Le monde en images: le scénario de base pour 2021 est celui d'une croissance robuste

Situation macroéconomique

1. Etats-Unis

L'économie américaine reste vigoureuse

Bien que le nombre de contaminations soit encore loin d'être sous contrôle outre-Atlantique, les États-Unis ne se confinent pas. Rien ne dit si cela changera avec le nouveau président. Laisser l'économie ouverte limite l'impact (négatif) de la pandémie sur l'économie, ainsi que le montrent différents indicateurs:

  • Les ventes au détail se maintiennent à un niveau élevé (5,7%). 
  • Cette tendance se manifeste dans la confiance des consommateurs. En décembre, elle a atteint 81,4 points, alors que les macroéconomistes tablaient sur 76. Le mois précédent, elle était ressortie à 76,9. Les prévisions ont été légèrement abaissées face à la hausse du nombre de contaminations. Les consommateurs ont donné tort aux macroéconomistes. 
  • L'évolution du chômage, qui est retombé de 6,9% à 6,7%, joue également un rôle. En mars, 22 millions d'emplois ont été perdus, mais la moitié d'entre eux sont entre-temps à nouveau pourvus.
  • Les commandes de biens durables se sont stabilisées au niveau du mois dernier, soit 1,3%, un chiffre plus élevé qu'avant la pandémie.

L'industrie américaine revient en force

Cette même tendance positive se reflète dans la confiance des entreprises. Les services PMI (étroitement liés au comportement des consommateurs) se portent particulièrement bien. Ce chiffre a dépassé les 57,5 prévus pour s'établir à 58,4. La confiance des entreprises de l'industrie manufacturière (PMI Manufactoring) s'est maintenue au niveau (élevé) du mois dernier: 56,7. Les commandes des usines sont nettement plus importantes que le mois précédent et dépassent même les attentes: 1%, contre 0,8%. En conséquence, la production industrielle a également augmenté à 0,4% sur une base mensuelle, contre une prévision de 0,3%. Sur une base annuelle, la production industrielle continue de baisser: elle ressort à -5,5%, mais ce niveau est nettement supérieur aux -16,5% de mars.

Le mois dernier, le résultat des élections américaines était encore incertain, mais maintenant que Joe Biden en est le vainqueur officiel, cette menace est écartée. La pandémie est la seule incertitude aux États-Unis et son impact sur le PIB est imprécis. Les derniers chiffres sont encourageants. L'économie américaine a réalisé une croissance en base trimestrielle de 33,4%, supérieure au chiffre précédent (33,1%). Sur une base annuelle, nos macroéconomistes tablent sur une croissance de 4,2% aux États-Unis, contre une croissance négative de 3,6% en 2020.

FED: un appui maximal

Lors de la conférence de presse de la mi-décembre, le président de la Banque centrale américaine, Jerome Powell, a indiqué que la Fed mettrait tout en œuvre pour soutenir l'économie. La Fed continue à se concentrer sur deux éléments:

  • la reprise économique et un marché du travail stable
  • la stabilité des prix: la Fed prévoit que l'inflation passera de 1,2% à 1,8% en 2021 pour atteindre 2% en 2022.

Ces chiffres positifs ont été confirmés par la production industrielle, qui a grimpé de -0,6% à 1,1%.

Les indicateurs de confiance (qui nous donnent une idée de l'avenir) sont très bons pour l'industrie: 59,3, contre une prévision de 56. Le nombre de commandes a fortement augmenté pour atteindre 67,9 (contre une prévision de 62). Comme indiqué, la consommation de services n'est pas encore à niveau, ce que confirme l'indice ISM des services. Alors que le marché attendait 57,5, nous avons atteint 56,6.   

2. La Chine

Le consommateur chinois soutient l'économie

L'évolution des ventes au détail montre que les consommateurs chinois ont confiance en l'avenir. Le graphique révèle un déclin marqué en janvier 2020, lorsque la pandémie faisait rage en Chine et que le pays s'était confiné. Un revirement s'est produit cet été et nous sommes désormais à plus de 5%.

L'industrie chinoise garde le cap

La Chine confirme à nouveau ce mois-ci que la reprise est bel et bien une réalité. Nous le déduisons de l'évolution ci-dessous:

  • la confiance des entrepreneurs dans le secteur manufacturier (PMI Manufactoring) atteint un chiffre élevé: 54,9, contre les 53,5 prévus par les économistes. 
  • la confiance des entreprises dans les services (PMI Services) a même encore fait mieux: 57,8, contre les 56,4 attendus.

