Le monde en image: Les banques centrales restent à la manœuvre

analist Aandelen&Opties KBC Private Banking&Wealth

Huit mois: cela fait maintenant huit mois que les marchés financiers sont baissiers, soit la période la plus longue depuis 2007-2009. Et l’investisseur n’a connu aucun répit le mois dernier. Les marchés financiers sont entre le marteau et l'enclume et il ne reste plus qu’à attendre de mauvaises données économiques américaines dans l'espoir de voir les banquiers centraux tempérer leur politique de taux d'intérêt rigoureuse. Octobre 2022 aura conjugué données économiques négatives et Bourses dans le vert. Absurde n’est-il pas...

L'inflation reste le mot clé. Des chiffres record nous parviennent du monde entier, ce qui signifie que de nouvelles hausses des taux d'intérêt sont toujours à l’agenda tant de la Réserve fédérale (Fed) que de la Banque centrale européenne (BCE). La question reste de savoir si le rythme des augmentations va se ralentir à l’avenir. Les marchés d'actions semblent d’ores et déjà l’espérer et un nouveau repli a été évité en octobre. Le gaz joue également un rôle à cet égard. Sous l'effet de la douceur des températures en Europe et face à des installations à près de 100% de leurs capacités, son prix du jour est même brièvement devenu négatif ce mois-ci. Si seulement nous pouvions fixer notre contrat d’énergie à ces prix...

Les résultats publiés par les entreprises pour le troisième trimestre soufflent le chaud et le froid. Alors que certaines franchissent aisément la barre, d'autres déçoivent et doivent même revoir leurs attentes à la baisse. La réaction de la Bourse est à l’avenant. Les belles perspectives sont récompensées par de beaux gains quotidiens et les mauvais résultats sont sanctionnés sans pitié. Survival of the fittest... L’investisseur attentif se met progressivement en quête de bonnes affaires.

L'inflation reste sur les radars

C'est sur l’inflation que le FMI a ouvert sa conférence, annonçant dans la foulée un ralentissement de la croissance économique mondiale. Pour l’Allemagne, moteur de l'Europe, le FMI prévoit même une contraction du produit intérieur brut en 2023. L'Italie est logée à la même enseigne. Outre l'inflation, le ralentissement de la croissance en Chine, la guerre en Ukraine et le problème du gaz en Europe jouent évidemment un rôle dans ces projections. Dans ce contexte, le FMI prévoit bien une décélération de l'inflation en Europe dans les années à venir, mais beaucoup moins marquée qu'aux États-Unis, par exemple.

Cela apporte bien entendu de l'eau au moulin de la Fed, qui voit progressivement sa politique de faucon récompensée. Nous attendons cependant toujours un plafonnement de l’inflation. Nous y croirons quand nous le verrons...

graphe: evolution de l'inflation

Anarchy in the UK

Près de 25 000 jours, telle aura été la durée du règne de la reine Elizabeth II. Un contraste saisissant avec les 44 jours au pouvoir de la Première ministre. Les tabloïds se sont déchaînés et ont salué la victoire de la laitue qui a battu la longévité de Liz Truss. Plus sérieusement, les décisions prises par celle-ci et Kwasi Kwarteng (son ministre des Finances) en matière de réduction des impôts ont enfoncé la livre sterling à un niveau historiquement bas par rapport au dollar. L'économie britannique a ainsi été soumise à un solide test de résistance. La Banque d'Angleterre a dû sortir le grand jeu et a ressorti un important programme QE (Quantitative Easing). Début novembre, nous saurons la direction prise par la Banque d'Angleterre.

Nous avons déjà un nouveau Premier ministre, Rishi Sunak, le premier chef de gouvernement d’origine indienne. Le grand favori des bookmakers l’a emporté sur Penny Mordaunt et devrait sortir le parti conservateur de la tourmente. Le nom de Boris Johnson avait même été évoqué à un moment donné pour succéder à Liz Truss. BoJo a toutefois semble-t-il moins de vies que le chat du 10 Downing Street et s'est retiré de la course.

Xi Jinping est reconduit pour un troisième mandat

Le congrès du parti chinois a apporté le résultat attendu, Xi Jinping se succédant à lui-même pour un troisième mandat. Pas de surprises et pourtant, Xi a affolé les marchés par ses déclarations fracassantes. Le maintien de la politique zéro Covid, une nouvelle redistribution des richesses et un nouveau tour de vis réglementaire pour les entreprises qui sortent des clous: le tableau n’est guère réjouissant pour le marché libre.

Les marchés d’actions ont fortement baissé après une semaine de congé et le yuan a atteint son plus bas niveau en 15 ans par rapport à la toute-puissance du dollar. Le marché résidentiel chinois reste également fragile, avec des prix des logements en baisse depuis cinq mois d’affilée. Le spectre d'une véritable crise de la dette n’est donc certainement pas encore écarté.

