Le monde en images: And the band plays on…

analist Aandelen&Opties KBC Private Banking&Wealth

Vous vous souvenez certainement de l'orchestre du Titanic qui avait continué à jouer pendant le naufrage. L'orchestre qui animait la Bourse depuis plusieurs années s'est lui aussi arrêté soudainement. Avant de reprendre. Plus vite que prévu. Contrairement au Titanic, il est ici une certitude: même si la musique s'interrompt pendant un certain temps, les investisseurs reviennent (heureusement) toujours.

La guerre, ou la crise pour certains, la hausse des taux d'intérêt, une récession ou pas aux États-Unis, les prix astronomiques de l'énergie qui provoquent à leur tour une inflation sans précédent, la Chine qui continue à se débattre avec son économie et avec la Covid, les problèmes d'approvisionnement dans tous les secteurs, une crise des réfugiés, etc.: le tableau n'a vraiment rien de réjouissant. Mais voilà, les Bourses dépassent déjà leur niveau antérieur à l'invasion de l'Ukraine. Les manuels d'économie ne conseillent-ils pas de les éviter dans un contexte de hausse des taux et de (crainte de) récession et de se réfugier dans l'or en période de tensions géopolitiques?

Les Bourses sont donc en mode de redressement. Le dollar et le franc suisse ont bénéficié des tensions sur le marché. L'or a progressé de 6% depuis le début de l'année, mais sa hausse est en fin de compte assez limitée.

Les marchés sont insondables. Ou - et la formule est peut-être mieux choisie - la psychologie de l'investisseur est impénétrable, ainsi que les dernières semaines l'ont une fois de plus démontré. L'investisseur qui a jeté l'éponge au début de 2020 et qui a manqué un redressement rapide ne souhaite probablement pas prendre à nouveau ce risque, une reprise en V devant à nouveau se produire.

En mars, les Bourses ont pu éponger une bonne partie des pertes subies en début d'année. La technologie est il est vrai toujours à la traîne. Cela explique également le retard de l'indice néerlandais AEX avec quelques grands acteurs technologiques dans les rangs européens.

Faut-il encore s'en étonner? Une fois de plus, les États-Unis font mieux que l'Europe. Le Dow Jones a presque sorti la tête de l'eau. Et notre BEL 20 ne fait pas partie des cancres: il a perdu 3,5% depuis le 1er janvier et il signe même en mars la meilleure performance de la classe européenne (derrière le Portugal). Et le gagnant du mois? La Bourse brésilienne, dont le cours en euros a déjà progressé de 36% par rapport au début de l'année. Cette hausse est entièrement attribuable à la flambée des prix des matières premières. La Bourse d'Ankara tient également la forme ces jours-ci, abstraction faite des performances de l'année dernière.

Le pétrole reste volatil ces derniers temps. Maintenant que les États-Unis vont puiser dans leurs réserves stratégiques, le prix de l'or noir a quelque peu baissé. Depuis le début de l'année, le baril de Brent a augmenté de 44%.

Tableau d'illustration

Une économie européenne vigoureuse

Malgré l'impact du conflit en Ukraine, l'économie européenne résiste bien jusqu'ici. Les indicateurs économiques restent synonymes d'expansion. Le secteur des services est cependant moins touché que l'industrie. Celle-ci est confrontée, entre autres, à des problèmes d'approvisionnement. Les confinements en Chine jouent également un rôle. Le secteur des services a quant à lui bénéficié de la levée quasi totale des restrictions liées à la Covid.

L'inflation reste une préoccupation majeure. Les entreprises n'ont d'autre choix que de répercuter sur le consommateur l'augmentation des prix des matières premières, de l'énergie et des coûts salariaux. Les prévisions d'inflation continuent d'augmenter. Les entreprises n'hésitent pas à commander maintenant ce dont elles n'auront besoin qu'à l'avenir. Elles craignent donc de nouvelles hausses de prix à court terme. 

Graphique: sentiment économique dans la zone euro 2012-2021

Des temps difficiles pour la Chine

La Chine se trouve dans une position difficile ces jours-ci. Elle ne prend pas ouvertement parti pour Vladimir Poutine, mais elle ne le condamne pas non plus car offrir son aide à la Russie contrarierait trop l'Occident. Son économie traverse une zone de turbulences et se passerait donc bien de sanctions occidentales. La Chine va par conséquent continuer à défendre un accord politique.