La production industrielle s'élève à 7%, un niveau très élevé si on le compare aux États-Unis. Comme indiqué, la Chine est probablement le seul grand continent à afficher un PIB positif de 2,1% pour 2020. Alors que les macroéconomistes tablaient sur une croissance du PIB de 8,2% pour 2021, celle-ci a récemment été relevée à 8,5%.

3. Zone euro

La zone euro surprend par la vigueur de sa reprise

L'économie de la zone euro a débuté le quatrième trimestre sur une note positive. La deuxième vague de la pandémie est alors survenue, amenant plusieurs pays européens à se confiner, et la reprise s'est enrayée. Nos macroéconomistes pensent toutefois que l'impact sera plus faible qu'au printemps. Nous constatons que comme dans les autres continents, les ventes au détail (voir graphique) se redressent après l'effondrement de mars, juste après l'assouplissement des mesures de mai-juin. Nous n'entrevoyons pas un nouveau recul consécutif au deuxième confinement. À l'instar des États-Unis, la zone euro affiche des chiffres plus élevés qu'avant la pandémie.

La confiance des consommateurs s'est redressée assez fortement en décembre: de -15 en novembre à -8. L'espoir de la normalisation économique grâce à la vaccination l'a clairement emporté. Nos macroéconomistes ont relevé leurs prévisions de croissance de l'économie de la zone euro de 1,9% à 2,4% en 2021, avec une prévision inchangée de -7,5% pour 2020.

L'industrie européenne résiste bien

L'industrie européenne fait mieux que les services. Le PMI Manufactoring est ressorti à 53,8, contre les 53,6 attendus. Les services PMI sont toujours en-dessous du seuil de 50, synonyme de recul économique: 47,3 en décembre, alors que l'on attendait 41,7. Ce résultat est donc nettement meilleur, mais il ne suffit pas à dépasser le seuil de 50. Cela s'explique par le deuxième confinement de plusieurs pays européens.

La production industrielle de la zone euro s'appuie sur une forte demande de l'étranger, c'est-à-dire de la Chine. Avec son industrie relativement importante, l'Allemagne semble profiter tout particulièrement du climat international favorable. La confiance des entreprises allemandes (indice Ifo) est passée de 90,7 le mois dernier à 92,1 en décembre. L'indice ZEW (confiance des investisseurs) a grimpé de 39 à 55, alors qu'un niveau de 46 était attendu.

Nos macroéconomistes prévoient toutefois une contraction de l'économie au quatrième trimestre 2020, suivie d'une activité atone au premier trimestre 2021. Les mesures de confinement devront en effet être maintenues pour garder le virus sous contrôle. Mais pour la suite, les perspectives s'améliorent car le déploiement du vaccin permettra une normalisation progressive de la vie socio-économique. À la fin de 2021, la reprise économique sera encore soutenue par les premiers versements des 750 milliards d'euros du plan Next Generation EU. Pour toutes ces raisons, nos macroéconomistes ont relevé leurs prévisions de croissance de l'économie de la zone euro en 2021 de 1,9% à 2,4%. L'estimation de la croissance moyenne en 2020 reste inchangée à -7,5%.

La BCE continue d'apporter son soutien

Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion de la Banque centrale européenne le 10 décembre, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a annoncé le maintien jusqu'en juin 2022 de taux d'intérêt favorables pour les banques qui prêtent à l'économie. La Banque centrale européenne a en outre augmenté son programme de rachat d'obligations (PEPP) de 500 milliards d'euros à un montant total de 1.850 milliards d'euros. Elle en a prolongé la durée jusqu'à la fin du mois de mars 2022.

Brexit: un accord malgré tout

Un accord a été conclu in extremis entre la zone euro et le Royaume-Uni. La découverte d'un variant de la Covid-19 et les problèmes qu'elle a engendrés à la frontière (des files de camions sur des kilomètres) expliquent peut-être la signature de cet accord. L'Europe est longtemps restée sur ses positions, obligeant le Premier ministre Boris Johnson à faire des concessions (par exemple en matière de pêche).

Les marchés financiers

1. Bourses

Etats-Unis
Les différents indices ont continué à se redresser au mois de novembre. Tant le S&P 500 que le Dow Jones ont battu des records. Pour la première fois dans l'histoire, le Dow Jones a terminé au-dessus de 30.000 points. Aux États-Unis, les Bourses cotent au-dessus de leur niveau d'avant la crise du coronavirus.

L'Europe a effectué un mouvement de rattrapage, mais elle se situe toujours en deçà de son niveau pré-coronavirus. Le deuxième confinement n'y est pas étranger.

Les marchés émergents ont également fortement progressé. C'est principalement le redémarrage de la Bourse chinoise qui a permis aux marchés émergents de dépasser les niveaux antérieurs à la pandémie.

