La crise du coronavirus exacerbe un enjeu planétaire vital: les investissements nécessaires à une meilleure gestion de l’eau

L’or noir, le pétrole, est depuis plus de 100 ans un enjeu stratégique et planétaire. Les hommes se sont parfois battus (Seconde Guerre Mondiale, Guerre du Golfe,…) pour en contrôler sa production et son utilisation vitale pour les économies. Des crises économiques majeures ont résulté de brusques hausses ou baisses du pétrole. La production et la gestion de "l’or bleu", l’eau, pourrait progressivement devenir le prochain enjeu majeur pour l’humanité. Cela était évident auparavant mais la crise mondiale du coronavirus a encore davantage exacerbé cette problématique!

Au 19e siècle, le docteur hongrois Philippe Semmelweis avait énoncé les principes élémentaires de l’asepsie, et notamment du lavage des mains avant toute opération ou accouchement. Et depuis quelques semaines, pour se protéger du Covid-19 et limiter sa propagation, les autorités sanitaires de tous les pays répètent inlassablement que le premier "geste barrière", le plus efficace, est d’observer une scrupuleuse hygiène des mains, qu’il faut donc laver le plus souvent possible.

Pourtant selon l’Unicef, de nos jours encore, 40% de la population mondiale (environ 3 milliards de personnes) ne peut pas se laver les mains à la maison! Comme on le voit dans le tableau ci-dessous, si en Amérique du Nord et en Europe, la plupart des gens disposent d’installations élémentaires pour se laver les mains, c’est nettement moins le cas, et pour le moins très variable en Asie, Amérique Latine et Afrique. Certaines grandes agglomérations ne sont même pas privilégiées, ainsi 63% des personnes des zones urbaines d’Afrique sub-saharienne ne peuvent pas se laver les mains… Et du fait de la mondialisation croissante, et du déplacement des populations, les virus et les pandémies n’ont plus de frontières comme on a pu le constater fin 2019 début 2020…

Proportion de la population, dans 70 pays, disposant d’installations élémentaires permettant de se laver les mains (2015) – Source OMS/UNICEF 2017

Disponibilité (ou "offre") de l'eau

La problématique de l’eau n’est pas neuve et résulte d’abord d’une "offre" limitée. Certes 70% de la Terre est recouverte d’eau (d’où le surnom de "planète bleue"), mais 97,5% de cette eau est salée car composée essentiellement d’océans et de mers.… L'eau douce ne représente que 2,5% de l’eau présente sur la Terre: environ 1,7% est inaccessible car gelée (glaciers et permafrost); il n’y a donc que 0,8% d’eau potable disponible, dont une bonne partie est de surcroît polluée (sachant que plus de 80% des eaux usées résultant des activités humaines sont déversées dans les rivières ou les mers sans aucune dépollution!). Enfin, des millions de litres d’eau sont gaspillés chaque jour dans des réseaux vétustes mal gérés, disparaissent dans des imprécisions de comptage ou sont consommés sans autorisation (eau détournée des bornes d’incendie par exemple).

Utilisation (ou "demande") de l'eau

Selon Aquastat, l’utilisation de l’eau dans le monde augmente annuellement d’environ 1% depuis les années 80 et cette tendance devrait se poursuivre jusqu’en 2050. La croissance démographique, le développement socio-économique et l’évolution des modes de consommation des pays émergents expliquent principalement cette hausse continue. Par ailleurs les changements climatiques (résultant notamment en sécheresses), les gaz à effet de serre et la déforestation accentuent malheureusement encore le phénomène.

Même si sa part devrait diminuer à l’avenir, l’agriculture est actuellement de loin le plus grand consommateur d’eau (70%) contre 20% pour l’industrie et 10% pour les ménages. Selon toutes ces considérations, les Nations Unies estiment que près de 52% de la population mondiale pourrait avoir à vivre en subissant les effets d’une pénurie d’eau d’ici 2050.

Comment améliorer la gestion durable de l'eau

Avec le double constat d’une "offre" d’eau stable et d’une "demande" en constante augmentation, l’ONU a plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme et a clairement indiqué qu’une hausse majeure des investissements dans l’eau et l’assainissement de celle-ci était nécessaire.

Puisqu’on ne peut augmenter le volume d’eau douce disponible, il faudra optimiser l’utilisation de celle-ci et retraiter un maximum d’eaux usées ou polluées, alors qu’en Europe par exemple une infime partie des eaux usées est retraitée (de 0,6% à 14% selon les pays). Les investissements dans l’eau vont donc être particulièrement le fait de sociétés actives dans:

  • Le traitement des eaux: entreprises qui proposent des services environnementaux et des solutions de captage et d’épuration des eaux usées;
  • Les infrastructures hydrauliques: ces activités recouvrent principalement des équipements divers (pompes, vannes, contrôle du débit, conduites, instruments, réservoirs d’eau, matériel d’irrigation goutte à goutte,…), l’ingénierie et le conseil (gestion des matières premières et matériel d’irrigation); 
  • Les technologies hydrauliques: entreprises qui développent les instruments et les systèmes permettant une gestion de l’eau plus efficace et moins de gaspillage.

Une autre solution sera de transformer l’eau de mer en eau douce par des procédés de désalinisation. Si 9 pays détiennent 60% des ressources naturelles renouvelables d’eau douce du monde (Canada, Chine, Colombie, Pérou, Brésil, Russie, Etats-Unis, Indonésie et Inde) certains pays ou régions n'ont quasi pas de ressources en eau, rendant le dessalement d’eau de mer stratégique (par exemple: Koweït, Bahreïn, Malte, Gaza, Emirats Arabes Unis, Singapour, Jordanie, Lybie). La taille du marché du dessalement de l’eau est estimée à 27 milliards de dollars d’ici 2025.

Selon Global Water Intelligence, la valeur totale du marché mondial de l’eau, estimée à 700 milliards USD en 2017, devrait dépasser les 1.000 milliards USD en 2025. Il faut par ailleurs noter que les sociétés actives dans l’approvisionnement et la gestion de l’eau sont relativement résistantes aux ralentissements économiques, car ces activités ont tendance à être pérennes, y compris pendant les pandémies. Tenant compte d’une demande mondiale croissante en eau potable et saine, alors que celle-ci n’est disponible qu’en quantité limitée sur Terre, investir dans la thématique de l’eau peut donc convenir aux investisseurs cherchant une croissance à moyen/long terme dans un thème voué à jouer un rôle toujours plus important pour l’avenir de l’humanité.

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Cet article d’actualité ne doit pas être considéré comme une recommandation ou un conseil en investissement.

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