Quand Wall Street perdra-t-elle sa prédominance vis-à-vis des principales bourses asiatiques?

L’importance croissante des économies asiatiques

S’il fallait encore souligner combien l’Asie représente une part croissante de l’économie mondiale, la signature le 15 novembre 2020 du plus grand accord commercial au monde, le Partenariat régional économique global (RCEP pour Regional Comprehensive Economic Partnership) l’a rappelé de manière évidente. Regroupant la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et dix autres pays d’Asie du Sud-Est, le RCEP réunit 2,27 milliards d’habitants, 26.000 milliards de dollars (USD) de Produit Intérieur Brut (PIB) et 5.200 milliards USD en exportations. Cet accord de libre-échange concerne donc +/- 30% de la population et du PIB mondial.

Parmi ces 15 pays, la Chine est évidemment la "locomotive" avec une croissance extraordinaire ces dernières décennies. Depuis 40 ans environ (moment où la Chine intégrait le capitalisme pour devenir une "économie socialiste de marché"), et selon les données de la Banque Mondiale, le PIB chinois (en USD courants) a été multiplié par 75 (!), passant de 191 milliards USD en 1980 à 14.343 milliards USD en 2019. Sur la même période, les Etats-Unis sont passés d’un PIB de 2.857 milliards à 21.374 milliards USD, soit un multiple de 7 "seulement". Les Etats-Unis restent donc actuellement la première puissance économique mondiale, mais la Chine rattrape son retard à marche forcée… et le potentiel de croissance est encore énorme. Car si l’on passe au critère du PIB par habitant et en parité du pouvoir d’achat ou PPA (on n’achète pas la même quantité de biens dans les deux pays avec 1 USD), qui donne une idée du niveau de vie, en 2019 le PIB par habitant et en PPA est de 16.117 USD pour la Chine et de 62.527 USD pour les États-Unis…

Et sur le graphe ci-contre, on voit que si la croissance chinoise a ralenti ces dernières années, elle reste clairement la plus vigoureuse en comparaison internationale (vis-à-vis du G20). La croissance économique a été soutenue par une forte augmentation des facteurs de production que sont le travail et le capital. La Chine compte actuellement plus de 900 millions de personnes en âge de travailler. Par ailleurs, le taux d'investissement (essentiellement consacré à l’industrie, aux infrastructures et, de plus en plus, aux technologies) a atteint un niveau exceptionnellement élevé même au regard des taux observés en Asie. Enfin la productivité du travail s'est améliorée grâce à l'augmentation du capital disponible par travailleur, à l'élévation du niveau d'éducation et de qualification de la main-d'œuvre, et aux réformes dans l'agriculture comme dans l'industrie (avec davantage d’emplois dans l’industrie et les services où la productivité est beaucoup plus importante que dans l’agriculture). Sans oublier évidemment le changement fondamental d’une économie tournée quasi exclusivement vers l’exportation vers une économie tournée aussi vers la consommation intérieure.

L’irrésistible ascension des bourses asiatiques

Dans ce contexte de forte croissance économique, les marchés boursiers asiatiques ont suivi le mouvement. Ainsi selon un rapport de l’OCDE, pour la première fois en 2018, plus de la moitié des actions émises dans le monde étaient des actions de sociétés asiatiques, soit 51% du total contre seulement 30% en 2000. Mais ici aussi, au niveau boursier, la Chine est le moteur principal. Ainsi, comme le montre le graphe ci-contre, en 10 ans, il y a eu autant d’introductions en bourse (IPO) en Chine (bourses de Shenzhen, Shangai et Hong Kong), que sur tous les autres marchés boursiers. Et si on ajoute les autres marchés asiatiques (Inde, Corée, Japon, Vietnam, Thaïlande, Indonésie, Singapour, etc.) aussi très dynamiques en la matière, les pays occidentaux ont représenté la portion congrue.

Les marchés boursiers asiatiques sont également de plus en plus représentatifs (graphe ci-contre) quant à leur valeur exprimée par la capitalisation boursière (ou la somme totale de valeur des sociétés qui y sont cotées). Ainsi en septembre 2020, sur la valeur de toutes les sociétés cotées en bourse dans le monde et représentant près de 94.000 milliards USD, l’Asie comptait pour 35,2% de cette valeur contre 42,2% pour les USA et 22,5% pour l’Europe. Et fait marquant, l’importance de l’Asie est croissante (de 32,5% à 35,2% sur la seule année 2020) alors que le poids des Etats-Unis et de l’Europe semble inexorablement diminuer… Quand donc les marchés boursiers de Wall Street, représentés surtout par le NYSE et le NASDAQ, seront ils dépassés par leurs consoeurs asiatiques?

On a vu que le nombre de nouvelles sociétés cotées était dorénavant plus important en Asie. Mais il faut noter également que les indices boursiers y performent mieux depuis quelques temps, en Chine en particulier.

Sur le graphe ci-contre nous avons ainsi comparé la performance des indices boursiers chinois (CSI 300), américain (S&P 500) et japonais (Topix). Si de 2010 à 2020, Wall Street a mieux performé que ses consoeurs (grâce essentiellement aux actions technologiques), depuis 2 ans la tendance s’est inversée et maintenant la Chine a clairement pris le leadership en matière de performance boursière, 2020 confirmant d’ailleurs cette tendance.

La montée en puissance des "champions" asiatiques

Ce que nous venons de constater n’est pas dû au hasard. En prenant en compte les 100 plus grandes sociétés cotées au monde, 21 d’entre elles sont asiatiques et essentiellement chinoises. En effet, derrière Aramco, le géant pétrolier d’Arabie Saoudite, et quelques fleurons américains (Apple, Microsoft, Amazon, Alphabet et Facebook), on découvre une armada, grandissante, de géants d’Extrême-Orient et notoirement chinois. Et l’évolution des cours de bourse de ces champions asiatiques sont de plus en plus comparables aux américains. Ainsi sur les 5 dernières années, Tencent a gagné autant en bourse (environ 300%) qu’Apple. Pourtant Tencent n’a été créée qu’en 1998 et mise sur quelques produits phares liés à Internet comme la messagerie WeChat ou un énorme réseau de joueurs en ligne. Autre exemple, Kweichow Moutai, peu connue dans nos contrées, produit la célèbre eau-de-vie "Maotai Baijiu" ou "Moutai" qui est la boisson nationale en Chine. Sur les 5 dernières années, l’action Kweichow a gagné près de 700%, soit beaucoup plus qu’Apple, Microsoft ou Amazon! Et comme le soulignait un article un article du journal Le Monde en 2019, le but maintenant de Kweichow Moutai est de faire de sa boisson une marque internationale, comme les plus grandes marques de Whiskies, bières ou vins.

En regard de tout ce que nous venons d’évoquer, il parait évident qu’un portefeuille d’investissement diversifié se doit de comprendre une partie originaire d’Asie (en fonds, trackers ou actions individuelles), et de Chine en particulier, d’autant que se situent dans cette région les plus fortes probabilités de croissance à venir.

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