L'économie chinoise a en effet connu des jours meilleurs. Alors que dans le reste du monde, la Covid ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir - touchons du bois -, la situation en Chine nous rappelle le printemps 2020. Plusieurs villes sont placées en confinement. Combien de temps la Chine pourra-t-elle continuer comme ça? L'impact économique est en effet important. Pour l'instant, la Chine ne semble pas vouloir renoncer à sa politique zéro Covid. De plus en plus, le Chinois moyen commence à manifester son mécontentement.

La Chine est l'un des rares pays qui assouplissent leur politique monétaire, alors que plusieurs grandes économies, comme les États-Unis, doivent resserrer la leur. L'inflation n'y a que peu ou pas dérapé. Le pays est cependant confronté à un difficile exercice d'équilibre. Des mesures de relance excessives pourraient y engendrer une nouvelle bulle immobilière. La Chine va donc maintenir les mesures de relance, mais avec la main sur le frein.

Le marché boursier chinois a essuyé de sérieux revers au premier trimestre. Les entreprises technologiques ont été dans l'œil du cyclone. La fièvre régulatrice est soudainement réapparue avec de sérieux revers pour la technologie. À cela s'est encore ajoutée la crainte d'un retrait de la cote de plusieurs géants technologiques à Wall Street. À un moment donné, les autorités financières chinoises ont également trouvé que cela allait trop loin et ont calmé les marchés le 16 mars. Leur message: elles mettront tout en œuvre pour préserver la stabilité des marchés et s'attaquer aux risques du marché immobilier. De son côté, le vice-Premier ministre a annoncé des mesures supplémentaires pour relancer l'économie. L'indice HStech a aussitôt bondi de 16%. 

Graphique d'illustration

Et notre petit pays?

L'inflation s'était déjà fortement accélérée avant l'éclatement du conflit et la situation ne s'est pas améliorée ces dernières semaines. Même si nos importations de gaz russe sont limitées, le coût de l'énergie s'envole et les ménages belges sont durement touchés. Une facture énergétique plus élevée va inévitablement peser sur la consommation. Les habitudes de consommation changent déjà. Si le conflit se prolonge, les gens épargneront encore davantage et consommeront moins. L'impact sur les entreprises est également considérable. La hausse des salaires va handicaper la compétitivité et ébranler la confiance et pourrait entraîner le report, voire l'annulation, des investissements.

Nos économistes s'attendent à un coup dur pour la croissance du PIB, mais pensent néanmoins que la reprise va se poursuivre. Le pire de la Covid est - pour l'instant en tout cas - derrière nous et l'économie va en profiter. Le marché du travail tient la forme en Belgique avec des créations d'emplois supplémentaires. Le gouvernement a entre-temps pris des mesures pour alléger la facture énergétique des ménages. La croissance du PIB a cependant été révisée à 2,1% en 2022 et à 1,4% en 2023. Les risques baissiers demeurent. L'inflation a continué à s'accélérer en février.

Graphique d'illustration

Marchés à revenu fixe

L'inflation élevée associée à la crainte d'un ralentissement de la croissance consécutif à la guerre entre l'Ukraine et la Russie a donné bien du souci aux banques centrales le mois dernier. Pour l'instant, les indicateurs de confiance, tant aux États-Unis que dans la zone euro, semblent bien résister, de sorte que l'accent repose maintenant sur la lutte contre l'inflation par un resserrement de la politique monétaire.

La Réserve fédérale américaine a relevé son taux directeur de 25 points de base au début du mois, mais elle a déclaré simultanément que de futures augmentations de 50 points de base n'étaient pas exclues. Le durcissement de son discours a pour conséquence que le marché escompte 8 à 9 hausses supplémentaires, de sorte qu'à la fin du cycle des taux en 2023, il table déjà sur 3%.

La courbe des taux américaine s'est aplatie. Le mois dernier, le taux des emprunts d'État à 2, 5 et 10 ans a augmenté de 97, 87 et 67 points de base, respectivement. Le différentiel entre les taux à 2 ans et à 10 ans n'est que de 8 points de base. Une courbe de rendement négative (taux à 2 ans supérieur au taux à 10 ans) est considérée sur le marché comme l'indicateur d'une récession économique imminente.

