Le monde en images: Les chiffres du deuxième trimestre impressionnent

analist Aandelen&Opties KBC Private Banking&Wealth

Juillet et août sont traditionnellement des mois de faibles volumes boursiers. Il arrive en effet que les investisseurs aient eux aussi besoin de prendre des vacances. Le monde continue pourtant de tourner, ainsi que le montrent les catastrophes naturelles qui se sont produites ici et là, et les Bourses ne prennent jamais de vacances. Ce mois encore, ce ne sont pas les sujets qui manquent dans 'Le Monde en Images'.

Le bilan après le deuxième trimestre

La saison de publication des résultats touche progressivement à sa fin.

Les États-Unis l'ouvrent traditionnellement avec une légère avance. Quelles sont nos conclusions? Battre les résultats du deuxième trimestre 2020 n'a pas été difficile pour la plupart des entreprises, mais les chiffres trimestriels sont globalement brillants. Les entreprises du S&P 500 ont ainsi fait 90% de bénéfices de plus qu'à la même période un an plus tôt, soit bien plus que le consensus du marché et l'un des ratios les plus élevés jamais enregistrés. Les secteurs cycliques et les valeurs financières ont enregistré la plus forte croissance bénéficiaire. La conclusion est la même pour l'Europe: 70% font mieux que prévu et les entreprises cycliques sont en tête. 

Comment les cours réagissent-ils?

Les chiffres trimestriels positifs sont récompensés en Bourse mais, dans l'ensemble, sans mouvements de grande amplitude. Les principaux indices poursuivent tranquillement leur progression. Ces dernières semaines, les valeurs européennes ont fait mieux que leurs consœurs américaines. En Europe, l'AEX et l'indice CAC 40 (en hausse d'environ 23% depuis le début de l'année 2021) restent en tête. Notre BEL 20 se situe dans la moyenne. Les Bourses de Londres et de Madrid ferment la marche avec des rendements d'environ 10%. Le S&P 500 affiche à présent un rendement en USD de près de 18%.

La question est d'identifier le catalyseur capable de propulser les Bourses encore plus haut au second semestre. La baisse des taux de ces dernières semaines pourrait apporter la réponse. Les taux à 10 ans en Allemagne et aux États-Unis ont considérablement baissé, ce qui a soutenu les cours des obligations. Les bénéfices élevés signifient que les valorisations des actions ne sont plus dans le rouge. Le rapport cours/bénéfice du S&P 500 pour les 12 prochains mois a baissé de 22,7x début 2021 à 21,4x, soit encore nettement plus que la moyenne historique. La baisse des taux d'intérêt signifie que des secteurs tels que la technologie sont de retour. Et, bien entendu, nous devons miser sur la poursuite du redressement des économies et l'absence de nouveaux sursauts du coronavirus ou de variants de celui-ci.

Il va de soi que nous guettons aussi la position des banques centrales. Les commentaires de la Réserve fédérale sont suivis de très près. À quand la fermeture du robinet des liquidités ('tapering')? Les banques centrales ne proposent pourtant pas encore de calendrier pour le retrait progressif du programme d'achat d'actifs financiers. En Europe, le tapering n'est pas pour tout de suite.

Amsterdam Exchange index (AEX) - indice boursier
SPX Liste de 1 à 506 – indice boursier - S&P 500

L'inflation s'accélère. Faut-il s'en inquiéter?

L'inflation augmente partout dans les économies développées.

La première estimation du chiffre de juillet pour la zone euro a montré une accélération étonnamment marquée à 2,2%. L'action conjointe de solides effets de base en est la cause. Aux États-Unis, la pression inflationniste a encore été plus forte. L'inflation y a atteint 5,4% en juin, la réouverture de l'économie ayant fait flamber les prix d'un nombre limité d'articles. Cette pression sur les prix pourrait durer un peu plus longtemps que prévu initialement, mais nous maintenons notre opinion selon laquelle l'inflation actuelle est principalement due à des facteurs temporaires. Nous ne prévoyons pas une spirale inflationniste haussière, bien que les risques d'inflation pour la période à venir soient clairement orientés à la hausse.

