Quelles questions domineront l’investissement en 2022 et après? (Partie 2)

La résurgence de l’inflation en 2022 a réveillé les craintes d’un retour aux années 70 et sa fameuse Stagflation – stagnation de la croissance et forte hausse des prix. Les Banques Centrales semblent avoir perdu le contrôle de cette inflation et s’être enfermées dans une politique de taux bas pour favoriser le financement des dettes publiques (La BCE et la FED détiennent +/- 30% de la dette de leurs états). Pourtant, elles sont supposées être indépendantes du pouvoir politique.

Graphique 1 : Indices d’inflation aux USA depuis 1960
Graphique 1 : Indices d’inflation aux USA depuis 1960

Heureusement, après un moment d’hésitation, les Banques Centrales ont repris leurs responsabilités de stabiliser les prix dans nos économies. Les hausses de taux se multiplient dans les pays développés et l’ampleur des mouvements à chaque réunion aussi : Canada +1%, USA +0.75%, Suisse +0.5%, etc… La BCE s’est joint à ce mouvement avec une 1ère hausse de 0.50% en juillet.

Avec ces actions, il est fort probable que l’inflation redescendra vers des niveaux plus acceptable. Mais il est également fort probable que le taux d’inflation à venir ne sera pas aussi bas et stable que ce que nous avons connu dans les années 90. Comme nous l’écrivions dans l’article précédent (Part I), les attentes d’inflation qui se trouvent dans les marchés sont de l’ordre de 2.5%-3% en Europe et aux USA soit légèrement plus élevé que par le passé.

Les nombreux signes d’inflation n’ont pas été transmis au travers de demandes de hausses salariales fortes comme ce fut le cas dans les années 70. A l’époque du 1er choc pétrolier, les entreprises avaient pris sur elles d’augmenter les salaires pour suivre la hausse du coût de la vie (avec une forte insistance des états par l’indexation salariale qui était plus répandue qu’aujourd’hui). Ensuite, lorsque la FED a provoqué la récession du début des années 80 par une remontée des taux pour casser cette inflation, les Etats ont pris le relais pour assurer le pouvoir d’achat des consommateurs  par l’augmentation de la dette étatique. Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans ce cadre. L’inflation provient des goulets d’étranglement dû au Covid, à la politique zéro Covid en Chine (atelier du monde) et à l’invasion de l’Ukraine qui ont fait monter les prix des matières premières. Ces facteurs commencent à se dissiper et l’inflation redescendra à des niveaux plus acceptable. Mais il ne faut pas oublier que l’inflation dépend aussi surtout des politiques économiques et donc il s’agit d’un choix politique. La régionalisation de la globalisation avec des chaines de productions et de logistique plus courtes marquera la fin de la désinflation débutée dans les années 90. La revalorisation des salaires par une répartition de la valeur ajoutée différente qu’actuellement marquera aussi la fin de la désinflation. Ces différentes observations ne signifient pas que nous aurons une inflation à 2 chiffres pour la décennie à venir. Espérons simplement que les politiques aient appris les leçons des années 70 et de sa forte inflation.

Mais ces deux dernières années n’ont pas seulement vu une résurgence d’une inflation forte, elles nous ont apportés deux "moments générationnels": la pandémie et la guerre.

Ces deux événements auront des impacts économiques et sociétaux importants.

Primo, la révélation d’autocraties affirmées (Chine, Russie, etc…) qui contestent

  • le leadership américain ouvertement ainsi que la sociale démocratie européenne
  • le libre-échange de l’après chute du mur de Berlin.

Secundo, l’accélération de la transition énergétique "verte" et l’opportunité de reconstruire des chaînes logistiques plus proches tant pour les entreprises que pour les états pour assurer leurs devoirs régaliens.  

Ces 2 tendances auront des conséquences sur les politiques fiscales des pays développés qui se caractériseront  par une hausse de prélèvements mieux ciblés (?) combinés à un endettement toujours aussi important.

En conclusion, les hausses de taux des Banques Centrales amèneront inévitablement une contraction de la demande ce qui signifie une récession plus que probable. Cette année 2022 est certainement un réveil à la réalité d’une "Nouvelle Normalité" d’inflation plus élevée où les niveaux d’équilibre des prix et de l’emploi sont redéfinis. Cette "Nouvelle Normalité" demandera des ajustements des politiques monétaires. Au niveau des investissements, il est intéressant de regarder la répartition du return entre le dividende et la plus-value durant les décennies passées. Les décennies d’après-guerre WWII où l’inflation montait sont les années 60 et 70. On constate que la part du dividende dans le return de la bourse est essentiel à ces périodes.

Graphique 2 : Rendement du S&P 500 : dividende et plus-value.
Graphique 2 : Rendement du S&P 500 : dividende et plus-value.

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