Le monde en images: C’est déjà l'hiver sur les marchés financiers

analist Aandelen&Opties KBC Private Banking&Wealth

Il reste peu de chose de l’espoir d’une embellie qui prévalait au début de l'été. Le rally estival reposait en effet surtout sur l'anticipation de voir les relèvements de taux des banques centrales n’être que de courte durée. Et les résultats du deuxième trimestre n'étaient finalement pas si mauvais. Entre-temps, la plupart des indices sont revenus à des niveaux proches de leur plancher du début de l'année. Une politique monétaire stricte et une probabilité élevée de récession préoccupent les investisseurs. Les banquiers centraux sont prêts à aller très loin, quels que soient les dégâts sur le marché boursier. À la veille de la saison des résultats du troisième trimestre, nous craignons l’impact sur les bénéfices et surtout l’ampleur des révisions à la baisse pour le trimestre et l'an prochains.

Entre-temps, rien ne va plus en Bourse. Wall Street a connu l'un des pires mois de septembre depuis 20 ans. Une inflation élevée, la hausse des taux d'intérêt et les craintes de récession forment un cocktail explosif qui mine le sentiment. Wall Street a accusé trois baisses trimestrielles consécutives. Il s'agit là de la plus longue série de pertes pour le S&P et le Nasdaq depuis l'horrible année 2008 et la plus longue baisse trimestrielle pour le Dow Jones en sept ans. Certaines actions s’échangent à prix sacrifiés et les acheteurs se font rares. Un gourou de la Bourse comme Warren Buffett, s'il est fidèle à sa sagesse boursière, pourra cependant faire des affaires: ‘Be fearful when others are greedy and be greedy when others are fearful’. Si personne ne veut d'une action ou n'ose s’engager sur le marché, osez acheter. 

Tableau

Les banques centrales durcissent le ton

Une Réserve fédérale unanimement très agressive a augmenté ses taux de 75 points de base et a en une fois relevé ses prévisions de nouvelles hausses de taux. Son taux directeur pourrait se diriger vers 4,4% cette année. La croissance est sacrifiée pour maîtriser l’inflation. Et cela pourra aller jusqu’à la récession si tel est le prix à payer.

La Réserve fédérale et la Banque centrale européenne monopolisent généralement l’inflation, mais dans d'autres pays également, tout le monde est sur le pont pour combattre l'inflation. Même en Suisse, l'inflation enregistre son plus haut niveau depuis 30 ans. La Banque nationale suisse a relevé son taux directeur de 75 points de base: celui-ci passe à 0,50% et quitte ainsi le territoire négatif pour la première fois depuis 2011. La Turquie reste une exception: elle combat une inflation de 80% en abaissant les taux! Recep Erdogan est décidément insondable...

Les consommateurs sont en difficulté

Si l'impact est resté limité jusqu’ici, les consommateurs commencent à payer les pots cassés. En Belgique, la confiance des consommateurs est tombée à son plus bas niveau depuis 1985. L'augmentation ininterrompue des prix de l'énergie, les hausses de prix dans les supermarchés et l'incertitude géopolitique en sont les principaux responsables. Pour la première fois, l’inflation européenne s’écrit désormais aussi à deux chiffres.

La plupart des données économiques sont médiocres à très médiocres. En Allemagne, l'indice Ifo du climat des affaires a chuté beaucoup plus que prévu pour s’établir à 84 points en septembre et la récession n'est plus très loin. La confiance des entreprises belges a chuté à son plus bas niveau depuis 2020 et cela s’est particulièrement ressenti dans le secteur du commerce de détail.

Aux États-Unis, les prix des logements restent trop élevés. Un taux hypothécaire d'environ 6,75% pour une hypothèque fixe sur 20 ans jouera ici probablement un rôle.

Graphique d'illustration

‘Kami-Kwasi’ fait chuter la livre sterling

Le décès de la reine Elizabeth le mois dernier a provoqué une onde de choc au Royaume-Uni. La nouvelle Première ministre Liz Truss a donc fait une entrée peu remarquée, mais elle s'est largement rattrapée ces derniers jours. Elle aussi a droit à une onde de choc. Avec le ministre britannique des Finances, Kwasi Kwarteng, elle a présenté un plan de relance fiscal financé par la dette. La réaction des marchés ne s’est pas fait attendre. Le ministre des Finances a aussitôt été surnommé Kami-Kwasi.  Une opération kamikaze, en quelque sorte. Liz Truss s’inspire volontiers de Margaret Thatcher. Pour elle, les réductions d'impôts sont surtout nécessaires pour les classes les plus riches. Elle croit en la théorie du ruissellement ('trickle down economics'), selon laquelle les plus pauvres profiteraient des réductions d'impôts accordées aux plus riches, une théorie rejetée par la plupart des économistes.

La confiance des marchés est tombée à un plancher, la livre sterling s'est effondrée et la Banque d'Angleterre n'a eu d'autre choix que d'intervenir pour assurer la stabilité financière. Ainsi, la Banque d’Angleterre va acheter pour des milliards en obligations d'État jusqu'à la mi-octobre. Le coût est estimé à 65 milliards de livres sterling. Liz Truss continue cependant à défendre les réformes, bien que le virage qu'elle a amorcé début octobre soit maintenant nettement moins serré. Même le FMI a rappelé le Royaume-Uni à l’ordre.

