Adapter son portefeuille aux secteurs du futur pour que demain ne rime pas avec (dé)passé

L’économie a évolué et va encore évoluer et il en est de même pour les portefeuilles d’investissement. J’aime à répéter qu’au début du siècle passé, un portefeuille d’investissement était surtout composé d’actions de secteurs représentant l’économie de l’époque: des charbonnages, des sociétés pétrolières, des mines d’or, des industries de base, des sociétés coloniales,… Et la plupart de ces sociétés ont disparu ou ont évolué, et ont ainsi été remplacées ou minorisées par d’autres secteurs et d’autres sociétés. Il est donc logique d’adapter son portefeuille à l’évolution de l’économie et des secteurs sous-jacents, sous peine de voir les performances futures de ce portefeuille pâtir de l’inertie au(x) changement(s). S’adapter à ces changements est d’autant plus important qu’on a vu ces derniers mois que la pandémie de Covid-19 a accéléré le développement de certains secteurs et sociétés davantage tournés vers l’avenir et l’innovation, mais a aussi précipité le déclin d’autres…

Quels sont les principaux vecteurs de changements et les grandes tendances du futur?

Le vieillissement de la population va notamment accélérer le développement du secteur des soins de santé (sociétés pharmaceutiques et biotech, équipements médicaux, mais aussi par exemple les sociétés immobilières spécialisées dans ce secteur). Nous avons largement abordé cette thématique dans un webinar que vous pouvez retrouver sur notre site ou sur Youtube. D’ici 30 ans, environ 22% de la population mondiale aura plus de 60 ans et les plus de 80 ans seront environ 160 millions aux États-Unis, Inde et Chine. Si l’espérance de vie augmente régulièrement, la dernière partie de vie est souvent synonyme de problèmes de santé liés à l’âge: 50% des personnes âgées souffrent d’une ou deux maladies chroniques (cancer, ostéoporose, insuffisance cardiaque, arthrite, diabète,…). Et ces problèmes de santé sont souvent aggravés par d’autres facteurs tels que le surpoids et l’obésité (en forte progression selon l’Organisation Mondiale de la Santé) ou le tabagisme et l’alcoolisme… 

Le développement d’Internet et d’applications de plus en plus sophistiquées a engendré une forte croissance de l’e-commerce, du secteur des jeux vidéo, du streaming (ou vidéo à la demande) ou des objets connectés ("internet of things"). Comme on le voit dans le tableau ci-dessous, le commerce via Internet (ou e-commerce) se développe de plus en plus mais ne représente actuellement encore qu’1/5 du commerce total. Cependant le confinement résultant de la pandémie lui a donné un coup d’accélérateur vu que la plupart des magasins étaient fermés durant cette période et les gens confinés chez eux. Beaucoup ont donc découvert ce type d’achats, les autres multipliant les transactions! Mais la croissance de l’e-commerce est actuellement beaucoup plus forte en Chine ou Inde par exemple (2e tableau) que dans les pays occidentaux, il y a donc une grande marge de progression… À noter enfin que l’e-commerce va aussi exiger une logistique accrue et plus efficace favorisant notamment les sociétés immobilières actives dans le secteur des entrepôts ou la robotique par exemple.

Les jeux vidéo sont également un secteur en forte croissance, grâce à Internet mais aussi suite à la portabilité des plateformes (voir tableau ci-contre): les jeux se jouent de plus en plus sur appareils mobiles (smartphones, tablettes, consoles portables). Ainsi un jeu comme Fortnite compte maintenant plus de 350 millions de joueurs dans le monde et le groupe chinois Tencent a enregistré de très bons résultats au 1er trimestre grâce à un bond de la demande pour ses jeux vidéo en ligne en pleine période de confinement. Des compétitions d’e-sport, suivies à la télévision ou via Internet, dopent encore plus ce secteur!

L’Internet des objets connait également un boom sans précédent: alors qu’auparavant seules les personnes étaient connectées, maintenant les objets sont de plus en plus reliés et communiquent entre eux. D’ici 10 ans 125 milliards d’appareils seront connectés à Internet. On voit ainsi l’émergence de "villes intelligentes" (ou smart cities), des voitures autonomes, des usines et des robots connectés, etc. Et l’intelligence artificielle participe aussi à ce mouvement en permettant d’augmenter l’autonomie et la proactivité de ces objets connectés.

La transformation numérique est aussi en train de changer complètement le visage de notre société, que ce soit au niveau des personnes ou des sociétés. Le Covid-19 a donné un élan supplémentaire à cette transformation pour les sociétés actives dans des secteurs comme le cloud (solutions de stockage de données à distance), la vidéo conférence pour le télétravail, les paiements digitaux au détriment de la monnaie papier, les télécommunications, la cybersécurité,... Enfin la numérisation génère un flux de données gigantesque et exponentiel qui est exploité à des fins d’apprentissage et d’optimisation à l’aide de l’intelligence artificielle.

La transition énergétique révolutionne progressivement aussi nos habitudes et ce n’est qu’un début! On va passer progressivement d’un monde dominé par le pétrole et le charbon vers un monde des énergies renouvelables (solaire, éolienne et hydroélectrique). Ceci résulte d’une prise de conscience collective quant au réchauffement climatique et à ses conséquences néfastes, les émissions de CO2 devant être ainsi réduites. Ce mouvement vers des énergies propres est favorisé par des coûts en forte diminution et par des réglementations favorisant les énergies renouvelables, tout en pénalisant l’usage d’énergies fossiles. D’ici 30 ans près de 62% de l’énergie devrait être renouvelable. Le secteur automobile sera ainsi par exemple profondément bouleversé avec le passage vers les véhicules électriques, de même qu’il faudra des investissements importants dans les infrastructures (réseau électrique, stockage, recharges,…)

Il sera donc nécessaire pour l’investisseur proactif d’orienter progressivement son portefeuille vers les secteurs économiques à croissance structurelle plus élevée c’est-à-dire qui misent sur les changements profonds et durables de tendances de consommation et de comportement. Ces secteurs affichent généralement des valorisations plus élevées que la moyenne (ratio cours/bénéfice actuel d’environ 24 contre 20 en moyenne) mais reflétant une croissance bénéficiaire supérieure (15% contre 9% en moyenne) et un bilan plus solide (ratio dettes/fonds propres de 107% contre 150% en moyenne).

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Cet article d’actualité ne doit pas être considéré comme une recommandation ou un conseil en investissement.

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