La zone euro est elle aussi confrontée à une inflation excessive et, ici aussi, les banquiers centraux commencent à s'agiter. Cette année, le marché prévoit déjà deux hausses des taux, ce qui signifie que la fin des taux directeurs négatifs se profile lentement.

Le taux allemand à 10 ans a augmenté de 50 points de base en mars et s'établit désormais à 0,62%. Contrairement aux États-Unis, les différents repères sur la courbe ont augmenté de manière plus homogène.

Les taux des pays périphériques ont augmenté moins rapidement, de sorte que le différentiel de taux d'intérêt entre l'Allemagne et des pays comme l'Italie et l'Espagne s'est quelque peu resserré.

La situation est légèrement différente en ce qui concerne les obligations d'entreprises. Celles-ci ont profité de l'amélioration du sentiment du marché. L'espoir d'une désescalade du conflit militaire entre l'Ukraine et la Russie a conduit les investisseurs à se tourner vers les actifs plus risqués dans la gamme des titres à revenu fixe. Les différentiels de crédit sur les obligations tant de qualité que de pacotille se sont resserrés le mois dernier.

Tant que les craintes d'un ralentissement de la croissance économique ne se traduisent pas dans les données économiques dures, les obligations d'entreprises conservent la faveur des investisseurs. Des nuages assombrissent toutefois progressivement l'horizon économique de nombreux pays occidentaux. Les problèmes persistants dans les chaînes d'approvisionnement, les augmentations de prix difficiles à répercuter sur le consommateur final et la hausse des taux directeurs constituent un cocktail économique potentiellement dangereux. La volatilité des marchés devrait rester très élevée dans les semaines et les mois à venir, ce qui rendra les actifs à risque vulnérables aux prises de bénéfices et aux corrections.

Graphique d'illustration

En ce qui concerne les devises, le rouble est sorti du lot. Après sa dépréciation marquée de la fin février, il s'est redressé de manière spectaculaire. La politique monétaire orthodoxe stricte, les obligations de réserves imposées par la banque centrale et l'exigence de Vladimir Poutine de payer les livraisons de pétrole en roubles ont permis à la monnaie russe de franchir à nouveau le cap des 100 RUB par EUR.

Les monnaies de quelques pays d'Europe orientales se sont également appréciées très rapidement, la couronne tchèque en étant l'illustration.

Le dollar s'est renforcé à 1,10 USD par EUR. Les pays entretenant des liens étroits avec les marchés des matières premières (AUD, NOK, CAD) ont également profité du mouvement de hausse de ces marchés.

Graphique d'illustration

Allocation des actifs

Les signaux positifs à l'issue des négociations entre la Russie et l'Ukraine ouvrent de meilleures perspectives. Nous allouons un positionnement neutre à la composante actions.

Nous allons par conséquent nous recentrer davantage sur les indicateurs économiques et autres.

  • Malgré la perte de pouvoir d'achat des consommateurs, les données récentes (telles que le PMI) indiquent que la croissance économique s'affaiblit, mais ne s'arrête pas.
  • Les autorités sont conscientes du danger et le portefeuille fiscal est rouvert (chèques énergie, augmentation des budgets consacrés à la défense, efforts supplémentaires pour la transition énergétique).
  • Les prix des matières premières augmentent fortement en raison de la crise, mais l'énergie semble s'être quelque peu stabilisée au cours des deux dernières semaines.
  • Le pic d'inflation n'a pas encore été atteint. Les banques centrales n'ont pas d'autre choix que d'ajuster leur politique monétaire plus rapidement et elles sont très claires à ce sujet.
  • Cela dope les taux à long terme et pèse sur les rendements obligataires. Les actions sont mieux armées pour résister à cette pression sur les prix.

 

Au sein de l'allocation sectorielle, la technologie est ramenée à un positionnement neutre (après une légère surpondération). Nous nous tournons de plus en plus vers le secteur défensif de la santé, moins sensible à la croissance et à l'inflation. Ce secteur passe d'un positionnement neutre à une légère surpondération.

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Disclaimer

La présente publication est une interprétation générale de la situation économique actuelle et ne peut être considérée comme un conseil en investissement, une recommandation d’investissement dans les instruments financiers décrits ou une proposition de stratégie d’investissement. 

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