qui était prévu (182.000). La plupart des emplois ont été créés dans les secteurs des loisirs et de l'horeca. Le taux de chômage a légèrement diminué: il est retombé de 6,3% à 6,2%.

L'industrie américaine continue de tourner à plein régime

Grâce à la confiance accrue des consommateurs et au fait que le chèque de 1.400 USD sera utilisé, l'industrie américaine tourne déjà à plein régime.

  • L'indice PMI dans l'industrie manufacturière (PMI Manufactoring) est resté stable à 59 (contre 59,2 le mois dernier). La plus forte hausse concerne l'indicateur ISM pour l'industrie manufacturière. Cet indicateur du sentiment, qui jette un regard sur l'avenir, a atteint son plus haut niveau en trois ans. La tendance baissière observée le mois dernier s'est clairement inversée: l'indicateur ISM est passé de 58,7 à 60,8.
  • L'indice PMI des services se maintient également à un niveau élevé (59,8 le mois dernier, 60 en mars).
  • Nous observons les premiers résultats du rebond économique dans les commandes d'usines. Celles-ci sont passées de 1,6% le mois dernier à 2,6% en mars, alors que les prévisions étaient de 2,1%. Le constat est encore plus évident dans l'indice de la Fed de Philadelphie, qui a grimpé de 23,1 à 51,8. L'indice de la Fed de Philadelphie est considéré comme un baromètre de l'économie américaine dans son ensemble.

Sur la base des paramètres ci-dessus, nos macroéconomistes ont relevé la croissance du PIB de 5,2% à 6% pour 2021 et de 3,5% à 3,7% pour 2022. Les États-Unis devraient retrouver les niveaux antérieurs à la pandémie plus rapidement que les autres économies développées (abstraction faite de la Chine) (deuxième trimestre 2021).

La Fed ne prolonge pas la règle sur le capital

La Banque centrale américaine ne prolonge pas la règle spéciale sur le capital qu'elle avait introduite dans le contexte de la pandémie. Cette règle imposait aux banques de détenir moins de capital en obligations d'État et autres actifs, celles-ci conservant ainsi une plus grande marge de manœuvre pour prêter suffisamment d'argent aux entreprises et aux particuliers touchés par la pandémie.

2. La Chine

La consommation chinoise explose

Examinons quelques indicateurs:

  • Les ventes au détail ont explosé ces derniers mois (selon les dernières données): elles ont grimpé de 4,6% en base annuelle en décembre à 31,8% en février, un niveau encore plus élevé qu'avant la pandémie. Le nouvel an chinois qui a permis un mouvement de rattrapage constitue une partie de l'explication.
  • La confiance des consommateurs a également augmenté, atteignant un niveau plus élevé qu'en mars 2020.

Nouvelle confirmation de l'industrie chinoise

Le dernier jour du mois, la Chine a publié ses indicateurs de confiance. Comme la consommation et l'économie tournent à plein régime, ces résultats sont également très positifs. L'indice PMI manufacturier est passé de 50,6 à 51,9. L'indice PMI des services a bondi de 51,4 à 56,3. Les entreprises chinoises ont donc une vision très positive de l'avenir.

3. Zone euro

L'Europe reprend également confiance

Dans la zone euro, l'économie a commencé l'année 2021 en mode mineur, mais une amélioration se profile, selon divers indicateurs. Les perspectives de vaccination dans les différents pays jouent un rôle déterminant sur le PIB. La révision des chiffres du PIB dans plusieurs pays européens a amené nos macroéconomistes à ajuster leurs estimations de croissance. Ils ont révisé leur estimation de la croissance de 3,8% à 4,1%.

Les ventes au détail sont également restées médiocres au mois de mars, avec une baisse de 6,4%. Cette morosité est imputable aux confinements, mais aussi à un certain nombre de problèmes spécifiques, tels que la hausse de la TVA en Allemagne et la suppression des périodes de soldes dans les pays voisins. Le déploiement de la vaccination et la normalisation de l'économie alimentent la confiance des consommateurs. L'indicateur de confiance des consommateurs est passé de -14,8 à -10,8.

L'industrie européenne connaît un meilleur mois

Nous constatons toujours une divergence entre la confiance des entreprises dans l'industrie manufacturière, qui a affiché un chiffre surprenant au cours du mois de mars: nous attendions 57,7, mais avons atteint 62,4 (le chiffre précédent était de 57,9). Ceci contraste avec le PMI des services qui reste inférieur au seuil de 50. L'indice PMI des services a grimpé de 45,7 à 48,8, mais cela est insuffisant pour qu'il y ait croissance.

PMI industrie manufacturière

PMI services

La résilience de l'industrie devrait continuer à atténuer l'impact négatif de l'apathie du secteur des services sur la croissance économique au cours de la période à venir. Dans ce contexte, nos macroéconomistes s'attendent à ce que la croissance du PIB réel tourne autour de zéro au premier trimestre, avant une véritable reprise au deuxième trimestre.

Les marchés financiers

1. Bourses

États-Unis
La hausse des taux d'intérêt liée à la crainte de l'inflation a provoqué une correction sur les marchés financiers. Les valeurs de croissance, y compris les valeurs technologiques, en ont fait les frais. Vers la fin du mois, les marchés ont amorcé un redressement.