Lors de leur comité de politique monétaire de juillet, la Fed et la BCE se sont penchées sur le sursaut récent de l'inflation. En Europe, les taux d'intérêt resteront bas pendant longtemps encore et, en principe, nous ne devrions pas compter sur un relèvement des taux directeurs durant les deux prochaines années. 

Sursaut récent de l'inflation – FED et BCE

Les autorités chinoises s'affirment

La Chine a toujours fait cavalier seul à bien des égards. La Bourse chinoise a commencé l'année sur les chapeaux de roues, mais alors que les principaux indices mondiaux poursuivent leur ascension, Pékin essuie déjà une correction sévère.

Que se passe-t-il? Après l'excellente année 2020, nous voyons la croissance chinoise se ralentir ces derniers mois. La Chine a somme toute peu souffert de la crise du coronavirus, mais la confiance des producteurs et des consommateurs y est en berne. Le tableau global montre une poursuite du ralentissement de l'économie chinoise amorcé avant la crise du coronavirus.

L'économie chinoise continue en outre de souffrir de ses mauvaises relations avec les pays étrangers: 'Tous contre un, seule contre tous'... La situation a jusqu'ici peu changé sous la présidence de Joe Biden et les tensions avec Taïwan mettent les relations avec de nombreux pays sous pression.

Et, bien entendu, nous ne pouvons pas faire l'impasse sur la réglementation étatique. Les grandes entreprises technologiques et retail chinoises sont dans le collimateur du parti. La réglementation a été renforcée, des enquêtes antitrust ont été menées et de lourdes amendes sont infligées. Personne n'est épargné, puisque les autorités visent désormais les plateformes d'enseignement en ligne et l'industrie du jeu vidéo est également en ligne de mire.

Le marché immobilier - et ce n'est pas la première fois - est également sous pression. La crainte du surinvestissement et de bulles éventuelles resurgit. Les ambitieuses mesures de relance prises pendant la crise du coronavirus n'ont pas manqué leur cible, mais un certain nombre d'entreprises se sont (trop) endettées.

Quelle est la vision de notre équipe de stratégistes?

Au début de l'année, la surpondération de la Chine et de l'Asie émergente avait déjà été réduite à un niveau neutre. Cette pondération va maintenant encore être réduite. KBC Asset Management pense que, malgré de sombres nuages, le parti chinois ne laissera pas le système financier imploser. À plus long terme, les perspectives économiques restent assez favorables pour la Chine. Une certaine prudence à l'égard de l'Asie est toutefois recommandée à court terme.

Indices Boursiers MSCI - Marchés émergents
Indices Boursiers MSCI – Marché mondial

La reprise économique se poursuit en Belgique

Notre pays a été l'un des premiers pays de la zone euro à publier des estimations préliminaires du PIB pour le deuxième trimestre 2021. Les observateurs étrangers s'y intéressent toujours de près car, en tant que petite économie ouverte, la Belgique est très dépendante de la demande extérieure européenne et elle est donc un bon indicateur de la situation européenne dans son ensemble. La croissance trimestrielle pour le deuxième trimestre est estimée à 1,4%, soit mieux que prévu. La reprise économique semble définitivement amorcée. Les indicateurs avancés laissent entrevoir un nouveau redressement de l'économie. La confiance des entreprises atteint déjà des niveaux historiquement élevés et la confiance des consommateurs s'améliore sensiblement.

L'économie américaine tient quant à elle la forme. C'est ce qui ressort clairement du récent rapport sur l'emploi. En juillet, 943.000 emplois ont été créés, soit le chiffre le plus élevé depuis 11 mois. Le consensus tablait sur 870.000 nouveaux emplois. Le chômage a diminué de 0,5%, à 5,4%, contre les 5,7% prévus. Il s'agit donc là d'un excellent rapport sur l'emploi.

