Correction sur les marchés financiers: restons calme!

Une plus grande volatilité était l’une des perspectives 2022 pour les marchés financiers. Les raisons étaient, d’une part,  l'incertitude concernant le nouveau variant Omicron, et d’autre part, l'attitude des banques centrales pour lutter contre la hausse de l'inflation. Les premières semaines de l’année n'ont clairement pas suivi le chemin de 2021. Cette situation s'explique également par la montée des tensions géopolitiques entre la Russie et l'Ukraine et le faible démarrage des résultats des entreprises au quatrième trimestre.  

Principales raisons de la correction actuelle:

  • Politique monétaire: la Fed a clairement changé son fusil d'épaule. Nous attendons 4 hausses de taux en 2022 et probablement un début de réduction du bilan. En soi, ce n’est pas une mauvaise nouvelle ; au contraire, nous y voyons la confirmation que l'économie américaine a atteint sa pleine capacité et qu'elle peut cesser d'être sous perfusion monétaire. Nous ne partageons donc pas la crainte que la banque centrale américaine doive resserrer sa politique pour combattre le fantôme de l'inflation. Le pic d'inflation sera très probablement atteint dans les prochains mois et une fois passé, la pression sur la banque centrale s'atténuera également. Nous attendons maintenant la réunion de la FED de ce 26 janvier 2022.
  • Tensions géopolitiques: le renforcement militaire aux frontières de l'Ukraine et de la Russie entraîne une hausse des prix de l'énergie. Toutefois, l'histoire montre que les pics des prix de l'énergie dus aux tensions géopolitiques sont souvent de courte durée. L’effet d’une hausse temporaire de l'inflation ne modifiera pas l'attitude des banques centrales.
  • Résultats du quatrième trimestre 2021: la publication des résultats vient de commencer et ils nous réservent quelques bonnes surprises. Nous notons toutefois qu'un certain nombre d'entreprises ont revu leurs perspectives à la baisse, en raison de la hausse des coûts due, entre autres, à des pénuries de main-d'œuvre et à la pression sur les salaires. Toutefois, les indicateurs de confiance confirment toujours de bonnes perspectives économiques, avec une croissance des bénéfices par action de 7% pour 2022 pour l'indice mondial (encore facilement réalisable), laissant une marge pour des surprises positives.   
  • Omicron: le nombre d'infections atteint un niveau élevé et les admissions à l'hôpital augmentent, mais le tableau général est qu’Omicron est généralement moins pathogène. La situation varie d'un pays à l'autre, mais dans certains pays, les taux d'infection semblent déjà avoir atteint leur sommet. Les autres pourraient bientôt suivre. Nous ne prévoyons pas d'autres confinements plus sévères. Une fois le pic passé, des assouplissements seront possibles.  

Clarifications à propos du conflit entre la Russie et l'Ukraine

Ces derniers jours, vous avez été nombreux à nous questionner sur notre perception au sujet de la montée des tensions entre la Russie et l'Ukraine. Certes, nous n'avons pas de boule de cristal et nous ne pouvons pas deviner les pensées des dirigeants du monde. Mais voici nos réflexions sur le sujet:

Que gagnerait la Russie en cas d’escalade?

  • Une adhésion rapide de l'Ukraine à l'OTAN (que la Russie ne souhaite absolument pas car elle veut créer une zone tampon avec l'Occident) ne semble pas être une option.
  • Une invasion de l'Ukraine pourrait renforcer le statut d'État tampon du pays, mais le prix à payer est élevé: 
    • Des sanctions porteraient préjudice à l'économie russe (qui n'est déjà pas brillante) et saperaient le soutien du public et des oligarques au régime.  
    • Une guerre et une occupation coûteraient de l'argent et peut-être des vies humaines (il est frappant de constater que la presse, contrôlée par l'État en Russie, n'accorde que peu ou pas d'attention au conflit)
    • Le jeu subtil consistant à monter les dirigeants européens et américains les uns contre les autres devient plus difficile lorsqu'un ennemi commun renforce les liens. Une nouvelle concentration d'armement par l'OTAN en Europe et une extension à d'autres pays (Finlande? Suède?) sont probables. La Russie devrait alors riposter 
    • À court terme, une invasion et des sanctions pourraient entraîner une hausse substantielle des prix de l'énergie, ce qui gonflerait les caisses de la Russie, mais à long terme, elles accéléreraient probablement la transition énergétique en Europe occidentale, ce qui dévaloriserait les importantes réserves énergétiques du pays.

Et si les choses s'aggravent quand même?

Les sanctions contre la Russie sont la réponse logique:

  • L'impact direct de ces sanctions sur les économies occidentales sera très limité. Au sein de la zone euro, l'Allemagne a les liens commerciaux les plus forts avec la Russie (1,9% des exportations totales). Les exportations vers la Russie représentent à peine 0,6% du PIB de la zone euro. L'invasion de la Crimée en 2004, qui a également donné lieu à de fortes sanctions, a eu un impact négligeable sur les chiffres économiques de l'UE.
 
  • L'impact indirect sera, cependant, beaucoup plus important en raison d'une forte hausse (éventuellement temporaire) des prix de l'énergie:
    •  Il n'est pas certain que les approvisionnements de la Russie vers l'Europe occidentale s'arrêteront en cas de conflit (même pendant la guerre froide, les robinets sont restés ouverts ; la Russie ne peut pas arrêter unilatéralement ses approvisionnements parce qu'elle a besoin des pétrodollars et, surtout, parce qu'elle veut préserver son statut de fournisseur "fiable").
    • Le fait est que cette crise vient s'ajouter à un marché de l'énergie déjà très tendu, surtout si elle devait éclater avant le printemps. Les pénuries (notamment de gaz) pourraient être compensées à long terme, mais aggraveraient la vulnérabilité de la politique énergétique européenne à court terme.
    • Une nouvelle hausse importante des prix de l'énergie empêcherait l'inflation de diminuer au cours des prochains mois, comme nous l’avons prévu dans notre scénario de base. Des banques centrales plus agressives, ainsi que l'impact d'une inflation plus élevée sur le pouvoir d'achat, créeraient alors un environnement économique beaucoup plus sombre.
    • Nous avons donc inclus ce risque géopolitique dans notre scénario des risques: "Inflation élevée à long terme" est maintenant en tête de notre liste des risques dans notre scénario de base.

Nous continuons à espérer et à attendre une désescalade de ce conflit, d'autant plus que son impact humain sera incommensurablement plus important que les difficultés économiques que nous avons énumérées ci-dessus.

La vision de KBC Asset Management 

L’équipe des stratégistes de KBC Asset Management continue à croire en sa stratégie pour 2022: une croissance économique supérieure à la normale et de bons résultats d’entreprises. Nous gardons la tête froide et confirmons notre stratégie d'investissement avec une surpondération des actions et une composante orientée vers la croissance tant pour la partie actions que pour la partie obligations. Pour ceux qui souhaitent encore accroître leur exposition aux actions, nous considérons cette correction des marchés financiers plutôt comme une opportunité d'achat.  

Disclaimer

La présente publication est une interprétation générale de la situation économique actuelle et ne peut être considérée comme un conseil en investissement, une recommandation d’investissement dans les instruments financiers décrits ou une proposition de stratégie d’investissement. 

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