Quand la peste porcine fait aussi des heureux

En Belgique, nous connaissons malheureusement la peste porcine africaine, même si pour le moment elle n’affecte pas nos élevages. En Chine, en revanche, cette maladie est dévastatrice dans les élevages de porcs, alors que ce pays détient près de la moitié de la population porcine mondiale.

Selon des estimations, cette épidémie pourrait provoquer une baisse de 20% des stocks de porcs dans ce pays avec des conséquences multiples et non négligeables. C’est ce que souligne la FAO dans son dernier rapport sur "les perspectives alimentaires", publié le 9 mai dernier, en pointant les gagnants et les perdants de cette maladie.

Certains en sortiront vainqueurs

En premier lieu, les gagnants seront les producteurs de porcs en Europe et aux États-Unis. En plus, ces derniers pourraient bénéficier d'une combinaison rare d'événements qui leur octroieraient des prix plus élevés, des volumes d'exportation plus élevés et des prix des aliments pour animaux plus bas. Comme en plus, cette peste porcine a également fait son apparition au Vietnam, au Cambodge et en Mongolie, cela pourrait encore aggraver le déficit de production porcine en Asie.

Par ailleurs, alors que les producteurs d'Europe et des Amériques pourraient être les plus avantagés en termes de marchés de la viande de porc, d'autres pourraient en profiter sur le marché de la volaille. La Chine devra en effet recourir à d'autres types de viande, dont notamment la viande de volaille. Les principaux producteurs de volaille sont le Brésil, les États-Unis et la Thaïlande, ainsi que certains pays de l'UE. Au sein de l'UE, les Pays-Bas, la Pologne et la Belgique pourraient bénéficier d'exportations plus soutenues et de prix à l'exportation plus élevés et devraient également profiter de la baisse des prix du soja puisqu’ils en importent.

D’autres seront plus affaiblis

Si les producteurs de porcs en dehors de la Chine se frottent les mains, ceux qui produisent des céréales fourragères et des oléagineux, et en particulier les graines de soja vont souffrir. En effet, la Chine importe près des deux tiers des graines de soja vendues à travers le monde et près de la moitié de ces graines sont destinées à l'élevage domestique de porcs.

Les importations avaient déjà ralenti en raison des tensions commerciales avec les États-Unis, mais elles risquent de ralentir encore davantage avec la décision du pays de réduire la quantité de protéines présentes dans la nourriture destinée aux porcs et de l’hécatombe dans les élevages.

À la suite de ces tensions commerciales, les autorités chinoises ont décidé en octobre 2018 de réduire de 1,5% les besoins en protéines pour l'alimentation des porcs et de 1% pour celle des volailles, afin de diminuer la demande de soja. En plus, au même moment, la consommation de viande en Chine ne devrait pas augmenter comme cela a été le cas par le passé, comme le souligne la FAO dans son rapport, car les niveaux de consommation de viande, de poissons d'élevage et d'œufs ont déjà atteint 95 kilos par habitant par an.

Un nette fluctuation des prix

La conjonction de ces éléments, et alors que la Chine a déjà changé ses importations en provenance des États-Unis par des importations venant du Brésil et d’Argentine, devrait entraîner une concurrence encore plus vive entre les fournisseurs et donc peser sur les prix.

Comme en plus selon la FAO, "les marchés mondiaux sont bien approvisionnés et qu'ils devraient vraisemblablement contribuer à faire baisser le coût des importations alimentaires", les autres céréales pourraient aussi voir leurs prix orientés à la baisse dans ce contexte.

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