Evolution mensuelle des Emplois US (non agricoles)

La dégringolade des cryptomonnaies

Plus de 70 cryptomonnaies sont désormais déjà cotées et la valeur totale de ce marché est estimée à plus de 1.500 milliards USD. Les crypto-adeptes sont suspendus aux lèvres du patron de Tesla, Elon Musk, dont les déclarations dictent souvent le cours de la monnaie. Il est possible que Tesla accepte à nouveau les bitcoins après une enquête sur la quantité d'énergie renouvelable nécessaire à leur extraction. La critique de la monnaie virtuelle ne faiblit pas pour autant. La Chine, qui n'est pourtant pas la plus verte, a depuis un certain temps déclaré la guerre au marché des cryptomonnaies. Le nouveau président de la SEC, Gary Gensler, est également de ceux qui préfèreraient voir disparaître le marché des cryptomonnaies. La SEC est le gendarme de la Bourse américaine et son pouvoir est important. Elle compare le marché des cryptomonnaies au Far West où fraude, détournement et escroqueries sont monnaie courante. Il ne voit pas les monnaies virtuelles devenir un moyen d'échange, sauf pour le blanchiment d'argent, les logiciels de rançon ou le contournement des règles fiscales. Le passé de Gary Gensler prouve qu'il est incontournable. En 2009, il a été coresponsable d'une nouvelle réglementation après la crise financière et, récemment, il a bloqué l'introduction prévue de certaines actions chinoises sur la Bourse de New York. Précisons qu'il est en faveur de la technologie blockchain....

Marchés obligataires

Un variant delta du coronavirus qui progresse, l'impression que le pic de la croissance économique est progressivement derrière nous et les banques centrales qui ont martelé que le sursaut inflationniste serait temporaire, tels sont  les thèmes qui ont dominé les marchés à revenu fixe le mois dernier.

Une rupture avec les tendances observées au premier semestre en est le résultat.

Les obligations d'entreprise risquées ont été échangées contre des obligations d'État plus sûres. Sur une base mensuelle, les taux des emprunts d'État américains et européens à 10 ans ont diminué d'environ 25 points de base. La courbe des taux s'est aplatie.

Les banques centrales américaine et européenne ont toutes deux opté pour la continuité monétaire. Pour un retrait progressif des mesures de relance monétaire, il faudra peut-être attendre le début de 2022. Les premières hausses de taux ne sont pas attendues avant 2023, voire 2024 en ce qui concerne l'Europe. Les banques centrales ont répété que, pour l'instant, la croissance économique n'était pas suffisamment robuste pour que la politique monétaire soit resserrée. Simultanément, elles ont souligné que la poussée inflationniste était temporaire et liée au redémarrage de l'économie post-Covid.

Les différentiels de taux des obligations américaines à haut rendement se sont creusés de 30 points de base, ceux des obligations européennes de 15 points de base. Les spreads des obligations d'entreprises investment grade plus sûres sont restés pour ainsi dire stables.

Sur le front des devises, il est à noter qu'il n'est rien resté de l'appréciation de l'USD du début du mois de juillet après la décision de la Réserve fédérale de laisser ses taux inchangés. Le cours EUR/USD cote cette année dans une fourchette de 1,17/1,22. Aucun changement n'est attendu à moyen terme.

En Europe centrale, la Hongrie et la République tchèque ont entamé un cycle de relèvement des taux d'intérêt. Pour l'instant, seule la CZK en a profité, la monnaie s'étant légèrement appréciée.

En ce qui concerne les économies émergentes, la décision des autorités chinoises de renforcer la régulation du secteur technologique a provoqué une vague de vente panique sur les marchés d'actions chinois. Les géants de la technologie ont connu un mois boursier particulièrement morose. L'indice large a manqué de peu de s'enfoncer dans un marché baissier.

Une stratégie d'investissement sur mesure

Que se passe-t-il à l'échelle mondiale? Et quelles conséquences pour les marchés financiers? Dans notre stratégie d’investissement, nous développons nos perspectives géographiques, sectorielles et thématiques.

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