La navigation à la voile est-elle vraiment durable?

Le 28 janvier 2021, c’est l’arrivée du Vendée Globe (tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance). Yannick Bestaven remporte cette édition après une folle aventure qui aura duré 3 mois.

Le 17 mars 2021, les Néozélandais remportent la 36ème édition de la coupe America (plus vieille compétition sportive au monde) sur des bateaux volants ultra performants.

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Et enfin, aux portes de l’été, les plaisanciers rechaussent leurs Docksides pour tirer des bords le long de nos côtes.

Toutes ces courses et ces navigations rassemblent des marins qui défient les records ou cherchent simplement le bonheur d’être en mer. Ils ont tous un point commun, celui de naviguer sur des machines en… composites poussées par des voiles en tissu synthétiques.

La question se pose alors, dans un monde où le durable devient l’affaire de tous, de savoir quel est l’impact sur l’environnement de cette pratique qui porte des valeurs de respect de l’environnement, d’engagement solidaire et de liberté?

Des constats

25 millions de voiliers et yachts ont été construits dans le monde en 2017 et 13 millions de plaisanciers en France en 2020. Essayons alors de voir objectivement quels sont les réels impacts de la navigation à la voile pour la course ou pour la navigation de plaisance qui voit aujourd’hui des millions de voiliers envahir les côtes dès le printemps.

On a vite tendance à l'oublier, mais la vie d'un bateau ne se résume pas seulement à son utilisation. Il faut en amont qu'il soit construit avec des matières premières, puis transporté vers son lieu de livraison, qu'il soit utilisé et qu'un jour, il soit éliminé.

Pour construire une coque de voilier, les fibres synthétiques et les résines chimiques sont omniprésentes et ont un coût énergétique non négligeable. La pollution émise durant sa phase d'utilisation est aussi critique et la gestion des déchets ou l’utilisation des moteurs sont aussi sources de pollution sans parler de la dégradation des fonds marins (ancres ou nuisances sonores).

Bref, un constat peu reluisant… que faire?

Heureusement, depuis quelques années et grâce à une prise de conscience, les pistes de recyclage ou de gestion durable apparaissent.

Alors que rien à bord d’un voilier de course n’est écoresponsable et que les coureurs cherchent avant tout la performance, il est peut-être bon de rappeler qu’ils tournent autour du monde avec la seule force du vent…

Chaque coureur essaie donc de diminuer son impact environnemental par la gestion des déchets, la mutualisation des moyens matériels et humains (partage des bateaux d’accompagnement, des chantiers, distribution de matériaux en bio-composites).

  • La durabilité des bateaux de course est aussi un facteur de réduction de son empreinte carbone… citons, Jean Le Cam, qui s’est classé 4ème avec un bateau qui avait remporté l’édition… 2008.
  • Un premier voilier entièrement recyclable prendra le départ de la prochaine route du Rhum en 2022. Un jeune skipper guadeloupéen (Kéni Pipérol) a décidé de construire un Class40 (voilier de 12m) intégralement en matériaux recyclables.
  • Certains s’unissent et cherchent à promouvoir la conception durable des voiliers. Une association "La Vague" (créée par des coureurs au large) est un collectif de navigateurs qui cherchent des solutions collectives et qui inspirent positivement le milieu de la voile de compétition sur les enjeux environnementaux et sociétaux.

Les acteurs de la course au large ont une responsabilité importante et se doivent d’être exemplaires car elle est observée de près par le monde du nautisme.

Les entreprises veulent aussi promouvoir la transition écologique et trouvent dans le partenariat avec le monde de la voile des valeurs communes de respect et de sauvegarde de l’environnement.

Et demain?

Le défi est important, les pistes nombreuses et coureurs, plaisanciers, chantiers, tous ont la volonté de trouver des solutions innovantes pour le futur.

Et des initiatives émergent de toute part…

  • Un voilier en aluminium recyclable avec un accastillage fait de matériaux à base végétale et conçu par la navigatrice Catherine Chabaud, se distingue par un gréement original, avec une aile de traction.
    Cette sorte de cerf-volant, inspirée du kitesurf, est aussi apparue - timidement - comme option pour les navires commerciaux, où elle apporte un gain suffisant pour permettre des économies de carburant.
  • Tara Tari, 1er voiler construit entièrement en toile de jute, a effectué une belle traversée entre le Bengladesh et la Ciotat (9000 miles soit 16.700 km) en 2010.
  • Les 1ères caméras embarquées sur les voiliers de course tentent d’éviter les collisions avec des OFNI (Objets flottants non identifiés) ou les cétacés et réduisent ainsi l’impact sur la faune ou la perte de partie de voilier en composites en pleine mer.

Voilà des projets qui poussent les constructeurs et les navigateurs à réfléchir sur les opportunités pour demain.

Les idées et les initiatives ne manquent pas et se résument en quelques mots… en mer comme à terre:

  • Recycler
  • Réduire notre consommation
  • Refuser les matières toxiques ou à utilisation unique
  • Réinventer notre mode de déplacement
  • Respecter les biotopes et milieux marins
  • Responsabiliser chacun d’entre nous dans son rapport à la mer et au littoral

Soyons honnêtes, la construction de voiliers recyclables et écologiques reste timide et n’est absolument pas proposée au grand public ou alors de manière ponctuelle. En attendant la transformation de l’industrie, soyons attentifs à notre propre responsabilité dans la transition écologique de la navigation à la voile.

Les voiliers se déplacent avec la seule force du vent, énergie inépuisable et particulièrement propre… Voguer sur le plus grand terrain de jeu du monde nous oblige à le préserver, à diminuer son empreinte carbone.

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