2. Marchés obligataires

Rétrospective

L'année 2020 restera dans les annales comme l'une des plus volatiles de tous les temps. L'apparition de la pandémie de coronavirus, qui a nécessité le confinement intégral des pays occidentaux en mars, a provoqué une chute sans précédent de l'activité économique, mais la reprise qui a suivi a été tout aussi impressionnante.

Ce que peu avaient prédit au début de l'année, ce sont les belles performances du segment des obligations d'État. Les obligations d'État tant européennes qu'américaines ont excellé. La ruée de nombreuses banques centrales vers les taux d'intérêt négatifs après l'éclatement de l'épidémie de coronavirus n'y est bien entendu pas étrangère.

En ce qui concerne les obligations d'entreprises, les obligations investment grade ont nettement surperformé au premier semestre. Le sentiment risk-off a dominé les marchés obligataires, entraînant des pertes de cours importantes pour les obligations à haut rendement et les obligations des marchés émergents.

Les autorités monétaires et fiscales sont intervenues pour enrayer le déclin économique, ce qui a entraîné le redressement des obligations plus risquées au second semestre.

Quelques tendances marquantes:

  • Les obligations d'État américaines ont surpassé les obligations d'État allemandes en termes de rendement au cours de l'année écoulée.
  • Les obligations investment grade se sont particulièrement bien comportées au premier semestre; les obligations pourries ont en revanche excellé surtout après l'été, tant en Europe qu'aux États-Unis.
  • Au début de la crise de coronavirus, les obligations des marchés émergents en monnaie locale ont réalisé de piètres performances par rapport aux obligations émises en EUR ou en USD, mais elles se sont progressivement redressées en cours d'année.

En ce qui concerne les devises, le premier semestre a surtout été favorable au billet vert, alors que pendant le second semestre, l'euro a été le roi du marché.

Prévisions

Avec le déploiement promis de la vaccination contre le coronavirus, 2021 se présente mieux. La croissance économique redémarre dans de grandes parties du monde. Il existe toutefois des différences notables dans les taux de croissance attendus. Parmi les superpuissances économiques, la Chine semble la mieux placée. Elle est le seul pays à avoir réalisé des chiffres de croissance positifs cette année. Grâce à la réussite chinoise, d'autres pays de la région pourraient renouer rapidement avec les niveaux de croissance d'avant la crise.

Les États-Unis ne devraient atteindre le niveau de prospérité de la fin 2019 qu'au second semestre 2021. En ce qui concerne la zone euro, le tableau varie d'un pays à l'autre. L'Allemagne est la mieux placée avec certaines économies scandinaves. Les pays périphériques tels que l'Italie et l'Espagne ne retrouveront qu'en 2022 leur niveau d'avant la pandémie.

Malgré le scénario économique plutôt optimiste pour 2021, des facteurs de risque subsistent cependant. En voici quelques-uns:

  • Des retards dans la campagne de vaccination dus à des problèmes de distribution et/ou des effets secondaires négatifs imprévus pourraient provoquer une troisième vague de contaminations et les mesures de confinement qui vont de pair.
  • L'incertitude politique persistante et/ou l'impasse aux États-Unis. Les derniers sièges du Sénat n'étant attribués que début janvier, une majorité démocrate dans les deux chambres législatives n'est pas encore certaine. Cela pourrait avoir des implications sur la gestion du pays et la réalisation d'importants projets démocrates (lancement du plan de relance économique, réformes dans le secteur de la santé, verdisation de l'économie, lutte contre les géants technologiques).
  • Les conséquences du Brexit: pas d'augmentations tarifaires, mais des tracasseries administratives.
  • Le désaccord politique persistant au sein de l'UE sur les principes démocratiques pourrait retarder la mise en œuvre du programme de relance post-coronavirus.
  • Le creusement important des déficits publics à l'échelle mondiale pourrait à terme entraîner une crise de confiance et une fuite des capitaux dans certaines régions du monde.
  • Des valorisations extrêmes dans certains sous-marchés (technologie, immobilier).

Le scénario de base pour 2021 est toutefois celui d'une croissance économique robuste, principalement attribuable à des mesures de soutien fiscal et monétaire. La BCE et la Réserve fédérale viennent d'annoncer qu'elles poursuivront leur politique monétaire ultra-souple jusqu'en 2023 au moins. Sur le plan fiscal, les autorités font le maximum pour conserver leur soutien aux économies grâce à des mesures de relance fiscales sans précédent. Les obligations d'entreprises et d'État risquées pourraient par conséquent continuer de surperformer pendant un certain temps encore.

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