Les Bourses européennes n'ont pas connu la correction subie par Wall Street. Il y a deux raisons à cela:

  • L'absence de valeurs technologiques majeures
  • La crainte liée aux taux d'intérêt a concerné les États-Unis plus que l'Europe.

Les marchés émergents ont également accusé une baisse. La Bourse chinoise n'a pas non plus échappé à la rotation sectorielle. La nouvelle détérioration de la situation en Amérique latine (et surtout au Brésil) imputable à la pandémie a provoqué une deuxième vague de ventes. Aucun redressement n'est observé jusqu'ici.

2. Marchés obligataires

Tous les investisseurs ont eu les yeux tournés vers le marché des obligations (d'État) américaines le mois dernier. L'économie américaine se relève plus rapidement que prévu de la contraction de la croissance provoquée par la pandémie de coronavirus. La progression rapide de la vaccination et le vaste plan de relance fiscal et monétaire font craindre à de nombreux investisseurs une poussée inflationniste. Cela a provoqué une forte hausse des taux des obligations d'État américaines. Le taux à 10 ans a augmenté de 34 points de base le mois dernier et flirte actuellement (fin mars 2021) avec le niveau de 1,75%.

Dans le même temps, la courbe des taux s'est raidie. Les obligations affichant des durées comprises entre 5 et 10 ans se sont montrées particulièrement peu performantes.
Bien que la Réserve fédérale ait assuré qu'elle jugeait la poussée inflationniste temporaire, cela n'a pas empêché les investisseurs de vendre massivement leurs obligations.
En Europe, les taux des obligations d'État ont suivi le mouvement, bien que de manière beaucoup moins prononcée. Le taux à 10 ans allemand a augmenté d'à peine 5 points de base.

Sur le marché des obligations d'entreprises, les différentiels de crédit sont restés pratiquement stables tant en Europe qu'aux États-Unis. L'amélioration des perspectives de croissance économique et la politique monétaire accommodante maintiennent les différentiels de crédit à des niveaux historiquement bas.

La période a été moins favorable aux pays émergents. La vigueur du dollar a provoqué une rotation des actifs vers les marchés plus développés, les États-Unis en tête. Sur le front des devises, le dollar s'est très bien comporté, suivi par certaines devises d'Amérique latine bénéficiant de la hausse des prix des matières premières.
La livre turque a subi de nouveaux revers lorsqu'il est apparu que le président Erdogan avait limogé son banquier central pour sa trop grande rigueur (c'est-à-dire son orthodoxie monétaire): elle est actuellement proche de son plus bas historique.

Allocation des actifs

Compte tenu de ce qui précède, nos macroéconomistes se montrent un peu plus optimistes dans leurs prévisions économiques pour 2021.

Une normalisation de l'économie au second semestre 2020 nous incite à nous montrer plus cycliques. Sur le plan sectoriel, nous sommes devenus plus optimistes à l'égard de l'énergie en mars. Nous restons également légèrement surpondérés dans les valeurs industrielles, les matériaux, les services de communication et les valeurs financières. En ce qui concerne les technologies de l'information, nous adoptons un positionnement neutre.

Vous souhaitez plus d’informations sur nos services CBC Private Banking? N’hésitez pas à demander une première entrevue sans engagement.

Prendre rendez-vous

Disclaimer

La présente publication est une interprétation générale de la situation économique actuelle et ne peut être considérée comme un conseil en investissement, une recommandation d’investissement dans les instruments financiers décrits ou une proposition de stratégie d’investissement. Dans certains cas, la présente publication peut toutefois renvoyer vers des recommandations d’investissement d’autres entités du groupe KBC et comporter des résumés de ces mêmes recommandations. 
Les informations contenues dans cette publication peuvent être réutilisées à condition d’en faire la demande et que KBC donne son accord explicite. La réutilisation doit dans tous les cas se limiter aux informations textuelles. Les informations contenues dans cette publication sont fondées sur des sources jugées fiables par KBC Bank. Leur exactitude, leur exhaustivité et leur caractère actuel ne sont toutefois pas garantis. Il ne peut être garanti que les scénarios, risques et prévisions présentés reflètent les perspectives du marché, ni qu’ils seront corroborés par la réalité.  Ni KBC Groupe SA ni aucune autre société du groupe KBC (en ce compris tous leurs préposés) ne peuvent être tenus responsables des conséquences dommageables résultant directement ou indirectement de l’accès, de la consultation ou de l’utilisation des informations et données figurant dans la présente publication ou sur les sites www.kbc.be, www.kbcsecurities.be, www.kbcprivatebanking.be et www.kbceconomics.be/fr.html

KBC Groupe SA – entreprise placée sous la surveillance de la FSMA – www.kbc.com

Nous utilisons des cookies et technologies similaires pour garantir le bon fonctionnement de notre site internet et rendre votre navigation plus agréable. Ils nous permettent aussi d’adapter notre site à vos besoins et préférences. En continuant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de ces cookies. Vous souhaitez en savoir plus? Ou vous n’êtes pas d’accord? Cliquez ici.