L’espoir d’un peu de calme sur le front politique après la démission de Boris Johnson semble être vain. L'hiver promet d'être chaud outre-Manche. Tout au moins au sens figuré.

Graphique d'illustration
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L'OPEP+ va (probablement) réduire sa production

Entre-temps, le prix du pétrole est inférieur de près de 30% à son sommet, mais à la pompe, cela ne se voit guère pour l'instant. La vigueur du dollar y est bien entendu pour quelque chose. Face à une économie mondiale en perte de vitesse et aux craintes de récession, la demande de pétrole devrait en principe diminuer et, logiquement, une nouvelle baisse de prix devrait suivre. Les pays producteurs de pétrole préféreraient cependant maintenir les niveaux actuels pendant un certain temps encore, la solution étant alors en effet de réduire la production. L'OPEP+, c'est-à-dire tous les membres de l'OPEP plus la Russie, se réunit à Vienne. Une réduction de la production de 500.000 à 1 million de barils est sur la table.

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De lourdes pertes sur les marchés obligataires

Le mois de septembre a été très difficile pour les marchés obligataires. Face aux nouveaux pics d'inflation, les banques centrales ne modifient pas leur discours pour le moment: la lutte contre l'inflation par des hausses de taux agressives reste la priorité numéro un. Que cela asphyxie la croissance économique importe peu pour le moment.

Le contexte n’est guère attrayant pour les marchés obligataires et boursiers.

Les cours des obligations d'État et des obligations d'entreprises ont fortement baissé le mois dernier. La Banque centrale européenne et la Réserve fédérale ont toutes deux relevé leur taux de base de 75 points de base. Pour la BCE, une augmentation aussi importante est une première depuis sa création. Dans le même temps, il a été annoncé que le resserrement de la politique monétaire serait prolongé à l'avenir.

Le résultat est qu'aux États-Unis et en Europe, les taux à 10 ans ont grimpé de 50 points de base le mois dernier. Dans certains pays de la zone euro, les taux d'intérêt ont augmenté encore plus fortement. L'Italie a vu son taux bondir de 60 points de base en raison des tensions politiques et de la victoire électorale de l'extrême droite.

Les taux des emprunts d'État à deux ans ont cependant augmenté encore plus rapidement, ce qui a entraîné un aplatissement des courbes de taux. Aux États-Unis, la courbe des taux est négative depuis un certain temps: les taux à court terme y sont plus élevés que les taux à long terme.

Le Royaume-Uni a été le marché obligataire le plus volatil le mois dernier. Le nouveau gouvernement de la Première ministre Liz Truss a créé la surprise en annonçant une réduction d’impôts considérable visant à aider les ménages et les entreprises à maintenir leur revenu disponible à niveau. Dans le même temps, la Banque d'Angleterre a tenté de freiner la demande/l'inflation en augmentant ses taux d'intérêt.  Les divergences de vues entre les autorités monétaires et fiscales engendrent la nervosité sur le marché. Le taux à 10 ans a bondi de 100 points de base en 1 jour. Pour calmer les marchés, le gouvernement britannique a renoncé à une partie de ses projets. La tranche d'imposition la plus élevée - 45% - sera donc maintenue.

Les obligations d'entreprises ont également été sous pression en septembre. Les écarts de crédit, tant sur les obligations investment grade que sur les obligations high yield plus risquées, se sont creusés. Les titres à haut rendement ont particulièrement souffert le mois dernier. Les craintes d'un refroidissement de la croissance économique et/ou d'une récession n'y sont bien entendu pas étrangères. Les écarts de crédit pour ce type d'obligations se sont élargis d'environ 50 points de base. Le différentiel de taux d'intérêt avec les obligations d'État sûres atteint déjà 630 points de base dans la zone euro et 550 points de base aux États-Unis. Le secteur de l'immobilier a été particulièrement mis sous pression.

Sur le plan des devises, le dollar connaît une période faste. L’intense volatilité des marchés et la politique de fermeté de la Réserve fédérale lui donnent des ailes. Par rapport à l'euro, le dollar s'est déjà apprécié de 14,5% cette année.

Ce mois-ci, le prix de la plus grande volatilité revient clairement à la livre sterling, dont l’effondrement s’explique par les difficultés budgétaires et monétaires.

La politique monétaire accommodante du Japon a amené le yen à s’échanger à son plus bas niveau par rapport au dollar depuis 20 ans. La faiblesse du yen a incité la Banque centrale du Japon à intervenir sur le marché des changes pour le soutenir.

Graphique d'illustration

Stratégie d'investissement CBC

Plusieurs raisons nous poussent à réduire légèrement notre forte sous-pondération en actions.

Les principales raisons de ce mouvement tactique sont les suivantes:

  • l'économie est plus résiliente aux États-Unis qu’en Europe, où une récession est sans doute inévitable;
  • les résultats du troisième trimestre ne devraient pas déboucher sur la capitulation redoutée;
  • les relèvements de taux des banques centrales mentionnés plus haut sont déjà largement incorporés par le marché.

Un nouveau rally baissier n'est donc pas à exclure. Nous restons cependant sous-pondérés par rapport à notre indice de référence.

Allocations régionales et sectorielles

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