Et à cela s'ajoute maintenant une réglementation supplémentaire pour le secteur des puces. Une série de contrôles des exportations annoncée par le président Biden compliquerait l'accès de la Chine à une partie du marché des semi-conducteurs. La Bourse technologique chinoise a viré au vert foncé, mais en Chine, le vert est malheureusement la couleur utilisée pour désigner les pertes...

Malgré les fortes hausses de taux d'intérêt, les marchés obligataires ont surperformé le mois dernier.

Tant les obligations d'État sûres que les obligations d'entreprises ont été en grande forme. Les taux d'intérêt ont fortement baissé, les credit spreads se sont resserrés. Ainsi, le taux américain à 10 ans est déjà inférieur de 75 points de base au pic du mois dernier et le taux allemand de près d'un point de pourcentage. Mais les obligations d'entreprises, plus risquées, ont également été prisées. Ainsi, les credit spreads sur les obligations d'entreprises européennes à haut rendement ont baissé de 60 points de base le mois dernier et les spreads américains de 90 points de base. Très étrange dans un climat économique difficile.

Des chiffres mitigés pour le troisième trimestre

Durant la solide année boursière 2021, à peu près tout ce dans quoi les investisseurs avaient investi faisait mouche. Le ciel semblait être la limite et les résultats des entreprises n’inquiétaient personne. Le changement de ton est évident cette année. Les entreprises qui surprennent positivement et, surtout, dont les prévisions restent inchangées s’envolent. Les entreprises qui passent sous la barre paient le prix fort.

La Big Tech a largement déçu ce trimestre. Microsoft, Meta, Alphabet, Tesla, Snap nous ont frustrés en cette saison de résultats. Les actions de valeur ont en tout cas fait beaucoup mieux que les actions de croissance. Des valeurs établies telles que Bank of America, Nestlé, Coca-Cola ou AB InBev, entre autres, ont fait mieux que prévu. Les actions défensives, mais de qualité et dotées d'un pouvoir de fixation des prix, semblent aujourd’hui l’emporter sur les marchés. À titre d’illustration, le Dow Jones a progressé d'environ 10% le mois dernier, alors que le Nasdaq a fait du surplace. L'Europe balance au milieu, avec un gain mensuel d'environ 7% et les Bourses de l’Est sont clairement sorties du lot. La Chine a connu un sérieux coup de pompe et a reculé de 13% le mois dernier.

Les marchés obligataires continuent également à souffler le chaud et le froid

Le mois dernier, les marchés obligataires ont surtout guetté les interventions des banques centrales. Et là aussi, nous constatons de grandes différences entre les régions. Le Japon a fortement soutenu le yen, mais n'a pas pu l'empêcher de tomber à un niveau historiquement bas par rapport au dollar. Le seuil magique des 150 yens pour un dollar a été franchi. La Banque centrale hongroise a dû mettre le paquet face à l’accélération de l'inflation (déjà supérieure à 20%).  Elle avait pourtant annoncé en septembre que la hausse de 125 points de base des taux d'intérêt à 13% serait la dernière.

Et si vous pensiez que les kamikazes ne se rencontraient qu’au Royaume-Uni, sachez que les taux d'intérêt ont encore baissé en Turquie. Sous la houlette du président Erdogan, ils sont passés de 12% à 11% et ce, malgré une inflation astronomique de plus de 83% et une monnaie qui a encore perdu 27% de sa valeur depuis le début de l'année. C’est ce qui s’appelle obstiner.

Mais il peut aussi en aller autrement. Les monnaies latino-américaines comme le peso mexicain ou le real brésilien se portent très bien. L'inflation n'est pas un phénomène très ancien dans ces pays et les décideurs interviennent plus rapidement et plus énergiquement dès que le seuil de risque de 5% est atteint. Les taux directeurs réels y sont donc positifs et nous y assistons déjà à un renversement de la dynamique de l'inflation. Relever les taux d'intérêt plus rapidement et davantage que la Fed semble donc être la recette du succès pour défendre une monnaie.

Et puis vient la BCE aux allures de tortillard. Une augmentation fraîchement annoncée de 75 points de base double le taux directeur à 1,50%. Applaudissements sur tous les bancs pour l'ajustement attendu mais cela s’arrête là. Les décisions relatives à l'assouplissement quantitatif ont été reportées à décembre et de nouvelles hausses n'ont pas non plus été fixées. Christine Lagarde préfère suivre l’évolution de près et intervenir rapidement si nécessaire. Petit à petit, l’oiseau fait son nid...

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